Inoreader, un agrégateur de flux RSS accessible aux nombreuses possibilités

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Guénaël Pépin

Parmi les nombreux services de lecture d'actualités, Inoreader est l'un de ceux qui s'adressent aux utilisateurs avancés. Limitant peu ses utilisateurs en version gratuite, il intègre de nombreux paramètres dans une interface taillée pour l'ergonomie.

Après le géant Feedly et le classique The Old Reader, penchons-nous sur Inoreader. Cet agrégateur de flux RSS s'est construit une communauté active au fil des années, comprenant certains de nos lecteurs. Lancé en 2013, le service semble bien conçu pour les utilisateurs avancés, qui veulent disposer de pléthores d'options à tout moment.

Il représente l'offre la plus complète des outils essayés jusqu'ici pour un particulier, y compris dans sa version gratuite, qui n'impose pas de limite pour la consultation et le classement de flux RSS. Son interface, moins raffinée que Feedly, pourrait tout de même rebuter certains internautes.

Notre dossier sur les lecteurs de flux RSS :

Prise en main simple et passion boutons

Comme ses concurrents, il propose de s'identifier via une adresse e-mail ou un compte tiers (Facebook, Google, Twitter ou vKontakte). Une fois enregistré, un assistant propose de sélectionner visuellement des centres d'intérêt pour remplir son agrégateur avec de premières sources (majoritairement anglophones). Enfin, un court tutoriel explique l'interface, qui ne dépaysera (une nouvelle fois) pas les habitués des lecteurs RSS.

Inoreader premier démarrage

L'interface suit un découpage classique : une barre haute avec la recherche et les options, une barre gauche avec les sources par catégories et la majorité de l'écran réservée aux articles. Quatre modes de vue sont disponibles. Trois classiques, à savoir une liste de titres, de cartes ou une présentation magazine. La quatrième est très appréciable : une séparation de l'interface en trois panneaux, à la manière d'un client mail, avec une liste d'articles présentant des titres et illustrations.

C'est surtout en mouvement que l'interface web s'illustre. Elle s'anime pour signaler les changements, par exemple en surlignant un flux ou une catégorie à l'arrivée de nouveaux articles. Si de nouvelles entrées sont récupérées pendant la lecture, une ligne s'ajoute en tête de liste, à la manière de Twitter. Cela n'a l'air de rien, mais ajoutées à une approche visuelle des listes d'articles, ces petites attentions rendent la veille bien plus agréable.

Quatre thèmes sont proposés (dont un sombre), avec pour tous la possibilité d'améliorer légèrement le contraste, utile même sans problèmes de vue.

Sauvegarde, surlignage, règles...

Bien entendu, l'ensemble est personnalisable pour chaque flux, avec un menu de paramètres qui ravira ceux qui passent plusieurs heures à créer leur personnage dans les jeux de rôle. Les options disponibles à tout moment dans l'interface, ainsi que la vue par défaut sont donc réglables, par exemple pour revenir au style de Google Reader.

Comme Feedly et The Old Reader, il propose l'import/export massif de flux via un fichier OPML et des raccourcis clavier, pour la plupart à une touche. À l'instar de ses concurrents, il permet aussi de supprimer simplement son compte utilisateur.

Inoreader apporte quelques idées à la formule, pour accélérer la lecture des articles. Il est ainsi possible de surligner automatiquement des mots, d'une couleur particulière, dès qu'ils apparaissent dans un article. Des règles peuvent être mises en place pour effectuer des actions (marquer comme lu, appliquer un label, envoyer une notification mobile, enregistrer...) à la présence d'un élément précis (mot dans le titre ou auteur spécifique, par exemple).

Les articles peuvent, bien entendu, être mis en favoris pour être lus plus tard. Le service permet également d'enregistrer une page web ne figurant pas dans ses flux, comme The Old Reader. Des connexions aux outils dédiés Instapaper et Pocket sont de la partie. Il est donc difficile à prendre en défaut sur la manipulation quotidienne des articles.

Ciblage des power users oblige, il fournit des statistiques de lecture par flux.

Inoreader colonnes

Applications et extension au rendez-vous

Les applications mobiles ont été refondues le mois dernier. Elles remplissent globalement les mêmes fonctions que le site web, avec quelques connexions entre les deux, par exemple pour l'envoi d'un article du web vers son smartphone. L'interface est des plus classiques, mais personnalisable pour chaque flux, avec un thème sombre (dont un mode adapté aux écrans AMOLED sur Android).

L'ergonomie est aussi travaillée. En lisant un article, il est par exemple possible de charger le contenu en tirant l'écran depuis le haut, ou passer à la vue web par un défilement vers la gauche. Des actions expliquées dans un court tutoriel au premier démarrage. Une API est aussi proposée pour les applications tierces. Le site web mobile est utilisable, mais peu pratique comparé aux applications officielles ou tierces.

Une extension pour navigateur fournit une vue succinte de ses flux, avec des notifications lors des ajouts. Elle intègre la recherche et l'ajout de flux RSS en direct. Rien de transcendant donc, mais l'outil reste fonctionnel.

Comme les autres plateformes, la mutualisation fournit quelques options sociales. Inoreader n'innove pas sur ce front, avec une liste générique d'articles populaires parmi ses utilisateurs (très loin de l'enrichissement des listes de Feedly), des suggestions de sources et la création de « paquets », c'est-à-dire des sélections de flux sur un même thème, auxquels d'autres utilisateurs peuvent s'abonner. Il faut ici activer manuellement ces fonctions,  moins complètes qu'ailleurs.

Trois formules d'abonnements, à partir de 14,99 dollars par an

Contrairement à Feedly, Inoreader ne pousse pas les utilisateurs vers les formules payantes. La version gratuite permet de suivre un nombre illimité de flux RSS et intègre la recherche (réservée aux abonnés chez Feedly et The Old Reader), au prix de publicités dans le flux et de bannières quand aucun article n'est sélectionné. Il n'est pas possible de filtrer les flux, de suivre directement des comptes sur les réseaux sociaux ou d'obtenir plus de cinq surligneurs de mots-clés.

Trois offres payantes sont proposées. La première, « Débutant » pour 14,99 dollars par an, supprime les publicités, génère un flux RSS des pages enregistrées et permet de personnaliser son tableau de bord (la vue de départ du site web). Il ouvre aussi la voie aux recherches actives (des recherches permanentes dans ses articles), au filtrage de flux RSS (jusqu'à dix), rehausse la limite de surligneurs à 15, permet d'accélérer la récupération de 20 flux et de suivre un seul compte sur plusieurs réseaux sociaux (dont Twitter et Google+).

La formule Plus à 29,99 dollars par an, le prix habituel de ces agrégateurs, fournit un flux RSS combiné pour tous les articles, l'accès à des flux protégés par mots de passe, l'envoi de courriers dans un label spécifique et des sauvegardes OPML classiques. Il augmente aussi le nombre de règles, surligneurs, filtres et consorts, tout en permettant de lire un fichier audio (comme un podcast) en arrière-plan.

Enfin, une formule professionnelle à 49,99 dollars par an ajoute la traduction d'articles en un clic, la recherche dans les articles publics et l'intégration avec IFTTT, pour automatiser l'utilisation d'Inoreader dans un workflow avec d'autres services. Une fonction que propose aussi Feedly, qui ajoute Zapier à cet effet. Bien entendu, la plupart des limites de règles, surligneurs et autres sautent. Un essai de 14 jours est disponible.

Aux équipes, le service propose sa formule professionnelle avec partages d'articles privés (avec commentaires) et journalisation des consultations d'articles. L'offre est bien moins complète que celle de Feedly, qui fournit un espace de travail complet pour la veille collaborative, avec l'intégration de Slack et l'authentification via l'annuaire d'entreprise.

Face à ses concurrents, Inoreader ne révolutionne pas la formule mais ajoute des automatisations pratiques, dans une interface propre et très personnalisable. Le service n'a pas l'attrait visuel de Feedly et de son minimalisme, mais Inoreader peut convaincre ceux cherchant une alternative (en français) avec une offre gratuite des plus permissives.


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