La 3GPP valide la « Non-Standalone 5G »... qui exploite les réseaux 4G

NSA 5G, quel beau diminutif... 25
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Téléphonie
Sébastien Gavois

La 3GPP vient de ratifier officiellement la première brique de la 5G. Attention, il ne s'agit pas encore de la version définitive des réseaux mobiles déployés à partir de 2020, mais d'une « Non-Standalone 5G » permettant d'exploiter de la 5G... sur un cœur de réseau 4G.

La course à la 5G est lancée depuis plusieurs mois maintenant (voire des années), notamment sous l'impulsion des opérateurs et des équipementiers qui multiplient les effets d'annonces et les démonstrations à grand renfort de Gb/s, toujours dans la surenchère : 15 Gb/s pour Orange, 25 Gb/s pour Bouygues Telecom, 70 Gb/s pour SFR.

Pour rappel, il faudra encore être patient puisque l'échéance pour les premiers réseaux commerciaux en France est toujours prévue pour 2020, une date de nouveau confirmée par Orange il y a quelques jours.

Par contre, les smartphones 5G pourraient arriver dès mi-2019 selon l'opérateur (et Qualcomm), soit juste en même temps que la publication de Release 15 de la 3GPP en charge de définir pleinement la 5G. En attendant, voici la « NSA 5G ».

Notre dossier sur la 5G :

La 3GPP accélère son calendrier pour valider la... « NSA 5G »

Certains acteurs des télécoms ne souhaitaient en effet pas attendre aussi longtemps et voulaient mettre en place une étape intermédiaire avant la fin de l'année : la Non-StandAlone 5G. Elle a été adoptée hier par la 3GPP lors d'une réunion de travail à Lisbonne au Portugal. Pour Balazs Bertenyi, président de la 3GPP RAN, il s'agit d'une « réalisation impressionnante dans un délai remarquablement court ». La 3GPP publiera prochainement des informations techniques plus détaillées.

Pour rappel, en mars dernier juste après le MWC de Barcelone, la 3GPP avait donné son accord pour accélérer son calendrier et adopter cette NSA 5G. Elle prévoyait alors une ratification avant la fin de l'année, un délai qui a donc été tenu. La demande était notamment poussée par plusieurs industriels du secteur comme Qualcomm, AT&T, NTT Docomo, SK Telecom, Vodafone, Ericsson, etc. 

De la 5G qui se base sur les réseaux 4G existants en attendant la vraie 5G

La 3GPP explique que, comme son nom le laisse supposer, la Non-Standalone 5G se base sur la 4G pour fonctionner : « la connexion exploite le LTE tandis que les porteuses 5G sont utilisées pour augmenter les débits de données et réduire la latence ». Par contre, la Standalone (SA) 5G, que l'on peut qualifier de « vraie » 5G, exploitera bien une « nouvelle architecture de réseau ». 

En clair, la NSA 5G adopté par la 3GPP permet donc d'établir des connexions mobiles que l'on pourrait qualifier de « 5G » sur des réseaux 4G. Cela devrait particulièrement plaire aux équipementiers et fabricants de smartphones qui pourront ainsi mettre en avant de la 5G dans leurs communications, avec la bénédiction de la 3GPP... Il sera intéressant de voir ce qu'en pensent l'Arcep et la DGCCRF. 

Huawei ne s'en cachait d'ailleurs pas en mars dernier : « On va pouvoir prendre les infrastructures et les fréquences utilisées par la 4G pour fournir des performances qui ressemblent à certaines des promesses de la 5G » expliquait le fabricant à nos confrères des Échos.

Selon l'équipementier, il serait ainsi possible d'atteindre des débits de 10 Gb/s, contre plusieurs dizaines de Gb/s en 5G. Par contre, n'espérez pas obtenir une latence de 1 ms comme cela sera possible en 5G : « il faudrait changer tout le réseau pour y arriver » affirme Merouane Debbah, directeur de la recherche chez Huawei.  Bref de la 5G, mais pas trop.

3GPP 5G

Attention aux arguments marketing

On attend maintenant de voir quelle forme cela prendra lors des annonces des uns et les autres. Il faudra en effet être prudent concernant l'exploitation marketing des uns et des autres concernant cette « 5G », qui pourra donc exploiter des réseaux 4G existants, de quoi ajouter un peu de confusion au brouillard ambiant.

Notez qu'ils n'ont pas attendu la 3GPP pour se lancer dans cette course à l'échalote : AT&T a ainsi annoncé la « 5G Evolution » début 2017, tandis que TIM déclarait en juillet que « Saint-Marin est le premier état d'Europe en 5G », alors qu'il était question que de 4,5G pour commencer.

En France, l'Arcep a d'ailleurs déjà prévenu, en rappelant que la « course à la performance et à l’innovation » des opérateurs et équipementiers peut les conduire à « donner une appellation "commerciale" à une génération de téléphonie mobile ».


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