Build 2018 : Fluent Design System, PWA, Sets et gains plus importants sur le Store

Un vrai début de solution pour Win32 ? 7
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Développeurs
Vincent Hermann

La conférence Build de Microsoft se termine aujourd'hui. Depuis l'ouverture, l'éditeur a annoncé d'autres nouveautés et a donné de plus amples informations sur des sujets déjà abordés. Évolution des interfaces et de Win32, développement sur ARM, renforcement des PWA ou encore liens avec les smartphones sont au programme.

Après une première fournée d'annonces, Microsoft a embrayé hier et aujourd'hui. C'est ce soir en effet que prendra fin la conférence Build, après une édition 2018 particulièrement riche en annonces.

Bien que les nouveautés les plus importantes aient été présentées dès le premier soir, les informations données depuis impliquent des changements loin d'être anodins. C'est tout particulièrement le cas avec l'évolution à prévoir pour les interfaces des applications Windows, ainsi qu'une éventuelle échappatoire à l'ancien socle Win32.

Fluent Design System : Microsoft dévoile l’avenir de son renouvellement graphique

Le FDS (Fluent Design System) désigne actuellement assez peu de choses. Ce que les utilisateurs en voient tient dans une petite liste d’éléments visibles mais discrets. L’April Update (lire notre bilan) le propulse davantage au premier plan, essentiellement via Acrylic, sous d’une forme légère transparence de type verre givré, ou encore les effets de sélection et de passage de souris, via des illuminations.

Mais cette année, le FDS prendra davantage d’ampleur. Microsoft l’avait dit dès le départ : il représente le futur de l’UI/UX et doit à ce titre prendre en compte tous les types d’interactions. On le retrouvera donc davantage dans Windows 10, mais également dans Hololens et, en gros, partout où une base Windows est présente. À voir également comment Microsoft l’intègrera dans son Launcher pour Android.

Le FDS gèrera donc mieux, dès cette année, les mouvements, supportera le son spatial, les collections de données, les mentions, la capacité d’écrire n’importe où ou presque, intègrera un système simplifié de gestion des couleurs, et prendra en charge les ombres et le Z-buffer.

Parmi les éléments plus spécifiques, citons le « command bar flyout ». L’idée est de supprimer ou alléger la barre principale de fonctions dans une application, pour en composer une dépendant du contexte et pouvant être appelée à la volée. Elle ne contiendra ainsi que ce qui est nécessaire dans la zone où agit l’utilisateur. OneNote sera la première application à en bénéficier, ce qui permettra de se faire une meilleure idée de l’efficacité du concept.

Outre d’autres éléments en approche comme un passage à l’Acrylic pour les éléments de type listes déroulantes, Microsoft revoit peu à peu l’ergonomie générale dans les lignes de conduite recommandées, comme l’affichage plus systématique d’un bouton Retour. Mais surtout, l’éditeur va proposer un affichage plus compact des éléments.

C’est l’un des plus gros reproches faits à UWP (Universal Windows Platform), pensée avant tout pour le mobile avec de gros contrôles. La densité des éléments est donc bien moindre qu’avec des logiciels Win32 classiques. Dans une évolution de FDS, la taille de ces éléments pourra donc soit changer automatiquement avec la surface disponible, soit être précisée directement par le développeur.

Vers un mélange assoupli de technologies

Ce changement, qui semble anodin, est crucial pour la stratégie du géant. D’une part parce qu’il souhaite qu’un maximum de développeurs se penche sur le futur .NET Core 3.0 qui pourra s’attaquer aux applications de bureau, mais aussi parce que le Fluent Design System va pouvoir être utilisé via Win32. Une étape majeure, permise par les UWP XAML Islands, composants flexibles utilisables dans pratiquement tous les projets Windows.

Le futur du parc logiciel Windows commence donc à se dévoiler, et avec lui un plan de sortie pour Win32. Ce dernier a beau avoir encore la préférence des développeurs, il n’évolue plus. Ils se retrouvent coincés entre un vieil environnement ayant fait ses preuves et un autre, plus moderne mais jusqu’ici moins complet, et surtout moins adapté aux logiciels classiques.

Voilà ce que proposera Microsoft : un mix. De même que les applications Win32 peuvent être présentes dans le Store en remplaçant petit à petit d’anciens éléments par de nouveaux, Microsoft veut faire preuve de souplesse. L’éditeur permettra ainsi d’intégrer les nouveautés progressivement, sans avoir à jeter tout son code. D’abord en retravaillant l’ergonomie via les capacités de FDS (quand il sera plus étoffé), puis pourquoi pas en se débarrassant du vieux code C/C++ au profit de C# et .NET Core.

En ce qui concerne les applications, ce n’est pour autant pas la seule voie disponible

Les PWA vont gagner en puissance

Bien qu’il ne s’agisse clairement pas d’une nouveauté visible, le support des Progressive Web Apps par Windows 10 est l’un des apports majeurs de l’April Update. Les PWA sont pour rappel des applications web pouvant agir, dans les grandes lignes, comme des applications natives. Exemple, le client Twitter, dont l’ancienne version a disparu au profit d’une PWA. Le changement est facile à observer, puisque l’interface est celle de la version Light (mobile).

Ces applications se servent des Service Workers et sont exécutées par le moteur d’Edge. Dans la future version 1809 de Windows (qui sera finalisée en septembre et diffusée en octobre), les PWA pourront effacer toute trace d’Edge en supprimant notamment le bouton Retour, ou au contraire tous les afficher, y compris une barre d’adresse en lecture seule.

Plus important, les PWA ne seront plus cantonnées au Store, qui restera néanmoins la voie « royale ». Edge sera en effet capable d’installer dans Windows n’importe quelle PWA visitée, à condition que le développeur concerné n’ait pas spécifiquement empêché l’opération. Depuis une application web comme Gmail (en théorie), un bouton apparaîtra à droite de la barre d’adresse. Il permettra d’installer la PWA dans le menu Démarrer pour qu’elle se comporte ensuite de manière indépendante.

Puisque l’on évoque Gmail, Neowin a posé la question du support de cette fonction par Google. Pour l’instant, il semble que le géant de la recherche n’ait rien bloqué. Les deux entreprises seraient d’ailleurs en négociations pour que Google propose de lui-même toutes ses PWA dans le Microsoft Store. Une perspective que Mountain View examinera probablement avec soin, pour peser le pour et le contre.

L’intérêt pour Microsoft est évident : les PWA sont bâties sur des technologies du web standardisées que de nombreux développeurs connaissent. S’ils publient leurs applications sur le Store, la boutique deviendra d’autant plus attractive. En outre, les PWA n’ont que faire de l’architecture de la machine ou des fonctionnalités disponibles. Elles fonctionnent donc sans problème en mode S ou sur des machines ARM.

En attendant, les prochaines préversions de Windows 10 devraient contenir la fonction. Il sera alors possible de s’en faire une idée plus précise et d’en tester l’efficacité.

ARM : du mieux, mais pas trop vite

La plateforme Windows on ARM est encore anecdotique, mais Microsoft a de grands espoirs. La Build est déjà l’occasion de tenir une promesse : l’arrivée d’un SDK ARM64. Promesse tenue certes, tout comme les limitations du kit.

Les développeurs vont donc pouvoir compiler leurs applications UWP pour x86, x64 et ARM32. En fait, c’est le Store qui se charge d’envoyer la bonne version à la machine cliente. Il manquait donc ARM64 et ses gains de performances potentiels. Avec le nouveau SDK, présent dans Visual Studio 15.8 Preview, les développeurs peuvent se pencher sur la question.

Il pourrait donc y avoir des gains intéressants à la clé. Malheureusement, ce bonus ne sera exploitable que pour les développeurs qui travailleront cette compatibilité. L’écrasante majorité des applications, en x64, n’en profitera pas. En résumé, Windows on ARM pourra exécuter des applications ARM32 et ARM64, mais toujours pas en x64. L’émulation continuera de se faire uniquement vers x86, donc en 32 bits.

Microsoft compense la déception en précisant que dans la plupart des cas, la compatibilité ARM64 pourra se faire avec très peu, voire aucun travail.

Cette annonce coïncide avec une autre : l’arrivée d’Ubuntu dans le Store sur les machines ARM. Ce n’est pas encore le cas, mais l’éditeur a fait la démonstration de la distribution s’accommodant a priori très bien de l’architecture (ce qui n’a en soi rien d’étonnant). Comme pour le Windows 10 classique, c’est le WSL (Windows Subsystem for Linux) qui sera mis à contribution. On imagine que les autres distributions du Store (openSUSE, SLES, Debian et Kali) suivront dans la foulée.

Microsoft ne gardera plus que 5 % sur les ventes d’applications grand public

C’est probablement une nouvelle que les développeurs rêvaient d’entendre : plus tard dans l’année, la tranche gardée par Microsoft sur les gains réalisés passera de 30 à 5 % seulement. Les 95 % restants iront dans la poche des développeurs. Mais pas pour tout le monde.

Ce pourcentage sera applicable sur tout achat direct dans le Store, depuis une fiche unique ou un lien profond. Si l’achat fait partie d’un lot ou provient d’une autre méthode, la part de Microsoft monte à 15 %, donc 85 % pour le développeur. Par ailleurs, les jeux et applications professionnelles échappent complètement à ces nouveaux chiffres.

Autre point intéressant, ces pourcentages s’appliqueront pour tous les achats réalisés depuis Windows 10, un Windows Phone, un Surface Hub ou un appareil Mixed Reality. En clair, tout sauf les Xbox, puisque les seuls achats échappant aux nouvelles règles sont les jeux.

Que cherche donc à faire Microsoft ? À motiver les éditeurs proposant des applications grand public, ou à « récompenser » ceux le faisant déjà, et qui pourront donc en parler favorablement. On pense par exemple à Paint.Net, dont la version Store est payante pour apporter un soutien financier. Un lien profond du site officiel vers la boutique lui assurera 95 % de la somme (8,99 euros).

Autre source de motivation, le nouveau modèle s’appliquera aussi aux achats in-app et abonnements déclenchés depuis les applications. Enfin, les utilisateurs toujours sous Windows 8.X, y compris mobile, en profiteront également, le changement étant à l’échelle du Store.

Ne manque finalement plus que la date d’application. Microsoft a prévenu que les développeurs seraient directement informés le moment venu.

Un émulateur Hyper-V pour les applications Android

Une première préversion du composant attendu peut être récupérée depuis hier. Comme son nom l’indique, il se base sur l’hyperviseur Hyper-V pour émuler Android, avec accélération matérielle à la clé. Toutes les fonctionnalités classiques sont gérées assure Microsoft : caméra, géolocalisation, Quick Boot, l’ensemble des API Android et bien sûr les Google Play Services.

Pour l'exploiter, les développeurs doivent utiliser là encore la Preview de Visual Studio 15.8. Le composant « Mobile development with .NET » (autrement dit Xamarin) doit être lui aussi installé. Une fois tout en place, il faudra s’assurer dans le gestionnaire des SDK et outils Android de Visual Studio que la version 27.2.7 de l’émulateur (ou ultérieure) est activée.

On en sait plus sur « Votre téléphone » et les Sets

Dans notre premier bilan sur la conférence Build, nous avons abordé ce nouveau composant, qui devrait arriver prochainement dans les préversions de Windows 10. Il permettra d’afficher de nombreux éléments du smartphone, notamment ses SMS/MMS, ses photos et ses notifications.

Lors d’une nouvelle session, Microsoft en a dévoilé davantage sur cette fonctionnalité, très prometteuse sur le papier. On découvre notamment à travers des captures d’écran comment ce composant fonctionnera. Des onglets, des listes, des conversations : tout semble en effet très simple. Mais on ne sait pas s’il s’agit de l’application réelle ou de concepts.

windows build votre téléphonewindows build votre téléphonewindows build votre téléphone

Les notifications en particulier ont l’air bien pensées. Elles sont regroupées par dates et applications. On peut voir par exemple un évènement Instagram, sur laquelle l’application en profite pour glisser deux méthodes pour ouvrir la nouvelle photo : sur Instagram.com ou via l’application Instagram dans le Store.

Malheureusement, il manque une information cruciale : quels seront les modèles pris en charge par cette fonctionnalité ? On ne doute pas que les smartphones Android pourront aisément être supportés, mais le cas de l’iPhone est plus problématique, Apple verrouillant ce genre d’échange. À moins que Microsoft ait trouvé une solution ou discute de cette possibilité avec Cupertino ?

Quant aux Sets, prévus normalement pour la future version 1809, ils gagneront en flexibilité et viendront s’interfacer avec la Timeline, fraichement débarquée dans l’April Update. Un Set pourra être ainsi repris dans son ensemble, même s’il a été utilisé plusieurs semaines auparavant.

Rappelons que les Sets sont des fenêtres dans lesquelles l’utilisateur peut ouvrir des onglets contenant des applications, un Explorateur, des pages web et normalement tout ce qu’il souhaite. L’idée est de concentrer dans un endroit unique tout ce qui peut concerner un projet, quel qu’il soit. Par extension, il peut permettre à l’Explorateur de fonctionner avec des onglets, une fonctionnalité réclamée depuis bien longtemps.

Il n’est pas tout à fait certain cependant que les Sets soient prêts à temps pour la mouture 1809 de Windows 10. Microsoft reste prudent. Après tout, la Timeline devait arriver initialement dans la Falls Creators Update et n’est finalement arrivée que tout récemment.


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