4G+ : Bouygues Telecom revoit l'utilisation de ses fréquences, jusqu'à 542 Mb/s à Bordeaux

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Téléphonie
Sébastien Gavois

Bouygues Telecom réutilise massivement ses fréquences afin de densifier son réseau 4G+, sans pour autant arrêter la 2G ou la 3G dans un avenir proche, nous déclare l'opérateur. Sur Bordeaux, l'opérateur dépasse ainsi les 500 Mb/s grâce à l'utilisation de quatre bandes de fréquences, une solution qui va s'étendre à l'Île-de-France. 

Il y a quelques jours, Bouygues Telecom faisait le point sur les dernières évolutions de son réseau 4G(+). L'opérateur annonçait qu'il délaissait progressivement la 2G, « de plus en plus rarement utilisés par les clients » pour exploiter une plus grande partie de ses fréquences en 4G. 

La réattribution des 1 800 et 2 100 MHz prévue sur l'ensemble du territoire

Parmi les changements annoncés, l'utilisation exclusive des 20 MHz dont il dispose dans les 1 800 MHz pour de la 4G (au lieu d'un partage avec la 2G) dans 35 villes de France. Interrogé par nos soins, l'opérateur nous précise que « ce refarming est prévu sur l’ensemble du territoire », sans préciser le calendrier.

Même topo concernant le passage de 10 des 15 MHz de Bouygues Telecom sur les 2 100 MHz à la 4G (à la place de la 3G exclusivement) : « Ce refarming est prévu sur l’ensemble du territoire ». L'opérateur affirme au passage que les 5 MHz restants sont suffisants pour maintenir « une haute qualité de service en 3G ».

Est-ce la fin de la 2G ?

Avec ce glissement progressif vers la 4G d'une bonne partie du spectre de Bouygues Telecom, nous avons voulu savoir si la fin de la 2G n'était pas proche. La réponse, succincte, est la même que chez Orange pour le moment : « non ».

De plus, la généralisation des VoLTE et VoWiFi (respectivement des appels via LTE/4G ou Wi-Fi) ne permettra pas de couper la 2G car « beaucoup de services et de terminaux non compatibles VoLTE ou VoWiFi utilisent encore ces technos » nous précise l'opérateur. Ce dernier refuse par contre de communiquer sur le taux d'utilisation de ces deux technologies.

Multiplier les bandes de fréquences disponibles pour la 4G permet, via l'agrégation de porteuses, d'augmenter significativement les débits. Bouygues Telecom ne nous donnera par contre pas la répartition exacte de sa couverture 4G+ sur la France, précisant simplement que près de 5 500 communes peuvent en profiter, sans détail sur les débits et/ou le nombre de bandes 4G. Il aurait par exemple été intéressant de voir le pourcentage du territoire permettant de profiter de trois bandes de fréquences au moins.

4G Bouygues4G Bouygues

Jusqu'à 444 Mb/s avec trois bandes de fréquences, Bordeaux grimpe jusqu'à 542 Mb/s

Concernant les débits, le réseau 4G actuel permet de grimper jusqu'à 330 Mb/s via l'agrégation de trois bandes de fréquences, avec un total de 45 MHz : 10 MHz dans les 800 MHz, 20 MHz dans les 1 800 MHz et enfin 15 MHz dans les 2 600 MHz. L'opérateur nous déclare aussi avoir activé l'encodage 256 QAM (modulation d'amplitude en quadrature) sur son réseau, permettant aux terminaux compatibles de gagner environ 30 % de débit et ainsi « d’avoir des débits pics jusqu’à 444 Mb/s ».

Une seule ville propose actuellement l'agrégation sur quatre bandes de fréquences (avec le 2 100 MHz en plus) : Bordeaux. « L'agrégation de quatre bandes et le 256 QAM permettent d’avoir des débits pics jusqu’à plus de 500 Mb/s (542 Mb/s) » s'enorgueille l'opérateur. Bien évidemment, il faut un smartphone compatible et avoir la chance d'être dans une zone couverte par des antennes des quatre bandes de fréquences.

Après Bordeaux, le plan est de poursuivre le déploiement de la 4G sur les 2 100 MHz en Île-de-France. « En région parisienne, près de la moitié des sites 4G ont été modifiés et le quart est déjà actif en 2100 MHz », expliquait récemment l'opérateur.

Comme le confirment les bilans mensuels de l'Agence nationale des fréquences (ANFR), Bouygues Telecom déploie des antennes dans cette bande de fréquences depuis quelques mois. Elles étaient 383 de plus début février, contre 155 début janvier. Au dernier décompte, 560 antennes 4G en 2 600 MHz sont activées, loin devant la concurrence (31 pour SFR et 19 pour Orange).

Voici un résumé des fréquences disponibles pour la 4G chez Bouygues Telecom

  • 5 MHz sur les 700 MHz
  • 10 MHz sur les 800 MHz
  • 20 MHz sur les 1 800 MHz
  • 15 MHz sur les 2 100 MHz (5 MHz restent dédiés à la 3G)
  • 15 MHz sur les 2 600 MHz

Plus de 500 Mb/s pour les opérateurs, mais une mise en place différente

Pour rappel, Bouygues Telecom n'est pas seul sur ce créneau. SFR a déjà annoncé des expérimentations de 4G+ à 500 Mb/s dans un quartier de Clermont-Ferrand, avec une mise en place prévue pour cette année. De son côté, Orange annonçait l'été dernier  de la 4G jusqu'à 680 Mb/s à Villefranche-sur-Saône.

Si tout le monde utilise un encodage en 256 QAM, chacun y va de sa petite cuisine interne pour atteindre et dépasser les 500 Mb/s. Bouygues Telecom utilise quatre porteuses (800, 1 800, 2 100 et 2 600 MHz) avec une bande passante totale de 55 MHz, contre trois porteuses (800, 1 800 et 2 600 MHz) et 50 MHz pour Orange et enfin deux porteuses (1 800 et 2 600 MHz) seulement et 35 MHz pour SFR.

Pour rappel, Qualcomm propose l'agrégation de trois porteuses à partir de son modem Snapdragon X12 (intégré aux SoC Snapdragon 630, 660, 820 et 821), alors qu'il faut passer au Snapdragon X16 (Snapdragon 835) pour quatre, avec du 256 QAM dans les deux cas. Le Snapdragon X20 (Snapdragon 845) grimpe jusqu'à cinq porteuses, contre sept pour le Snapdragon X24 tout récemment annoncé

Chez Intel, le XMM 7480 prend également en charge l'agrégation de quatre bandes de fréquences et un encodage 256 QAM, avec un débit maximum de 600 Mb/s. De son côté, le XMM 7560 pousse jusqu'à respectivement cinq bandes et 1 Gb/s.

Pas de LAA chez Bouygues Telecom, une modification de l'inclinaison des antennes

Comme Orange, Bouygues Telecom nous indique qu'il ne compte pas développer la technologie LAA (Licensed Assisted Access) sur son réseau. Pour rappel, elle permet d'utiliser des bandes de fréquences non licenciées afin d'augmenter les débits. Mise en place dans la release 13 de la 3GPP, elle est par exemple disponible aux États-Unis, notamment chez T-Mobile, avec un renforcement prévu durant ce trimestre.

Enfin, l'opérateur évoquait dans un billet de blog une « reconfiguration de son réseau national afin de reparamétrer, de réorganiser et d’optimiser au mieux l’ensemble de ses sites radio ». Nous avons demandé plus de détails sur ce point. « C’est une optimisation de toutes nos antennes en même temps qui consiste à modifier leur inclinaison, afin d’optimiser la couverture et la capacité de notre réseau » explique l'opérateur, sans entrer davantage dans les détails.

Quoi qu'il en soit, les opérateurs ont déjà annoncé leurs plans pour l'avenir : atteindre et dépasser le Gb/s en 4G, avant de passer à la 5G. SFR prévoit d'arriver à ce débit dès 2019, tandis que Bouygues Telecom a déjà dépassé cette barrière en laboratoire en 2016. Les opérateurs français restent toujours en retard sur les fabricants de modems, notamment avec le Snapdragon X24 à 2 Gb/s de Qualcomm.

Notre dossier sur la 5G :


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