LeBriefdu 23 juin 2022
NSO : « au moins cinq pays de l'UE » ont utilisé le logiciel espion PegasusCrédits : NSO Group

Auditionné par la commission du Parlement européen chargée d'enquêter sur l'utilisation des logiciels espions en Europe, Chaim Gelfand, directeur juridique et responsable de la conformité du groupe NSO, a déclaré qu' « au moins cinq pays de l'UE » avaient utilisé son logiciel espion Pegasus, et qu'elle avait résilié « au moins un contrat avec un pays membre de l'UE » pour avoir enfreint les règles de son utilisation, rapporte Politico.

Gelfand n'a pas nommé les pays en question, mais déclaré qu'il communiquerait cette information ultérieurement, précise Euractiv, qui relève que NSO aurait résilié un total de huit contrats suite aux scandales.

« Nous ne continuerons pas à travailler avec un client qui cible illégalement un journaliste », a répondu Gelfand à un opposant hongrois, sans mentionner la Hongrie, relève EUObserver. Le pays a reconnu faire partie des clients de NSO, et s'est servi de Pegasus pour espionner des journalistes.

Gelfand a aussi déclaré que NSO avait « fait des erreurs » et renoncé à de très importants revenus, en annulant les contrats de pays ayant eux aussi abusé de Pegasus.

Il s'est également déclaré impatient de voir la création d'un organisme international sur la réglementation des logiciels espions, « quelque chose de similaire à un accord de non-prolifération », où seuls les pays qui accepteraient les règles établies pourraient utiliser ce type de technologie : « Il y a beaucoup à faire, ce pourquoi nous réclamons une norme internationale ».

Meta s’attaque aux faux avis sur Facebook

Le groupe a publié aux États-Unis une nouvelle Community Feedback Policy qui doit permettre une lutte plus efficace contre les faux avis qui pullulent sur son réseau social. Plus précisément, il s’agit de rassembler au même endroit toutes les règles déjà édictées dans ce domaine et d’aller plus loin.

En théorie, l’activité commerciale sur Facebook interdit toute manipulation des avis ou critiques, l’incitation, la non-pertinence, les contenus graphiques et le spam dans les avis laissés par les utilisateurs sur un produit quelconque.

Il restait néanmoins le bastion des avis payés, positifs ou négatifs. La lutte engagée par le groupe est, comme d’habitude, basée sur un mélange de détection par les algorithme et de vérification humaine. Une alliance dont les résultats s’amélioreront avec le temps, promet Meta.

L’entreprise assure que ses capacités de détection vont augmenter, tout comme l’application des règles mentionnées dans la nouvelle politique. Les internautes sont eux aussi mis à contribution, puisque Meta les encourage à signaler tout avis suspect.

L’efficacité réelle de ces mesures devra être mesurée dans le temps. La publication de règles claires est un pas en avant et fait probablement suite à la suppression, l’année dernière, de 16 000 groupes Facebook spécialisés dans le commerce de faux avis. Un retrait qui avait fait suite à l’intervention de la CMA (Competition and Markets Authority) britannique.

Meta veut absolument éviter que Facebook devienne synonyme de fausses informations. La société investit copieusement depuis des années, mais les résultats ne semblent pas avoir été à la hauteur des efforts. L’image du réseau social reste salie, et il faudra probablement qu’il tape encore plusieurs fois du poing sur la table pour faire le ménage.

On attend également que ces changements soient répercutés dans les autres marchés.

Twitter prépare Notes, pour rédiger d’authentiques billets de blog à son flux

Notes semble la nouvelle grande évolution en préparation chez Twitter, après l’arrivée des Fils (Threads) et surtout du passage à 280 caractères pour la taille maximale des tweets, il y a cinq ans.

Avec Notes, il sera possible de rédiger de vrais billets de blog, dans une version simplifiée. On pourra alterner le texte et les images et accéder à des options de texte riche. Quand le billet est prêt, on l’enregistre et on le tweete.

Les billets de blogs ainsi publiés ne seront pas uniquement accessibles depuis Twitter. En fait, si l’on en croit l’animation publiée par le réseau social, la publication sur Twitter ressemble à n’importe quelle autre intégration de lien externe. Le lien pourra être envoyé à d’autres personnes et ne nécessitera pas de compte Twitter pour être lu.

Difficile pour l’instant de se rendre mieux compte de ce qui se prépare. Peu de testeurs ont été invités, Twitter précisant qu’un groupe restreint l’aide dans l’élaboration de cette fonction.

En outre, le tweet sur le compte officiel est suivi de plusieurs réponses contenant des liens vers des billets rédigés vers ces mêmes personnes. Mais à l’heure où nous écrivons ces lignes, ces liens mènent tous vers des pages inexistantes : « Hum… Cette page n'existe pas. Essayez de chercher autre chose ».

Alexa développe une IA pour refaire parler les personnes décédées

« Amazon apprend à Alexa à imiter la voix de n'importe qui, mort ou vivant, à partir d'un enregistrement d'une minute seulement de cette voix », rapporte Business Insider.

Rohit Prasad, le responsable scientifique d'Alexa, par ailleurs vice-président senior d'Amazon, a en effet montré mercredi, lors de la conférence re:Mars d'Amazon à Las Vegas, une vidéo où un garçon demande à Alexa si sa grand-mère peut lui lire le Magicien d'Oz.

Prasad a expliqué que « la capacité d'Alexa à se faire passer pour des voix familières est particulièrement cruciale maintenant, car de nombreuses personnes ont perdu des êtres chers à cause du COVID-19 : bien que l'IA ne puisse pas éliminer la douleur de cette perte, elle peut certainement prolonger leurs souvenirs ».

Amazon n'est pas la seule entreprise à développer une technologie capable d'imiter la voix humaine, relève Business Insider. Le mois dernier, le fabricant de jouets japonais Takara Tomy a en effet lancé un appareil en forme d'œuf appelé Coemo qui copie les voix des adultes et les utilise pour lire des histoires aux enfants.

L'expérience d'Amazon rappelle aussi celle de Hereafter AI, une startup qui a conçu un chatbot conversationnel qui « préserve les souvenirs et les pensées de personnes réelles », même décédées, note voicebot.ai.

Cependant, nombreux sont ceux qui semblent effrayés sur Twitter par cette capacité à usurper une identité, et anticipent l'utilisation que pourraient en faire délinquants et criminels, relève par ailleurs Business Insider.

Programme prioritaire national Cybersécurité : sept projets retenusCrédits : BlackJack3D/iStock

Ce PEPR (Programme et équipement prioritaire de recherche) est piloté par le CNRS, Inria et le CEA. Il est doté d’un budget de 65 millions d’euros sur six ans et est financé dans le cadre de France Relance (anciennement PIA4).

Il a été formé suite à la forme d’une Stratégie nationale Cybersécurité, dans le but de « tripler le chiffre d'affaires de la filière d'ici 2025, former plus de professionnels et développer des solutions souveraines », l’enjeu de cybersécurité étant « devenu encore plus visible lors de la crise sanitaire, par l’amplification du télétravail, et les cyberattaques contre les opérateurs d’importance vitale et les institutions ».

Le PEPR Cybersécurité doit donc renforcer « l’effort national » et devait à ce titre sélectionner sept projets émanant des chercheurs du CNRS, du CEA, d’Inria et d’un réseau de 22 universités et grandes écoles.

Quatre projets ont été sélectionnés dans la branche Sécurité de l’information :

  • iPOP : développement de solutions théoriques et pratiques de protection de la vie privée, compatibles avec la réglementation française et européenne
  • Secure Compute : étude des mécanismes cryptographiques « permettant d'assurer la sécurité des données », « malgré des environnements non-maîtrisés tels qu’Internet »
  • SVP : développement de techniques et outils pour la mise en place « de solutions dont la sécurité ne sera plus remise en question de manière cyclique »
  • DEFMAL : étude des malwares, développement de nouvelles approches pour les analyser, aide à la compréhension globale de l’écosystème du malware dans une approche interdisciplinaire

Trois projets ont été sélectionnés dans la branche Sécurité des systèmes

  • SUPERVIZ : supervision de la sécurité, détection, réponse et remédiation aux attaques, renforcement des mécanismes de protection
  • SECUREVAL : développement de nouveaux outils pour vérifier l’absence de vulnérabilités matérielles ou logicielles, avec génération de preuves de conformité
  • ARSENE : accélération de la recherche et le développement de solutions de sécurité souveraines et industrialisables, mise en oeuvre de « démonstrateurs ASIC et FPGA intégrant les briques étudiées et développées »
Après huit ans d’absence, Google News revient en Espagne

Le retour avait été annoncé en novembre dernier, et la mise en place aura donc pris plusieurs mois. Il avait pour rappel été fermé en 2014 « en raison de la législation locale ».

Selon Google, « la mise à jour de la loi sur les droits d'auteur, qui permet aux médias espagnols, grands et petits, de prendre leurs propres décisions sur la façon dont leur contenu peut être consulté et monétisé », a permis de rouvrir ce service.

Google indique « travailler avec les éditeurs pour parvenir à des accords et apporter Google Actualités Showcase dans le pays dès que possible ». Il s’agit d’une « plateforme d'actualités en ligne lancée fin 2020. Elle permet aux éditeurs participants de partager leur expertise et leur ligne éditoriale via une expérience de storytelling améliorée ».

« Internet, l’autoroute de la désinformation ? »Crédits : fizkes/iStock

C’est la question posée par le Journal du CNRS dans un article long format. Le Centre national pour la recherche scientifique explique que « plusieurs études offrent un tableau plus nuancé ». Le sujet est complexe et, bien évidemment, met les réseaux sociaux au cœur de la question.

« Plus un utilisateur passe de temps sur une plateforme, plus celle-ci a des occasions d’afficher des encarts publicitaires et plus ses recettes augmentent », explique Antonio Casilli, professeur de sociologie à Télécom Paris et membre de l’Institut interdisciplinaire de l’innovation. Les algorithmes sont donc optimisés pour mettre en avant des messages « provoquant de fortes réactions émotionnelles ».

Autre problème : « Après le fact-checking, les impressions initiales des participants ont persisté malgré les corrections. Et se focaliser ainsi sur le sujet leur a rendu cette thématique plus anxiogène encore ! ».

Alex Clavel remplace Michel Combes comme CEO de SoftBank Group International

Après SFR/Altice et Sprint, Michel Combes était arrivé chez le Japonais SoftBank en 2020, avant de devenir CEO de SoftBank Group International début 2022. Dans un communiqué, le groupe indique qu’il « a décidé de quitter SoftBank pour poursuivre de nouvelles opportunités », sans préciser lesquelles. Les mots sont cordiaux, Michel Combes précisant que « ce fut un plaisir de travailler avec Masa et les équipes talentueuses de SoftBank ».

Mais, comme le rappelle l’AFP, « son départ s'ajoute à une liste déjà longue de démissions de dirigeants et administrateurs du groupe ces dernières années, ce qui suscite à chaque fois des interrogations sur la qualité et la solidité de sa gouvernance ». De plus, le groupe « a accusé une perte nette record équivalente à 12,5 milliards d'euros sur son dernier exercice 2021/22 ».

De son côté, Alex Clavel a rejoint SoftBank en 2014, après avoir passé 19 ans chez Morgan Stanley. Le changement sera effectif au 30 juin. 

Meta, Microsoft, Sony et autres se réunissent pour former le Metaverse Standards Forum

Le mouvement était prévisible, mais l’industrie n’aura cette fois pas trop traîné. De nombreuses entreprises, dont Microsoft, Sony, Meta, Qualcomm, Nvidia, Epic Games, Huawei et Adobe, se rassemblent autour d’un consortium pour harmoniser les métavers avant même qu’ils ne soient vraiment là.

L’idée, dont personne ne se plaindra – dans l’idée bien sûr où la multiplication de ces services ne fait aucun doute –, est de promouvoir le développement de standards ouverts et interopérables auxquels tout le monde pourra se référer.

« Construire un métavers pour chacun réclamera un effort concerté à l’échelle de l’industrie sur des standards communs. Le Metaverse Standards Forum peut piloter la collaboration nécessaire à rendre cela possible et Meta s’engage dans ce travail. Les créateurs, développeurs et entreprises bénéficieront tous des technologies et expériences qui seront rendues possibles par des protocoles communs », a affirmé Vishal Shah, vice-président métavers chez Meta.

Étrangement, Apple est absente du consortium, en tout cas pour l’instant. On ne peut que spéculer sur les raisons : l’entreprise préfère faire cavalier seul, attend de voir comment s’en sort l’alliance, ne croit pas au métavers, prépare un produit qui fera évoluer les bases…

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