5G et risques sanitaires : notre analyse du long rapport mi-figue mi-raisin de l’ANSES

Figues de Barbarie et raisins de la colère
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5G et risques sanitaires : notre analyse du long rapport mi-figue mi-raisin de l’ANSES
Crédits : Olivier Le Moal/iStock

Enfin ! Le rapport de l’ANSES sur la 5G et les risques sanitaires est disponible, bien qu'il ne s’agisse pas forcément de la version finale. Nous avons décortiqué ses 241 pages afin de voir ce qu’il renferme exactement. S’il ne fait pas état de nouveaux risques, il pointe un cruel manque de données.

C’est le 9 janvier 2019 que l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (ANSES) a été saisie de ce sujet par les ministères de la Transition écologique, des Solidarités et de la Santé, ainsi que de l’Économie et des Finances. 

Un rapport « final » après le lancement commercial

Pour se remettre dans le contexte, il s'agit d'une époque où les détails de la procédure d’attribution des fréquences 5G en France n’avaient même pas été dévoilés par l’Arcep. Les choses ont bougé quelques mois plus tard, et c’est finalement le 20 octobre 2020 que cette (longue) étape s’est terminée.

Les opérateurs ont ensuite commencé le déploiement fin novembre. Aujourd’hui, plus de 13 000 sites sont en service et Free Mobile couvre même plus de 40 % de la population en 5G. Un lancement « rapide » – du moins une fois les enchères terminées – qui est à l’origine d’une vague de contestation de la part de certains. Ils mettent en avant un non-respect du principe de précaution, comme nous le verrons plus tard dans ce dossier.

Ce rapport n’est pas le seul sur les risques sanitaires

Dans la saisine, il est demandé à l'ANSES de réaliser « une évaluation des risques sanitaires liés à l’exposition aux technologies associées au déploiement de la 5G » avec trois axes de développement : une description « des caractéristiques et de la nature des signaux émis », notamment sur les 3,5 et 26 GHz, une évaluation « du niveau d’exposition des personnes liées aux communications mobiles de technologie 5G » et « une revue des connaissances sur les effets sanitaires liés à l’exposition aux champs électromagnétiques dans les bandes 3,5 et 26 GHz ».

Un rapport préliminaire publié à mi-chemin (en janvier 2020) faisait état d’une faible littérature scientifique sur les questions sanitaires. La version définitive du rapport était attendue comme le messie par certains acteurs, notamment des municipalités qui l’attendaient avant d’autoriser le déploiement de la 5G (Lille par exemple).

D’autres ont été publiés entre temps, notamment fin 2020 avec une analyse des « aspects techniques et sanitaires ». Il affirmait que « les premières données montrent une évolution modérée des expositions, y compris en phase d’utilisation commerciale », mais en restant toujours en dessous des seuils réglementaires.

De son côté, l’ANFR a analysé l’évolution de l’exposition aux ondes avec la 5G.

Un rapport final définitif ? Non, pas tout à fait…

Attendu pour la fin du premier trimestre 2021, ce rapport a été mis en ligne avec trois semaines de retard… et dans une version « bêta ». L’ANSES lance en effet une « consultation publique afin de recueillir les commentaires éventuels de la communauté scientifique et des parties prenantes intéressées ».

Son rapport (et son avis sur le sujet) pourra donc éventuellement être complétés « après la prise en compte des commentaires reçus lors de cette consultation », qui doit durer six semaines. Pour autant, le titre du communiqué de l’ANSES semble sans ambiguïté : « Pas de risques nouveaux pour la santé au vu des données disponibles ».

L’avis d’une vingtaine de pages – que l’on pourrait comparer à un résumé du rapport – donne plus de détails : « Dans l’état actuel des connaissances, les différents rapports publiés depuis les dernières expertises de l’Anses ne mettent pas en évidence d’autres liens de causalité entre l’exposition aux champs électromagnétiques émis par les technologies mobiles et l’apparition d’effets sanitaires ».

Pour mieux comprendre, nous nous sommes attaqués au rapport complet – de plus de 240 pages – pour en cerner tous les tenants et les aboutissants. Sur de nombreux points, l’Agence reconnait que des données et études manquent. Un point qui a fait bondir certains détracteurs des ondes lors d’une conférence de presse tenue hier (nous y reviendrons) : « à quoi sert de faire un rapport qui nous dit "je ne sais pas" alors qu’on attendait des réponses », se demande l’un d’entre eux ? Ce « rapport n’est pas digne d’une agence nationale » ajoute un autre.

Preuve qu'il est toujours difficile d'opposer le doute scientifique au besoin de certitudes des citoyens (et parfois des politiques). Le décor étant planté, attardons-nous sur le premier gros sujet de ce rapport : les risques sanitaires. Nous reviendrons ensuite sur les niveaux d’exposition aux ondes et la « controverse sociétale » autour de la 5G. L’ANSES a en effet décidé d’élargir son rayon d’action pour évoquer la contestation au sujet des ondes.

Notre dossier sur le rapport de l’ANSES sur la 5G :

Distinguer les effets biologiques des effets sanitaires

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