Patrick Drahi s'adresse aux salariés, Altice veut en finir avec les rumeurs et la désinformation

Que va donner cette nouvelle semaine ? 62
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Finances
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le lundi 20 novembre 2017 à 08:18
David Legrand

Après une nouvelle semaine de chute en bourse malgré une communication millimétrée, Patrick Drahi monte au créneau pour défendre le soldat SFR. Altice commence de son côté à répondre aux rumeurs et à la désinformation qui concerneraient le groupe.

Altice a connu une nouvelle journée difficile en bourse vendredi. Le cours a atteint 8,10 euros, presque son plus bas historique, après une nouvelle chute de 12 %. Les efforts entrepris par la direction, notamment pour accuser l'ancienne équipe, ne semblent pas avoir porté leurs fruits et la confiance des investisseurs ne serait plus au rendez-vous.

Après avoir pris la parole devant des managers de SFR et les salariés en téléconférence au début de la semaine, Patrick Drahi a adressé un email à l'ensemble du groupe pour « dire que les perturbations boursières ne doivent pas nous éloigner de notre objectif quotidien : servir nos clients pour vos collègues des télécoms, et pour vous, continuer de faire ce que vous faites, aussi bien que vous le faites, au sein de vos chaînes, stations ou titres ».

Ne pas laisser les équipes perdre ce qui leur reste de motivation

Il précise que malgré la situation boursière, « le groupe bénéficie d'une véritable stabilité financière. Notre dette est sécurisée à 85% à taux fixe et le premier remboursement majeur n'arrivera qu'en 2022 ». Ainsi, quelle que soit la situation, l'entreprise est assurée de ne connaître aucun impact dans les cinq prochaines années.

L'objectif est ici d'éviter que les salariés de SFR, qui ont pour certains du mal à vivre les effets de l'important plan de départ, les changements de direction successifs, le manque de vision claire dans certains domaines comme les médias ou les choix contestables du côté de la commercialisation des offres télécom grand public, ne perdent totalement confiance. De cette confiance découlent leur motivation et leur capacité à bien servir les clients.

Dans une version de la lettre adressée aux salariés de la branche télécom, Drahi ajoute qu'il « ouvre une ligne directe avec plus de 1 000 managers de l'entreprise pour que chaque semaine, nous puissions [...] avoir une totale connaissance de la situation, prendre les bonnes décisions rapidement et régler concrètement les problèmes » et demande « de faire remonter immédiatement les difficultés, en particulier celles rencontrées par nos clients [et de] concentrer tous vos efforts pour améliorer la vie de nos clients ». 

Le client d'abord... mais quelle est l'image de SFR ?

L'objectif serait ainsi de satisfaire les clients avant tout. Des clients qui poursuivent leur exode malgré la convergence et les contenus, ainsi que les remises consenties afin de retenir ceux qui manifestent leur mécontentement.

Une situation qui s'explique par les hausses incessantes imposées par SFR ces dernières années et justifiées par l'arrivée de SFR presse et son jeu de TVA, les nouvelles chaînes de sport et de cinéma, lorsqu'il ne s'agissait pas de gratter quelques euros sur le tarif de la box ou de l'option Multi-TV

Là aussi, l'intervention de Patrick Drahi semble arriver un peu tard, l'image de l'opérateur étant sans doute durablement écorchée. Mettre toutes ces décisions sur le dos des précédents dirigeants qu'il avait nommés n'y changera sans doute rien, si ce n'est montrer qu'il ne fait pas bon être en première position au sein du groupe Altice en temps de crise.

Cela ne devrait pas non plus améliorer l'image de Patrick Drahi lui-même, qui concentre déjà pas mal la colère contre le groupe à travers ses multiples sorties depuis le rachat de SFR.

Un binôme de confiance et un communiqué d'Altice

Après avoir vanté les actifs du groupe, ainsi que son nombre de clients et autres abonnés, il a réaffirmé la position de la nouvelle direction composée d'Alain Weill et Armando Perreira, « un binôme très complémentaire ».

« Alain est un ami et un partenaire. Je sais qu’il apportera au groupe son leadership dans les contenus, son expertise marketing et sa connaissance des attentes des clients. Alain, dans ses nouvelles fonctions, représente tout le groupe en France. Et évidemment, il continue, avec Damien et les équipes, de piloter les activités médias » conclue-t-il.

Dans le même temps Altice a diffusé un communiqué afin de « répondre aux récentes spéculations et à la désinformation sur les marchés ». Le groupe précise ne pas avoir l'intention de lever des fonds, que des parts de Next n'ont pas été vendues ou ne sont pas à vendre, et que la santé financière du groupe est bonne.

Reste que certains commencent à se demander ce que compte faire à court terme la société, qui voulait investir 15 milliards dans un plan pour fibrer la France, compte 50 milliards de dette et a vu sa capitalisation boursière passer de 37 à 13 milliards d'euros en six mois. Patrick Drahi a déjà parlé de céder certains actifs jugés non indispensables. 

Parmi eux, figurent le portefeuille de pylônes de l'entreprise, ce qui n'est pas sans rappeler une manœuvre déjà opérée par Bouygues Telecom il y a quelques trimestres. Celle-ci avait permis à l'opérateur de dégager plusieurs centaines de millions d'euros de liquidités en vendant quelque 5 000 pylônes.

Quant aux autres options, la question est désormais dans la tête de tous les salariés du groupe, et c'est sans doute ce point qu'il faudra rapidement éclaircir.


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