Opera et Vivaldi, des frères ennemis aux orientations très différentes

Le bourrin et la montagne d'options 41
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Navigateurs
Vincent Hermann

Opera et Vivaldi sont des navigateurs moins utilisés que la moyenne, mais néanmoins intéressants. Ils sont liés par une histoire commune et utilisent le moteur de Chrome (Blink). Leur philosophie est cependant très différente : le grand public pour Opera, les « power users » pour Vivaldi.

L'histoire d'Opera prouve une fois de plus l'énorme impact de Chrome. Lorsque Google s'est sentie suffisamment confiante pour se séparer du projet WebKit, elle a créé son propre fork, c'est-à-dire une bifurcation dans le code entraînant la création d'un nouveau moteur : Blink. Opera, en passe d'être oublié dans le combat Chrome/Firefox (qui provoquait déjà la chute d'Internet Explorer), devait se réinventer.

Choix retenu par l'entreprise norvégienne ? Détruire pour reconstruire. Opera, alors dans sa branche 12.x, est tout à coup apparu en version 15. Bien que portant le même nom, le navigateur n'avait plus grand-chose à voir : abandon du moteur Presto au profit de Blink, même cycle rapide de six semaines pour les versions que Chrome, nouvelle interface, reprise du catalogue d'extensions de son inspirateur et, surtout, un élagage radical des fonctionnalités. 

À l'époque, les habitués d'Opera avaient bien du mal à s'y retrouver. Depuis, les versions se sont succédé et les fonctionnalités ont fini par affluer. Heureusement, car le premier Opera fondé sur Blink était particulièrement basique dans ses attributs. Il a fallu attendre des mois pour que le navigateur retrouve des couleurs et de vraies forces.

Quant à Vivaldi, voilà un acteur arrivé bien récemment comparé aux autres. Les choix d'Opera n'ayant pas plu à tous les employés, certains sont partis et ont formé une nouvelle entreprise, dont Vivaldi est le résultat. Il n'est donc pas étonnant d'y retrouver une philosophie très proche des anciennes versions d'Opera : une grande concentration de fonctionnalités, une personnalisation poussée et une orientation nette vers les utilisateurs qui « en demandent davantage ».

Comme pour les principaux articles, nous ne cherchons pas à établir un vainqueur entre Opera et Vivaldi : les deux produits sont aussi différents que le jour et la nuit. Mais si vous n'avez jamais vraiment mis les pieds hors des terrains familiers que sont Chrome et Firefox, vous pourriez bien trouver un digne remplaçant... selon ce que vous cherchez.

Notre dossier sur les navigateurs en 2018 :

Interface générale, onglets et personnalisation

Opera ne veut rompre avec aucune habitude. Si vous avez lu notre précédent article sur le tronc commun installé par Chrome et Firefox, vous ne serez pas dépaysé. Il se présente comme un navigateur classique, s'utilisant de la même manière que les autres. On trouvera parfois certaines fonctions supplémentaires, quand d'autres manquent.

Par exemple, survoler un onglet avec la souris affiche une miniature du site. À l'inverse, impossible de déplacer plusieurs onglets d'un coup, à la Chrome. Mais malgré sa grande simplicité, Opera n'a pas à rougir en matière de personnalisation.

Depuis la page Nouvel onglet, un clic sur la petite icône en haut à droite affiche un menu dédié à ces options. Thème clair ou sombre, choix du fond d'écran, affichage des différentes barres : Opera n'en fait pas moins que les autres, à l'exception de Vivaldi comme nous le verrons plus tard.

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Opera bloque les publicités, mais met en avant ses partenaires

Qu'en est-il aujourd'hui du navigateur nordique ? Opera n'est jamais revenu à ses anciennes habitudes, mêmes s'il s'est évidemment enrichi depuis sa refonte. L’éditeur a choisi le terrain des performances et de la vie privée pour promouvoir son navigateur, quitte d’ailleurs à trancher dans le vif, au grand plaisir de certains, et à l’agacement des autres.

Opera propose plusieurs fonctionnalités phares, dont la principale est évidemment le bloqueur de publicités natif. Rien à voir avec les solutions fournies par Apple et Google dans Safari et Chrome : Opera bloque tout, ou du moins tente de le faire. Le réglage se trouve dans les options et fonctionne pour tous les sites. En revanche, on peut le désactiver site par site, quand l’utilisateur estime par exemple que les publicités ne sont pas envahissantes et/ou pour soutenir un média. 

On aurait d'ailleurs aimé une option pour inverser ce fonctionnement. Par défaut, quand tout est bloqué, on peut désactiver la fonction pour un site particulier, par un appui sur le bouclier bleu à droite de la barre d'adresse. Si l'on décoche le bloqueur dans les réglages d'Opera, le bouclier n'apparait plus. Dommage, car une inversion aurait permis de n'activer le bouclier que sur les sites abusant franchement côté pratiques publicitaires.

La solution d’Opera fera le plaisir de tous ceux qui pestent contre le pistage en ligne et une publicité devenue  plus qu'envahissante, même si elle ne fait que contourner le problème central. Elle permet à l’éditeur d’orienter son produit dans une direction particulière, outre le gain côté vie privée : les performances. Dans le panneau d'informations, on trouve même un lien pour comparer les performances d'affichage d'un site avec et sans blocage.

Opera a par ailleurs expliqué en long, en large et en travers combien la suppression des publicités pouvait fluidifier la navigation et soulager le processeur, particulièrement sur les ordinateurs portables.

C’est d’autant plus vrai que l’éditeur a renforcé son bloqueur avec la détection des cryptominers (voir notre analyse), souvent utilisés par des sites web cherchant à se rémunérer contre la suppression de la publicité, pas toujours avec le consentement de l'utilisateur. Une bonne partie des cycles du processeur est alors dévorée par le minage, entrainant une chute conséquente des performances (et de l’autonomie dans le cas d’un portable).

À l'inverse, on trouvera de nombreux partenariats commerciaux mis en avant dès la fin de l'installation : en France, Amazon, Booking, Cdiscount, la Fnac ou Facebook font ainsi partie de la barre de favoris et des sites visibles par défaut lors de l'ouverture d'un nouvel onglet. Le moteur de recherche par défaut est Google. Bing, DuckDuckGo ou Yahoo sont proposés comme alternative, ainsi qu'Amazon ou Wikipédia, mais pas un service européen comme Qwant par exemple.

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Capitaliser sur le terrain des performances

Cette fonction se marie bien avec une autre : le mode Turbo. Une fois active, le trafic passe par les serveurs d’Opera, qui compressent le flux de données avant de le renvoyer vers l’ordinateur (ou l'appareil mobile). Le gain dépend beaucoup du type de données, mais le service n’hésite pas à compresser les images. L’utilisateur peut donc observer un gain significatif de vitesse avec une connexion faible, au détriment toutefois de la qualité des contenus multimédias.

Le bloqueur de publicité et le mode Turbo ont été complétés plus récemment par l’Économiseur de batterie. Son icône apparait automatiquement à droite de la barre d’adresse quand le portable n’est plus sur secteur. Une petite alerte invite alors l’utilisateur à cliquer dessus puis, s'il ne l'a pas fait, une fois tous les 20 % de batterie envolés.

Pour le fonctionnement de cet Économiseur, un peu de technique. L’idée est de tout réduire : l’activité des onglets en arrière-plan, l’ordonnancement des tâches pour réveiller moins souvent le processus, figer les plug-ins non utilisés, réduire tout flux vidéo à 30 images par seconde, forcer l’utilisation du matériel pour le décodage vidéo, et arrêter les animations dans l’interface du navigateur.

On se souvient que ce mode, qu’Edge possède aussi, avait créé une bataille de communication. Opera argue d’un gain de 35 à 50 % d’autonomie… en fonction de l’utilisation bien sûr. Normalement, les gains les plus importants s’observent en regardant des vidéos.

Client VPN intégré, messageries et actualités

Opera possède également une fonction VPN. C’est d’ailleurs le seul des navigateurs principaux à le faire. D’abord gratuite, puis payante puis à nouveau gratuite, elle permet aux internautes qui en auraient besoin de faire sauter d’éventuelles limitations géographiques d’accès à des services, selon leur emplacement.

La fonction sera toutefois plus utile dans le cas d’un réseau non sécurisé. Cas classique, un Wi-Fi public dans un bar ou un aéroport. Face au risque d'interception des connexions (même chiffrées), un VPN amène une couche de sécurité supplémentaire, en réduisant les risques d'une attaque de type MITM.

Signalons tout de même que, ce faisant, les données passeront par les serveurs d’Opera, à qui il faudra donc faire confiance. Les conditions d’utilisation précisent que des informations « anonymisées » sont collectées et peuvent être transmises à des tiers dans certains cas. Vous êtes prévenus.

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Autre fonctionnalité importante dans Opera, la barre latérale, que l’on trouve dans la page Nouvel onglet. Elle peut d’ailleurs être épinglée en cliquant sur l’icône située en bas. On y trouve les accès rapides à l’historique, aux favoris, au Speed Dial (grilles de sites épinglés), à l’outil de capture d’écran, à Messenger et WhatsApp, ainsi qu’aux flux d’actualité.

Ce dernier embarque par défaut une liste de sources généralistes : Yahoo News, Le Monde, 20 Minutes, L’Internaute, Le Nouvel Observateur, France TV, Le Parisien, L’Express ou encore le Huffington Post. Ces sources peuvent être personnalisées : on peut supprimer celles qui ne nous intéressent pas et en ajouter d’autres, parmi un catalogue contenant plus de 230 noms.

Ce sont les aspects les plus visibles d’Opera, ceux que l’éditeur met le plus en avant. D’autres existent, assez classiques d’ailleurs comme Opera Sync, qui synchronise l’ensemble des paramètres du navigateur : extensions, historique, identifiants, etc. On note également un convertisseur de devises, permettant par simple sélection d’un prix d’avoir son équivalent en euros, ou dans la monnaie de son choix (modifiable dans les options).

Fonctions héritées de Chromium et Flow en déplacement

En se basant sur Chromium, Opera embarque également certains avantages liés à Chrome, notamment la récupération de toutes les extensions disponibles pour le navigateur de Google. Opera gère également la diffusion via Chromecast. Elle n’est cependant pas activée par défaut, et il faudra chercher l’option dans les paramètres (via le champ de recherche). Dommage par contre que la gestion des utilisateurs multiples n'ait pas été reprise.

Notons enfin une fonction apparue beaucoup plus récemment : le Flow. Elle ne sera utile qu’à ceux utilisant aussi la version mobile du navigateur. Le Flow permet en effet d’ajouter depuis un smartphone (via Opera Touch pour Android) des articles dans un flux à part, que l’on retrouve ensuite sur l’ordinateur.

Contrairement à d’autres fonctions du même acabit, la synchronisation passe par un QR code à scanner depuis l’application mobile. Les données sont transférées avec un chiffrement de bout en bout, assure Opera.

Opera est donc un navigateur qui va à l'essentiel, en misant sur des fonctionnalités fortes à même de lui assurer de la visibilité. Il n’est pas étonnant donc que la première ayant vraiment démarqué le navigateur de ses concurrents ait été le bloqueur de publicités intégré. Son arrivée avait provoqué une première onde de choc, surtout auprès d’un public lassé du pistage et de ces intrusions graphiques (et parfois sonores).

Cette orientation générale n'est pas sans rappeler Firefox, même si le navigateur de Mozilla est moins « agressif » dans la posture adoptée. L'ensemble se révèle quoi qu'il en soit efficace. Que les méthodes retenues soient radicales ne fait aucun doute, mais le résultat est là. Ceux qui cherchent un navigateur rapide débroussaillant le web sans se soucier de survie des sites risquent fort de s'y retrouver.

Vivaldi, le différent

Avec Vivaldi, on change complètement d'orientation. Il a été conçu par des anciens d’Opera nostalgiques de l’époque pré-Blink, quand le navigateur concentrait un nombre très élevé de fonctions considérées comme avancées. Au risque peut-être de rebuter le nouveau venu, d’autant qu’Opera avait longtemps gardé l’image d’un produit payant.

Bien que Vivaldi puisse être utilisé comme n’importe quel autre navigateur, il n’est pas forcément aussi simple d’approche qu’un Chrome ou un Firefox. D’emblée, l’utilisateur est plongé dans plusieurs choix de personnalisation. Rien de bien complexe, mais peut-être un peu perturbant pour celui ou celle qui souhaitait commencer à naviguer tout de suite.

Il intègre pléthore de fonctionnalités allant plus loin que la concurrence, qui touchent à presque tous les domaines. Vivaldi ne propose ainsi rien de bien particulier pour la sécurité et la vie privée, mais ne fait pas moins non plus que les autres.

Gestion des onglets : le grand point fort

Mais dès que l’on explore un peu l’interface, les apports sont évidents. Les onglets sont riches de possibilités. Les Sessions, que l’on retrouve uniquement dans Edge, permettent ainsi de mettre tous les onglets de côté pour les rouvrir plus tard. On peut leur donner un nom, contrairement au navigateur de Microsoft, mais ce dernier reste plus pratique dans le maniement, Vivaldi imposant de passer par un menu, sans raccourci clavier.

Autre force de Vivaldi, l’empilement des onglets. On les sélectionne avec Ctrl + clic, puis clic droit et Empiler. Ils sont alors réunis sous un seul onglet. Les différents sites ainsi concentrés peuvent être sélectionnés par survol de la souris. Une fonction très pratique lorsque l’on ouvre une grande quantité de sites.

Notez que via la sélection multiple des onglets, on peut aussi les déplacer hors de la fenêtre pour en créer une nouvelle, ou pour les intégrer dans une fenêtre existante. Après Chrome, c'est le seul navigateur à proposer cette fonction pourtant très pratique. Opera, basé sur Chromium, ne la propose pas, alors qu'il autorise la sélection multiple pour d'autres actions.

Toujours avec la même combinaison, on accède à l'une des fonctions les plus puissantes de Vivaldi, : la juxtaposition. En sélectionnant trois onglets, il suffit d'un clic puis d'appuyer sur Juxtaposer. Vivaldi affiche alors les trois sites côte à côte. L'outil permet de comparer directement trois pages, si tant est que l'écran soit suffisamment grand pour y naviguer confortablement. La juxtaposition peut en outre être lancée depuis une pile existante d'onglets.

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Vivaldi propose également une petite icone bien pratique : la poubelle. Située en haut à droite du navigateur, dans la barre de titre, elle permet un accès aux sites fermés et aux pop-ups bloqués. L’ajout peut sembler simple, voire simpliste, mais il se révèle rapidement très pratique, car il n’est plus nécessaire de chercher dans l’historique, l’icône simplifiant beaucoup l’accès.

Attention : si Vivaldi est très clairement spécialisé dans le traitement d’une grande quantité d’onglets, leur nombre influe directement sur les performances de l’ordinateur. La réouverture du navigateur peut également prendre du temps.

Vivaldi a donc adopté le même comportement par défaut que Firefox : hors des onglets épinglés, seul celui sélectionné chargera le contenu. Tous les autres en arrière-plan ne feront rien avant d’avoir été cliqués. Cette attitude peut être désactivée dans le premier panneau des paramètres.

Une personnalisation poussée loin, de très nombreuses options

Autre grande spécialité de Vivaldi, sa personnalisation. Le PDG de l’entreprise, ancien d’Opera, avait très tôt indiqué que le navigateur sera destiné aux power users, ce qui implique de paramétrer le logiciel comme on le souhaite. Vivaldi donne le ton dès le premier lancement :  thème de couleurs, fond du Speed Dial, fond de la fenêtre (qu’un clic droit sur n’importe quelle image permet de modifier), colorisation de l’interface en fonction du site visité, etc.

Côté moteur de recherche, Bing est proposé par défaut, mais depuis hier Qwant peut être utilisé nativement, soit en utilisant la lettre « q » comme préfixe dans la barre d'adresse, soit d'un clic dans la liste des moteurs. En navigation privée, c'est DuckDuckGo qui reste utilisé par défaut, même en France. Il faudra donc là aussi modifier le paramètre.

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La concentration de fonctions dans Vivaldi se ressent dans ses réglages. Contrairement à la concurrence qui affiche les paramètres dans une page web, Vivaldi propose un panneau séparé, avec de très nombreuses possibilités. On y trouve notamment les raccourcis clavier, que l’utilisateur peut personnaliser autant qu’il le souhaite. Ils sont très nombreux et couvrent pratiquement tous les scénarios d’usage.

Même chose pour les mouvements de la souris. Il s’agissait d’une force d’Opera avant le grand élagage de la version 15. Activés par défaut, ils se réalisent avec le clic droit enfoncé suivi d’un mouvement. Par exemple, un simple trait vers le bas ouvre un nouvel onglet. Le même suivi d’un retour vers le haut ouvre toujours un onglet, mais en arrière-plan. Nul besoin de s’étendre sur ces mouvements : une fois appris, il devient difficile de s’en passer, car il n’est plus nécessaire de viser un bouton ou de chercher une fonction.

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Commandes rapides, barre d'état très complète et héritage de Chromium

Citons encore un exemple de fonction spécifique à Vivaldi : les commandes rapides. Disponibles par défaut via la touche F2, elles se présentent sous forme d’un panneau central rappelant Spotlight dans macOS. De là, on écrit quelques termes, permettant de lancer une recherche ou de trouver une fonction particulière dans le navigateur. Simple et efficace.

L’orientation power user de Vivaldi se ressent aussi dans sa barre d’état (en bas). Elle permet à gauche d’afficher/masquer la barre latérale, mais surtout à droite d’effectuer d’autres actions, comme la prise de captures, le réglage du zoom via une réglette ou encore d’interdire aux pages de charger des images, de ne le faire que depuis le cache, ou encore de limiter l’animation des GIF à une seule boucle.

Le bouton en forme de balises web autorise des actions pointues : inversion des couleurs, niveaux de gris, mise en évidence de l’élément survolé, floutage de la page, restriction aux polices à espacement fixe, pivotement des images, etc.

Reprenant les bases de Chromium, Vivaldi dispose des mêmes avantages qu’Opera, hérités de Chrome. À commencer par la très large base d’extensions, ce dont les utilisateurs ne risquent pas de se plaindre. Il est également compatible avec la diffusion via Chromecast. Comme Opera, il ne récupère pas cependant la gestion des utilisateurs multiples, dommage.

On y trouve en outre une option amusante : la compatibilité avec les ampoules connectées Philips Hue. Une fois active, elle transmet l'ordre à un ou plusieurs éclairages de répercuter la couleur dominante du site visité. Une fonction globalement inutile, mais qui plaira sans doute quelques jours aux geeks équipés.

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Les deux grands soucis de Vivaldi : la synchronisation et l'isolation

Tous n’est pourtant pas rose au pays de Vivaldi, et nous avons relevé plusieurs points problématiques. Premièrement, le navigateur a les défauts de ses qualités : il est orienté power user. En clair, un utilisateur moins chevronné qui aimerait simplement découvrir le logiciel risque d’être perdu face au nombre de questions posées dès le début et de réglages. L’averti se sentira comme chez lui, le néophyte en terra incognita.

Deuxièmement, Vivaldi n’embarque aucun mécanisme de synchronisation. La fonction est attendue pour bientôt, mais les versions passent et elle n’est toujours pas visible. Sans synchronisation, chaque installation est isolée. Si vous avez plusieurs machines, ce peut être un vrai problème, puisqu’il faudra exporter ses données vers les autres. En outre, si vous n’avez pas fait de sauvegarde et que vous perdez l’usage de votre machine, vos données deviendront inaccessibles.

Notez que ce constat est valable avec l’actuelle version 1.15. Sur le blog de l’éditeur, on peut voir que la fonction, simplement nommée « Sync », est présente dans la 1.16 bêta. Attention : elle est en test depuis plusieurs mois sans pour autant être apparue dans une mouture finale. Il faudra donc attendre confirmation de l’équipe.

Enfin, Vivaldi n’existe qu’en version « desktop ». Il est vrai que l’absence d’applications mobiles n’est guère surprenante tant que l’éditeur n’est pas prêt à ouvrir sa fonction de synchronisation, mais l’utilisateur doit garder à l’esprit qu‘il n’y aura pas de communication directe entre son smartphone et son PC ou Mac. Ceux appréciant ce type d’écosystème devront donc attendre que Vivaldi débarque sur Android et iOS, et pourquoi pas d’autres.

Ces soucis font actuellement de Vivaldi une île solitaire. Pour qui n’a qu’un ordinateur et se moque d’une éventuelle communication smartphone/PC, ce ne sera pas un problème. S’il pense à sauvegarder régulièrement ses données. Les autres estimeront qu’un navigateur aussi complet se montre bien austère sur ce point.


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