4G+ : la guerre des débits fait rage chez les opérateurs, Orange annonce 680 Mb/s

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le vendredi 07 juillet 2017 à 16:30
Sébastien Gavois

En plus d'être la capitale du Beaujolais, Villefranche-sur-Saône est désormais la ville « du Très Haut Débit Mobile avec des débits jamais atteints sur le réseau mobile », selon Orange. L'opérateur y a déployé un réseau 4G+ avec un maximum théorique de 680 Mb/s en téléchargement, et plus de 500 Mb/s dans la pratique.

La 5G promet d'apporter des révolutions dans de nombreux domaines (voir cette actualité) : des débits toujours plus importants, une latence en baisse, la prise en charge des flottes d'objets connectés, etc. Et bien que des briques technologiques soient déjà là, avec une surenchère au niveau des taux de transferts en téléchargement, il faudra attendre 2020 pour l'ouverture des premiers réseaux commerciaux.

En attendant, les opérateurs ne restent pas les bras croisés et misent sur la 4G+ pour faire parler d'eux.

De la 4G+ à plus de 500 Mb/s, en conditions réelles

Si 2015 et 2016 étaient l'occasion de s'approcher des 500 Mb/s (avec plus de 400 Mb/s en novembre 2015 chez Bouygues Telecom par exemple), cette année la barre symbolique du Gb/s en 4G+ semble être prise pour cible, du moins en théorie.

Orange vient en effet d'annoncer un maximum de 680 Mb/s en 4G+ à Villefranche-sur-Saône. De plus, « pour la première fois à l’échelle d’une ville dans les conditions réelles, des débits de plus de 500 Mbit/s descendants en 4G+ » ont été mesurés affirme l'opérateur... laissant donc de côté l'annonce de SFR du mois de mai avec plus de 500 Mb/s, mais dans un quartier de Clermont-Ferrand seulement.

Les détails techniques : 50 MHz, trois bandes de fréquences, MIMO 4x4 et 256QAM

Pour arriver à ce résultat, l'opérateur a agrégé trois bandes de fréquences différentes, pour un total de 50 MHz. Elles ne sont pas précisées dans son communiqué, mais d'après le dernier bilan de l'ANFR, Orange n'a des antennes actives que dans les 800, 1 800 et 2 600 MHz, ne laissant finalement que peu de choix quant aux trois candidats.

De plus, si on additionne les largeurs des trois bandes allouées à l'opérateur, on tombe exactement sur les 50 MHz annoncés (10, 20 et 20 MHz respectivement). Cela n'est par contre pas suffisant et il faut associer d'autres techniques pour obtenir cette limite théorique de 680 Mb/s.

Orange utilise ainsi le MIMO 4x4 afin d'augmenter « les débits en exploitant les émissions/réceptions multiples du signal par le site radio et par les terminaux mobiles » et « la technique de modulation optimisée 256QAM ».

256 QAM aussi chez Bouygues Telecom et SFR

Pour rappel, depuis peu, SFR propose également de la 4G+ à 500 Mb/s sur son réseau commercial, mais sous la forme d'une expérimentation dans un quartier de Clermont-Ferrand. L'opérateur n'utilise que deux bandes de fréquences (20 MHz en 1 800 MHz et 15 MHz en 2,6 GHz), avec du MIMO 4x4 et un encodage en 256 QAM.  

D'un côté Orange exploite donc 50 MHz de largeur de bande sur trois fréquences différentes, quand SFR se contente de 35 MHz et deux bandes respectivement. Tous les deux sont par contre en MIMO 4x4 et 256 QAM. Il faudra maintenant certainement attendre les premiers tests indépendants avec une utilisation plus massive du réseau au lieu d'une simple démonstration pour comparer les deux solutions.

Pour rappel, Bouygues Telecom utilise aussi cette modulation d'amplitude en quadrature sur son réseau 4G+ depuis novembre 2015, avec des gains annoncés de l'ordre de 30 %. Il n'était alors question « que » de 400 Mb/s) l'époque. Dans tous les cas, pour profiter du 256Q AM (quel que soit l'opérateur) il faut disposer d'un terminal compatible. 

SFR annonce 1 Gb/s pour 2019, Bouygues Telecom dépasse 1,1 Gb/s en laboratoire

Après les fabricants de modems, c'est donc au tour des opérateurs de se livrer une guerre de communication sur la 4G+, sauf Free Mobile avec 260 Mb/s depuis l'été dernier et qui n'a pas bougé depuis. Pour le moment, SFR occupe la première marche du podium du côté des annonces avec 1 Gb/s en 4G+ prévu pour 2019, via l'utilisation de trois bandes de fréquences (deux pour 500 Mb/s).

En mai de l'année dernière, Bouygues Telecom annonçait avoir dépassé 1,1 Gb/s en téléchargement, mais uniquement en laboratoire. Il avait pour cela utilisé 60 MHz de bande passante, alors qu'il ne disposait que de 50 MHz jusqu'à récemment. Avec l'ouverture de la bande des 2,1 GHz pour de la 4G, cela devient théoriquement possible.

Par contre, au-delà des débits, il ne semble pas y avoir de changements en profondeur sur la gestion des réseaux. Le LAA (Licensed Assisted Access) permet d'utiliser des bandes de fréquences non licenciées afin d'augmenter les débits n'est visiblement toujours pas déployé en France, alors que cette technologie (mise en place dans la release 13 de la 3GPP) est disponible aux États-Unis, notamment chez T-Mobile.

Au MWC de l'année dernière, Orange nous expliquait qu'elle était effectivement intéressante, mais sans nous donner de date sur une éventuelle mise en place, l'opérateur préférant se concentrer sur le déploiement de la 4G. Depuis, rien ne semble avoir changé.

Les modems 4G à plus de 1 Gb/s sont déjà disponibles

Rappelons enfin que les fabricants de puces n'ont pas attendu les opérateurs pour proposer des modems avec des débits toujours plus importants. Depuis plus d'un an, Qualcomm permet de grimper jusqu'à 1 Gb/s avec son Snapdragon X16. Cette année, il est passé à 1,2 Gb/s avec son Snapdragon X20 annoncé à l'occasion du MWC de Barcelone.

Cette année également, Intel s'était réveillé avec son XMM 7560 capable d'atteindre 1 Gb/s en 4G+, alors que le précédent modèle (XMM 7480) ne dépassait pas les 450 Mb/s.


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