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Crypto-monnaies : une ICO, qu'est-ce que c'est ?

Promis, on a essayé de faire court
Economie 5 min
Crypto-monnaies : une ICO, qu'est-ce que c'est ?
Crédits : BackyardProduction/iStock

Bien que de plus en plus fréquentes, les ICO restent un concept ésotérique pour bon nombre d'entre nous. Prenons donc quelques instants pour tenter de comprendre ce phénomène et les différentes variantes de levées de fonds dans le domaine des crypto-monnaies.

Cela fait quelques mois que les autorités financières du monde entier s'intéressent au cas des ICO (Initial Coin Offering). Un engouement soudain qui fait suite à une explosion du nombre de ces levées de fonds en crypto-monnaie.

Bancor, Filecoin, Status, Tezos... ces noms ne vous disent probablement rien, mais il s'agit pourtant de celui d'entreprises qui sont en train de lever, ou ont déjà levé, plusieurs dizaines de millions d'euros de financement au travers d'ICO, délaissant les investisseurs traditionnels. 

Si le concept de l'ICO est très clair pour ceux qui manipulent régulièrement des crypto-monnaies, il est un peu plus compliqué à appréhender pour le reste du monde. Au vu de l'importance que devrait prendre ce sujet dans les mois à venir, avec les pulsions régulatoires des autorités partout autour du monde, nous avons décidé de vous l'expliquer.

Avant d'aller plus loin, si l'univers des crypto-monnaies ne vous est pas familier du tout, nous vous invitons d'abord à jeter un œil à notre précédent article, détaillant le concept de blockchain (ou registre distribué).

Au début, était Ethereum

La première ICO notable est celle d'Ethereum en 2014. Les organisateurs, cherchaient à financer le développement d'une nouvelle blockchain, différente de celle de Bitcoin avec la mise en place des fameux Smart contracts.

Plutôt que de simplement lancer un Kickstarter ou de démarcher des investisseurs traditionnels, l'équipe derrière Ethereum a choisi de proposer à quiconque était intéressé par le projet d'échanger des bitcoins contre de l'Ether, la future crypto-monnaie liée à la blockchain d'Ethereum. En quelques semaines, plus de 18 millions de dollars étaient récoltés, avec un taux d'échange fixé à 0,4 dollar par Ether.

Dans ce contexte, il est possible de définir une ICO comme la prévente d'une nouvelle crypto-monnaie, sous la forme d'une campagne de financement participatif, en levant des fonds en crypto-monnaie. Mais cette définition ne couvre pas l'ensemble des cas possibles. 

Les smart contracts et The DAO

Pour rappel, et c'est important pour la suite, un smart contract est un petit bout de code qui exécute automatiquement une tâche donnée lorsque certaines conditions prévues à l'avance sont remplies.

Pour donner un exemple très concret de leur intérêt, l'assureur Axa fait un usage simple de cette fonction avec son assurance Fizzy. Si un avion arrive avec plus de deux heures de retard à destination, l'assuré doit toucher une indemnité. Le smart contract scrute alors une base de données renseignant l'heure d'arrivée des avions, et déclenche un paiement quand un retard suffisant est constaté.  

Il est toutefois possible de pousser le concept un peu plus loin avec des outils plus complexes. Ainsi est née The DAO, la première Decentralized Autonomous Organization à prendre vie sur la blockchain d'Ethereum. Il s'agit en fait d'un groupement autonome, sans réalité physique ni forme juridique, qui n'existe que par sa présence sur une blockchain.

Une DAO peut interagir avec le monde extérieur en scellant des smart contracts avec des prestataires tiers. Si une DAO veut se lancer dans la production de planches, il lui suffit de signer un contrat avec un bucheron pour acheter la matière première, un transporteur, et une scierie pour la transformer.

En trois semaines, The DAO (malgré son échec retentissant ensuite) lève ainsi environ 150 millions de dollars au travers d'une ICO d'une autre forme. Cette fois-ci, les participants ne recevaient pas de la crypto-monnaie en échange, mais un jeton, donnant droit à une voix lors des votes organisés par la DAO.

Ces jetons (standardisés) sont alors assimilables aux actions d'une entreprise et peuvent s'échanger en passant par la blockchain d'Ethereum. L'opération dans son ensemble peut quant à elle être vue comme une forme « batarde » d'introduction en bourse, sauf qu'ici les actions ne sont échangeables qu'en passant par une blockchain. 

Fonds de placement et produits dérivés...

Le gendarme boursier australien a reconnu d'autres cas de figure, celui de fonds de placement ou de produits financiers dérivés, financés par le biais d'ICO. Le principe de base reste le même que celui décrit ci-dessus, à une différence près : le jeton obtenu ne donne pas nécessairement droit à une voix. 

Il s'agit alors de quelque chose que l'on peut assimiler à un actif financier, à ceci près : au lieu d'être inscrit sur votre compte-titres, il se trouve quelque part sur une blockchain, et peut être échangé sur des plateformes dédiées. 

La ruée vers l'or 

Selon les relevés de nos confrères de CoinDesk, rien qu'au mois de septembre 2017, 537 millions de dollars ont été levés à l'occasion de plusieurs dizaines d'ICO ou encore 134 millions en août, 574 millions en juillet, et même 462 millions en juin.

Depuis le début de l'année, ce sont ainsi 2,1 milliards de dollars qui ont été récoltés, attirant la curiosité des régulateurs financiers du monde entier. Et pour cause, actuellement, peu de nations ont posé de règles claires quant à la gestion des ICO, en résulte une espèce de far-west où le très sérieux se mêle aux initiatives les plus douteuses.

Les autorités de régulation tentent aujourd'hui de prendre le train en marche et de mettre en place un cadre législatif se voulant un peu plus rassurant pour les investisseurs. En attendant, certains pays comme la Corée du Sud ont décidé d'interdire ce type d'opération sur leur territoire.

43 commentaires
Avatar de idealcrash INpactien
Avatar de idealcrashidealcrash- 03/10/17 à 09:59:55

Sur un autre forum qui essayé de comprendre ce phénomène, je
n'ai retenu que cette phrase d'un participant : "rien n'a changé depuis la première ruée vers l'or, ceux qui font fortune sont toujours les vendeurs de pelles et de pioche."

Édité par idealcrash le 03/10/2017 à 10:00
Avatar de Faith INpactien
Avatar de FaithFaith- 03/10/17 à 10:12:38

Quand on souscrit à une IPO (donc en bourse), on obtient une action qui est à la foi un titre de copropriété et un droit à bénéficier des excédents générés par l'activité de l'entreprise.
 
A quoi donne droit un jeton obtenu via une ICO ? (et comment fait-on valoir ces droits ?)

Avatar de carbier INpactien
Avatar de carbiercarbier- 03/10/17 à 10:34:21

idealcrash a écrit :

Sur un autre forum qui essayé de comprendre ce phénomène, je
n'ai retenu que cette phrase d'un participant : "rien n'a changé depuis la première ruée vers l'or, ceux qui font fortune sont toujours les vendeurs de pelles et de pioche."

Excellent résumé :yes:

Avatar de Carpette INpactien
Avatar de CarpetteCarpette- 03/10/17 à 11:08:14

idealcrash a écrit :

Sur un autre forum qui essayé de comprendre ce phénomène, je
n'ai retenu que cette phrase d'un participant : "rien n'a changé depuis la première ruée vers l'or, ceux qui font fortune sont toujours les vendeurs de pelles et de pioche."

Je ne connais pas les details mais j'ai du mal a croire que personne ne s'est enrichi avec de l'or.
J'ai un ami qui fait pas mal de thune avec les crypto monnaies en speculant sur poloniex.

Avatar de ndjpoye Abonné
Avatar de ndjpoyendjpoye- 03/10/17 à 11:08:43

"Pour donner un exemple très concret de leur intérêt, l'assureur Axa fait un usage simple de cette fonction avec son assurance Fizzy. Si un avion arrive avec plus de deux heures de retard à destination, l'assuré doit toucher une indemnité. Le smart contract scrute alors une base de données renseignant l'heure d'arrivée des avions, et déclenche un paiement quand un retard suffisant est constaté.  "

Je comprend pas l'originalité de "la chose" côté informatique.

Édité par ndjpoye le 03/10/2017 à 11:09
Avatar de Krogoth Abonné
Avatar de KrogothKrogoth- 03/10/17 à 11:18:00

Carpette a écrit :

Je ne connais pas les details mais j'ai du mal a croire que personne ne s'est enrichi avec de l'or.
J'ai un ami qui fait pas mal de thune avec les crypto monnaies en speculant sur poloniex.

Et c'est poloniex qui gagne des sous, ceci de façon sûre quelque soit le cours des crypto-monnaie ;). Disons que le vendeur de pelle n'est pas tributaire de la présence ou non d'or mais seuleument du nombre de chercheur.

Avatar de Faith INpactien
Avatar de FaithFaith- 03/10/17 à 11:19:18

ndjpoye a écrit :

Je comprend pas l'originalité de "la chose" côté informatique.

J'en ai parlé avec des fans des cryptos... et leur argument est imparable: "Oui, mais là, c'est dans la blockchain ! On n'a pas à faire confiance à ces pourris chez qui on signe nos assurances" (retranscription quasiment fidèle)
 
Bref, moi non plus je ne vois pas ce qu'il y a de franchement nouveau.
Et après avoir lu quelques articles sur Fizzy, il semble qu'il s'agisse surtout d'une expérimentation d'AXA pour évaluer grandeur nature la fiabilité et le coût d'une solution blockchain (et accessoirement se faire de la pub facile auprès de certaines catégories de personnes traditionnellement méfiantes envers les assureurs)
 

Avatar de Ellierys INpactien
Avatar de EllierysEllierys- 03/10/17 à 11:22:53

Simple : t'as un degré de transparence supplémentaire car la blockchain est

  • Infalsifiable
  • Son contenu est accessible publiquement

Si tu veux essayer d'accéder au contenu de la base de données traditionnelle de ton assureur c'est autrement plus compliqué, et rien ne peut t'assurer que son contenu n'a pas été altéré (même si c'est peu probable).

Pour faire plus court : t'as un truc fiable et transparent à la place d'un truc potentiellement altérable et opaque.

Édité par Ellierys le 03/10/2017 à 11:23
Avatar de Carpette INpactien
Avatar de CarpetteCarpette- 03/10/17 à 11:28:31

Krogoth a écrit :

Et c'est poloniex qui gagne des sous, ceci de façon sûre quelque soit le cours des crypto-monnaie ;). Disons que le vendeur de pelle n'est pas tributaire de la présence ou non d'or mais seuleument du nombre de chercheur.

Ce que j'essaie de dire c'est que non il n'y a pas QUE les intermediaires qui s'enrichissent. Ca se saurait sinon.

Avatar de WereWindle INpactien
Avatar de WereWindleWereWindle- 03/10/17 à 11:32:12

Ellierys a écrit :

Si tu veux essayer d'accéder au contenu de la base de données traditionnelle de ton assureur c'est autrement plus compliqué, et rien ne peut t'assurer que son contenu n'a pas été altéré (même si c'est peu probable).

sans compter qu'il se pourrait qu'on sonne chez toi à l'heure du laitier si ça se voit :transpi:

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