42 astéroïdes en hommage à la « grande question sur la vie, l'univers et le reste »

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42 astéroïdes en hommage à la « grande question sur la vie, l'univers et le reste »
Crédits : ESO/M. Kornmesser/Vernazza et al./MISTRAL algorithm (ONERA/CNRS)

Des informations détaillées sur 42 astéroïdes pour les 42 ans du Guide du voyageur galactique, Douglas Adam et les geeks n'auraient pu rêver mieux. Au-delà de la beauté du geste, ces informations permettent d'en apprendre davantage sur la création de notre système solaire et de confirmer des hypothèses.

Des chercheurs ont utilisé le Very Large Telescope de l'Observatoire européen austral (alias le VLT de l'ESO) pour obtenir des clichés de « 42 des objets les plus proéminents de la ceinture d’astéroïdes située entre Mars et Jupiter ».

42 astéroïdes pour les 42 ans de H2G2

D’humeur visiblement badine, l’ESO explique que ces « 42 objets constitue[nt] une formidable avancée dans l’étude des astéroïdes, et contribue[nt] à répondre à la question de la Vie, de l’Univers, et du Tout ». Il s’agit évidemment d’une référence au Guide du voyageur galactique de Douglas Adams.

Cet ouvrage est souvent abrégé en H2G2 en référence à son titre anglais : Hitchhiker's Guide to the Galaxy. L’observatoire pousse le bouchon loin dans son hommage puisque, aujourd’hui mardi 12 octobre 2021, « nous célébrons le 42e anniversaire de la publication de cet ouvrage ».

Il ne s’agit pas uniquement de rendre un hommage, mais aussi de parler de science pour de vrai. « Jusqu’à présent, seuls trois grands astéroïdes de la ceinture principale, Cérès, Vesta et Lutétia, avaient été imagés avec un niveau de détail élevé, lorsque leurs chemins avaient croisé celui des sondes spatiales Dawn de la NASA et Rosetta de l’Agence Spatiale Européenne », explique Pierre Vernazza.

Ce dernier travaille au Laboratoire d’Astrophysique de Marseille et il est le principal auteur de la publication dans la revue Astronomy & Astrophysics. Il ajoute que grâce au VLT, son équipe a pu obtenir des « images nettes d’un nombre de cibles nettement supérieur – 42 au total ».

42 astéroïdes de 90 à 900 km

Jusqu’à présent, nous avions des informations sur ces astéroïdes, mais pas suffisamment détaillées pour « accéder à leurs caractéristiques principales que sont leur forme 3D ou leur densité ». Pendant deux ans (entre 2017 et 2019), les chercheurs « ont entrepris de combler cette brèche en menant une étude approfondie des principaux corps de la ceinture d’astéroïdes », afin de dresser le catalogue ci-dessous.

ESO 42
Crédits : ESO/M. Kornmesser/Vernazza et al./MISTRAL algorithm (ONERA/CNRS)

La quasi-totalité des plus gros objets connus se trouve dans ce catalogue, qui contient par exemple 20 des 23 astéroïdes dont la taille mesure plus de 200 km. « La plupart des 42 objets composant leur échantillon présentent des dimensions supérieures à 100 km », ajoute l’observatoire. Le plus grand est évidemment Cérés avec plus de 900 km, tandis que les deux plus petits sont Urania et Ausonia, dont les diamètres n’excèdent pas les 90 km.

Au-delà de la beauté des images, cette publication est l’occasion de tirer des conclusions : « En reconstruisant les formes des objets, l’équipe s’est aperçue que les astéroïdes étudiés se répartissaient en deux groupes distincts. Certains présentent un aspect quasi parfaitement sphérique, tels Hygiea et Cérès. D’autres en revanche arborent une forme particulière, étirée, à l’image de Kleopatra, semblable à un os de chien ».

Forte disparité sur les densités... et donc leur provenance

Connaitre la taille et le poids des objets célestes permet d’en déduire très facilement leur densité. « Les quatre astéroïdes présentant la plus faible densité, parmi lesquels figurent Lamberta et Sylvia, affichent des densités voisines de 1,3 gramme par centimètre cube – proches de celle du charbon. Les astéroïdes les plus denses en revanche, tels Psyche et Kalliope, affichent des densités de 3,9 et 4,4 grammes par centimètre cube, soit des valeurs supérieures à la densité du diamant (3,5 grammes par centimètre cube) », soit un rapport de 1 à 3 tout de même entre les deux extrêmes.

ESO 42 astéroides
Crédits : ESO

Comme souvent en science, cette découverte en entraine une autre, sur l’origine des astéroïdes cette fois-ci : « Nos observations confortent l’hypothèse d’une migration substantielle de ces corps depuis l’époque de leur formation. En d’autres termes, de telles différences de composition témoignent de la formation de ces objets en des régions distinctes du Système solaire », explique Josef Hanuš de l’Université Charles de Prague, l'un des auteurs de la publication.

Selon les chercheurs, ces observations confirment aussi l’hypothèse selon laquelle les astéroïdes les moins denses se seraient formés au sein des régions les plus reculées de notre système solaire, c’est-à-dire au-delà de l’orbite de Neptune. Ils auraient ensuite migré vers leurs emplacements actuels, dans la ceinture.

Des astéroïdes de 35 à 80 km grâce au futur ELT

Comme lors de chaque publication ces derniers temps, c’est l’occasion pour l’ESO de rappeler qu’il travaille sur un nouvel observatoire : l’ELT (Extremely Large Telescope), qui sera en mesure de prendre les images encore plus détaillées et d’un plus grand nombre d’astéroïdes. Il est en cours de construction au Chili et il faudra être patient puisqu’il « entrera en service à la fin de cette décennie »… alors qu'elle débute tout juste.

Pierre Vernazza détaille un peu ses attentes et espoirs : « Les observations des astéroïdes de la ceinture principale au moyen de l’ELT nous permettront d’étudier des objets de diamètres inférieurs, compris entre 35 et 80 kilomètres selon leur localisation spatiale, ainsi que des cratères de dimensions comprises entre 10 et 25 kilomètres ». Nous serons alors probablement largement au-dessus de 42.

One more thing : pourquoi 42 ?

C'est en novembre 1993 que Douglas Adams apporte la réponse à cette autre question qui turlupine de nombreux fans : pourquoi 42 ? Quel mystère se cache derrière ce nombre mythique ? Eh bien aucun :

« La réponse à ceci est très simple. C'était une plaisanterie. Ce devait être un nombre, ordinaire et plutôt petit, et j'ai choisi celui-ci. Les représentations binaires, la base treize, les moines tibétains ne sont que des balivernes. Je me suis assis à mon bureau, j'ai regardé dans le jardin et je me suis dit "42 ira" et je l'ai écrit. Fin de l'histoire. »

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