Michel Combes quitte SFR, Altice se réorganise

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Société
David Legrand

Michel Combes vient d'annoncer sa démission du poste de président directeur général de SFR et directeur général d'Altice. Le groupe en profite pour se réorganiser autour de Patrick Drahi. Alain Weill et Armando Pereira sont désormais aux manettes en France.

Après des résultats mal accueillis en bourse, et la signature d'un accord avec TF1, Altice décide de se réorganiser. Cette fois, c'est Michel Combes qui est annoncé comme démissionnaire, deux mois après Michel Paulin et la nomination d'Armando Pereira comme directeur général délégué opérationnel de SFR.

SFR peine à convaincre et pénalise Altice

Il faut dire que l'opérateur n'est pas dans une très bonne posture. Il continue de perdre des clients, après avoir mené un plan de départ d'un tiers de ses effectifs. Sa stratégie de convergence peine à porter ses fruits, son astuce de TVA sur la presse est en passe d'être très fortement limitée, alors que sa volonté de « fibrer la France » seul et en dehors du plan France THD est contestée de toutes parts

L'action du groupe, qui valait plus de 26 euros à son introduction, s'échangeait à 23,26 euros début juin contre 17,40 euros le 20 octobre avant l'annonce des résultats. Elle est actuellement à 10,66 euros après une chute à 10 euros hier.

La situation pénalise Altice, qui montre pourtant de bons résultats dans d'autres pays. Patrick Drahi a donc décidé de redresser la situation au plus vite.

« Retour aux fondamentaux »

La démission de Michel Combes, jusqu'alors PDG de SFR et directeur général d'Altice, était attendue. Elle est présentée comme un retour aux fondamentaux à « l'organisation qui a fait le succès du groupe ».

Patrick Drahi a tout de même salué « Michel qui a été une part importante de l'histoire d'Altice quand il a rejoint le board du groupe. Il a fourni un soutien et un jugement qui ont été décisifs lorsque nous avons développé notre stratégie d'extension [...] Je tiens à le remercier personnellement pour sa contribution, son intégrité, sa loyauté et son amitié ». 

De son côté, Michel Combes a remercié Patrick Drahi et les équipes, précisant qu'avec « le retour de Patrick comme président du groupe, Altice sera correctement positionné pour exécuter la stratégie à tous les niveaux ».

Car c'est bien de cela dont il est question. Patrick Drahi est désormais président d'Altice N.V. et aura la charge de mettre en place la stratégie globale du groupe et son exécution « en particulier pour SFR Group » précise le communiqué. Cinq hommes seront aux commandes, et lui rendront directement des comptes, dont trois que l'on connait déjà plutôt bien :

  • Alain Weill qui devient PDG de SFR Group et directeur de l'exploitation d'Altice Group. Il continue d'avoir en charge la stratégie concernant les médias et la convergence en France, en lien avec Armando Pereira
  • Armando Pereira devient directeur de l'exploitation d'Altice Telecom avec un focus particulier sur le marché français. Il a la charge des télécoms au sein du groupe.
  • Dexter Goei devient PDG d'Altice N.V. et continuera à se focaliser sur le développement du marché américain en tant que PDG d'Altice USA. Il sera également le point de contact pour les équipes en charge de la publicité et le PDG des activités en République dominicaine

Dennis Okhuijsen devient de son côté PDG d'Altice Europe et continue d'être le directeur financier du groupe et des relations avec les investisseurs. Jérémie Bonnin est de son côté secrétaire général d'Altice.

Cette fois, c'est la bonne ?

Cette nouvelle structure doit permettre un retour « direct et clair » d'Altice comme leader sur le marché européen afin « d'exprimer son potentiel et de continuer à soutenir Altice USA ». 

Il faut donc s'attendre à nouveau à du changement dans les offres et la stratégie, alors que les premières ont déjà été chamboulées et augmentées de nombreuses fois ces derniers mois. Du côté des médias du groupe, L'Express a déjà annoncé son passage au payant, Libération qui vient de perdre son numéro deux, pourrait faire de même, et l'on attend surtout de voir les évolutions tarifaires concernant SFR Presse.

Quoi qu'il en soit, plus de trois ans après le rachat de SFR, Altice a montré sa capacité à réduire les coûts tout en développant le réseau, sans pour autant réussir à convaincre les clients de ne pas fuir. Changer une nouvelle fois l'organisation n'est en rien une garantie que cela va changer.

Il faut maintenant qu'Alain Weill et Armando Pereira montrent qu'ils sont les hommes de la situation afin de créer des conditions favorables tant pour les équipes que pour le retour de la confiance des clients. Sur ce terrain, tout reste à faire.


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