Vous n'avez pas encore de notification

Page d'accueil

Options d'affichage

Abonné

Actualités

Abonné

Des thèmes sont disponibles :

Thème de baseThème de baseThème sombreThème sombreThème yinyang clairThème yinyang clairThème yinyang sombreThème yinyang sombreThème orange mécanique clairThème orange mécanique clairThème orange mécanique sombreThème orange mécanique sombreThème rose clairThème rose clairThème rose sombreThème rose sombre

Vous n'êtes pas encore INpactien ?

Inscrivez-vous !

Mozilla licencie 250 personnes, la quête de la rentabilité au premier plan

Same old song
Economie 7 min
Mozilla licencie 250 personnes, la quête de la rentabilité au premier plan

Mozilla va licencier 250 personnes, soit un quart de ses effectifs. Une décision prise par Mitchell Baker, quatre mois à peine après sa nomination comme directrice générale de l’entreprise. La crise liée au coronavirus aurait joué un rôle majeur dans la décision.

« Aujourd’hui, nous annonçons une restructuration significative de Mozilla Corporation. Elle renforcera notre capacité à construire et investir dans des produits et services qui donneront aux gens des alternatives aux Big Tech conventionnelles », annonce Mitchell Baker dans un communiqué publié hier soir, à la suite d’un email interne ayant circulé plus tôt dans la journée.

Mais le couperet tombe vite : « Malheureusement, ces changements incluent également une réduction significative d’environ 250 personnes de notre force de travail. Ce sont toutes des personnes d’un calibre professionnel et personnel exceptionnel qui ont accompli d’incroyables contributions à notre identité. À chacune d’entre elles, j’exprime mes sincères remerciements et regrets les plus profonds que nous en soyons arrivés là ».

Cette suppression de 250 postes implique notamment la fermeture des locaux à Taiwan et Taipei. En outre, 60 personnes changeront d’équipe.

La dépendance à Google : éternelle épée de Damoclès

La directrice générale rappelle que les plans de Mozilla pour 2020 avant la crise sanitaire étaient déjà ambitieux : « construire un meilleur internet en créant de nouveaux types de valeurs dans Firefox, investir dans l’innovation et créer de nouveaux produits, et ajuster nos finances pour assurer une stabilité à long terme ».

Puis la phrase-clé : « Les conditions économiques résultant de la pandémie globale ont significativement impacté nos finances ». L’information n’est pas donnée, mais elle est implicite : Mozilla dépend largement de l’accord négocié avec Google, et donc indirectement de la publicité, qui assure 80 à 90 % de ses revenus.

Pour rappel, ce partenariat implique que Google soit le moteur de recherche par défaut du navigateur dans de nombreux pays du monde, à quelques exceptions près. Mozilla lui avait préféré Yahoo en 2014, mais était finalement revenu en arrière trois ans plus tard. Ce qui avait d'ailleurs donné lieu à une bataille judiciaire.

Dans un rapport datant de septembre, on apprenait que les contrats négociés arrivaient à échéance en novembre 2020. Qu'en est-il ? Baker n'a pas évoqué ce point dans ses différentes interventions.

Une réorganisation avec de nouveaux objectifs

« Résultat, notre plan pré-Covid n’est plus réalisable ». Des discussions étaient donc en cours depuis le printemps, suite à la nomination de Mitchell Baker à son poste actuel. Plus une confirmation qu’une nomination d’ailleurs, car elle occupait déjà ce poste par intérim. Durant les derniers mois, de nombreuses pistes auraient été explorées, « y compris la probabilité de licenciements ».

« Mais pour aller plus loin, nous devons nous organiser pour penser à un monde différent. Pour imaginer que la technologie sera encore plus embarquée qu’elle ne l’est actuellement, et nous voulons que cette technologie ait des caractéristiques et valeurs différentes de ce que nous vivons aujourd’hui », enchaine Baker.

« Nous serons donc désormais plus petits. Nous allons également nous organiser très différemment, en agissant plus rapidement et agilement. Nous expérimenterons davantage. Nous nous ajusterons plus vite. Nous nous joindrons à nos alliés en-dehors de notre organisation plus souvent et plus efficacement. Nous rencontrerons les gens où ils seront. […] Nous rejoindrons et construirons avec tous ceux qui cherchent l’ouverture, la décence, la responsabilisation et le bien commun dans la vie en ligne ». Tout un programme.

La société Mozilla – la fondation ne change pas – va donc être réorganisée selon cinq principes :

  1. Nouvelle focalisation sur les produits : Mozilla veut une grande variété de produits à terme, mais avec une orientation spécifique. L’entreprise d’abord veut se concentrer sur ceux qui « réduisent les préjudices et s’occupent du genre de problèmes auxquels les gens font face aujourd’hui ». Aucune précision, mais il y a fort à parier qu’ils auront un lien avec la vie privée et la sécurité.
  2. Nouvel état d’esprit : Internet étant devenu « LA plateforme », Mozilla en apprécie les nombreuses caractéristiques, dont la décentralisation ou l’open source qui en assure souvent les fondations. Mais Baker estime qu’il est temps de passer d’un état d’esprit défensif à un autre, « proactif, curieux et engagé avec les gens là-dehors ». « Nous deviendrons l’organisation moderne que nous ambitionnons », assure-t-elle.
  3. Nouvel accent sur la technologie : Mozilla se définit comme un acteur technique majeur du mouvement activiste sur internet et compte bien le rester. Elle souhaite cependant s’étendre au-delà du pur web, vers des technologies comme Wasmtime ou la vision qu’a la Bytecode Alliance des nanoprocessus. Elle estime que ses capacités y ont un rôle à jouer.
  4. Nouveau rapprochement avec la communauté : Voilà probablement l’un des points les plus intéressants, car il suppose un changement dans la manière dont la communauté est considérée. « Nous avons besoin d’aller plus loin et de penser différemment à la communauté. Nous devons nous ouvrir de plus en plus à l’idée de rejoindre les autres dans LEURS missions, pour contribuer à un meilleurs Internet qu’ILS construisent ». En somme, ne plus considérer la communauté uniquement comme vecteur d’aide pour ses propres projets.
  5. Nouvel accent sur les finances : Mozilla reconnait « que l’ancien modèle où tout était gratuit a des conséquences ». L’entreprise va donc explorer de nouvelles opportunités. Plusieurs questions sont posées, dont la balance entre protection des internautes et opportunités commerciales, et surtout celle entre bénéfices public et privés, les deux n’étant pas comptabilisés de la même manière. En filigrane bien sûr, on devine l’ombre de Google, dont Mozilla veut plus que jamais se débarrasser.

Ce point reste capital, puisqu'une plus grande indépendance financière aurait peut-être permis à Mozilla de limiter les licenciements, voire de ne pas en avoir besoin. C'est ce qui explique en partie le lancement de partenariats autour de solutions payantes comme le VPN ou l'abonnement pour une presse sans publicité.

Un avenir à risques

La position de Mozilla a toujours été complexe, mais la crise actuelle apporte une couche supplémentaire. La mission de Mitchell Baker est d’autant plus difficile qu’il faut galvaniser les troupes dans un contexte de départs et de structure à revoir. Un climat d’incertitude souvent peu propice à la motivation.

Mais beaucoup seront sans doute rassurés de savoir que Mitchell Baker, dans l’email envoyé aux employés, précisait qu’une part importante des efforts serait dirigée vers la croissance de Firefox. Une réattribution des ressources, au détriment d’autres types de produit comme les outils internes ou pour les développeurs.

Il existe une crainte également que Mozilla finisse par abandonner son moteur Gecko au profit de Chromium, tant la lutte est intense. Firefox est aujourd’hui le seul navigateur d’importance à se tenir entre Chromium et l’hégémonie, WebKit (Safari) partageant de nombreuses similitudes avec Blink (qui en est un fork).

Mais au vu des travaux depuis le projet Quantum, il y a peu de chances, du moins pour l’instant. La dette technique de Firefox s’est largement réduite, et l’arrivée prochaine de la nouvelle version pour Android montre à quel point Mozilla peut réussir sur le terrain des performances.

Le vrai défi n’a cependant pas changé : en finir avec la dépendance à Google. Mitchell Baker n’en parle pas directement, mais le laisse entendre. Elle ne rejette pas non plus la faute sur le coronavirus, soulignant que « le Covid-19 a accéléré le besoin et amplifié la profondeur des changements [nécessaires] ».

Mais comment négocier efficacement quand le poids de l’entreprise diminue ? Quand le dernier accord avec Google a été signé en novembre 2017, la part de marché de Firefox était de 11,4 % selon NetMarketShare. Elle est aujourd’hui de 7,8 % selon la même source, préservant sa place de deuxième navigateur le plus utilisé (derrière Chrome) mais progressivement talonné par Edge. Dans l’univers mobile, sa part de marché est inférieure à 1 %. 

Mozilla va se retrouver à un carrefour peu évident : renégocier un nouveau contrat avec Google ou s’assurer d’avoir rapidement des rentrées d’argent pour ne plus en avoir besoin. Or, les initiatives comme Mozilla VPN sont encore très rares et débutent seulement, sans parler de sa limitation à certains marchés pour l’instant (États-Unis, Royaume-Uni, Canada, Nouvelle-Zélande, Singapour et Malaisie).

Toute la question est là pour Mitchell Baker, qui l’exprime de différentes manières dans les cinq nouveaux principes : comment rentabiliser le savoir-faire de Mozilla ? La voie la plus « évidente » serait de proposer un nombre croissant d’outils et services payants, rassemblés dans un pack « Firefox Premium ». Promu comme un chevalier blanc de la vie privée, qui ne serait plus dans la fameuse « défense » citée par Baker, mais plus proactif.

Reste à savoir quoi, et comment. Surtout que même sur ce terrain, la concurrence est rude. Tous les navigateurs ou presque multiplient les solutions (gratuites) en matière de vie privée. Certains s'en sont fait une spécialité, comme Brave qui a déjà mis en place de nombreuses briques de son modèle économique.

66 commentaires
Avatar de Soriatane Abonné
Avatar de SoriataneSoriatane- 12/08/20 à 13:30:42

Rien sur Thunderbird ??

Avatar de David_L Équipe
Avatar de David_LDavid_L- 12/08/20 à 13:33:03
Soriatane

On en a parlé récemment mais les entités touchées par les licenciements n'ont pas été précisées.

Avatar de durthu Abonné
Avatar de durthudurthu- 12/08/20 à 13:37:04

J'aurais bien aimé avoir des news de Thunderbird aussi.

Je fais un don récurrent depuis quelques mois à Mozilla, c'est pas le moment d'arrêter :transpi:

Avatar de gileri Abonné
Avatar de gilerigileri- 12/08/20 à 13:50:39
durthu

Quand la CEO se fait payer $2.5M, ça fait un peu râler de donner :'(

Avatar de Jarodd Abonné
Avatar de JaroddJarodd- 12/08/20 à 14:12:10

En lisant les 5 principes, j'ai cru qu'ils allaient lancer un Firefox OS :roll: #OhWait

Je suis assez pessimiste sur l'avenir de Mozilla. Ca fait des années qu'on parle de cette dépendance à Google, et à l'époque Firefox était bien plus utilisé. Je doute que des nouveaux services rapportent assez pour palier la baisse des revenus venant de Google : ils concernent surtout les technophiles, les défenseurs de la vie privée. Le grand public ne s'y intéressera pas, surtout si c'est payant : "Chrome est meilleur, et gratuit !". Il peut y avoir de gros dons, mais ce n'est pas une rentrée d'argent pérenne à long terme. Il faudrait un gros scandale venant de Google pour réveiller les foules, mais quand on voit ce qu'il s'est passé après Cambrige Analytica pour Facebook, il n'y a guère d'espoir...

Reste que Firefox ne mourra pas, étant open-source. Mais si Mozilla n'est plus derrière, il finira par être utilisé uniquement par ses geeks fans, et ne pourra pas suivre les évolutions techniques.

Avatar de Obidoub Abonné
Avatar de ObidoubObidoub- 12/08/20 à 14:29:41

[quote]Mozilla va licencier 250 personnes, soit un quart de ses effectifs.[/quote]
1000 personnes pour un navigateur ? :fou:

Avatar de Vaark INpactien
Avatar de VaarkVaark- 12/08/20 à 14:42:17

C'est vraiment déprimant comme info...

J'utilise FF depuis la version 2.0 et y suis resté fidèle malgré les mauvaises décisions prises et les compromis passés avec Satan Alphabet et d'autres.
J'ai un peu boudé le passage à Australis et ai préféré flirter un peu avec Pale Moon mais j'ai fini par y revenir car j'ai trop de problèmes avec le navigateur de MoonChild.

En tout cas, depuis l'apparition de Chrome, je vois les PDM de Firefox se réduire davantage chaque année et je ne comprends vraiment pas.

Firefox fonctionne "bien", n'est pas sensiblement plus lent qu'un autre, ne consomme pas sensiblement plus de ram, n'empêche l'accès à aucun type de contenu (pour peu qu'on ait autorisé cet accès), est bcp plus personnalisable, a une énorme userbase et une éthique rare et les gens... préfèrent Chrome ?

Je ne sais pas comment fonctionne Moz en interne, mais quand on voir la CEO être effectivement payée 2.5 millions de dollars en un an par la fondation (merci Gileri), ça fait sacrément grincer des dents. Peut-être qu'ils ne devraient pas virer 250 personnes mais plutôt virer Mitchell et ils feront des économies "de dingue". En tout cas, j'arrête définitivement de donner. Je ne gagne même pas 20k euros par an donc s'ils ont besoin de ronds, ils n'ont qu'à la ponctionner elle.

Franchement, ces partenariats dégueulasses avec Google me navraient vraiment mais je me disais que c'était là leur seul moyen de subsistance et ne voyais pas d'autre approche pour subsister, hors financement public. A moins de percevoir plus de subventions d'États, ce qui n'a pas l'air d'être à l'ordre du jour. Là je découvre qu'ils ont assez pour qu'elle puisse se payer un Airbus, ils ont ouvert la porte aux DRM depuis quelques années, ils font des partenariats avec des boites fort peu recommandables, ont lâché puis repris (pour le moment) Thunderbird...

Finalement, ce ne serait peut-être pas si mal que la boite disparaisse puisqu'elle a prouvé à de nombreuses reprises son inconstance et que le navigateur soit repris par la commu. Il accusera chaque année un peu plus de retard, mais au moins on pourra garder un truc relativement safe, auditable et utilisable gratuitement...

Jarodd a écrit :

En lisant les 5 principes, j'ai cru qu'ils allaient lancer un Firefox OS :roll: #OhWait

J'dois être le dernier à n'avoir qu'un seul téléphone et qui tourne sur FF OS.
Bah, payé 60 balles neuf à sa sortie, il fonctionne encore très bien six ans après, batterie comprise, mais c'est quand même vraiment de la daube.
La moitié des appli préinstallées étaient le résultats de partenariats (genre une appli facebook, une appli Google...) et pas du tout dans l'esprit qu'est censé être celui de Mozilla, sans compter qu'il a été boudé par les développeurs. Du coup il ne me sert qu'à téléphoner, envoyer des SMS et comme réveil matin. C'est tout ce que je demande à un téléphone, et à ce prix là avec sa longévité, je n'ai pas grand chose y redire, finalement.

Avatar de fred131 INpactien
Avatar de fred131fred131- 12/08/20 à 14:46:42

Taïwan comme lieu principal de fermeture de locaux et suppressions de personnels, c'est peut être aussi lié à la situation géopolitique. Les chinois mettent une pression d'enfer pour réunir "la province rebelle" au continent. Et après une certaine ambiguïté le pouvoir de Taïwan penche de plus en plus vers la totale indépendance.

Du coup, la Chine menace de plus en plus Taïwan d'une action militaire. A première vue ils pensent qu'il y a un créneau lors de l'élection présidentielle des USA. Les ricains viennent d'envoyer deux portes-avions en face de la Chine et juste à coté de Taïwan. C'est le plus gros déploiement depuis longtemps. Et les grandes usines Taïwanaises sur le continent ferment les unes après les autres devant les sanctions américaines contre la Chine.
Bref ça chauffe...

Avatar de durthu Abonné
Avatar de durthudurthu- 12/08/20 à 14:51:24
Vaark

Je suis un peu comme toi circonspect sur la baisse de part de marché de Firefox. Je l’utilise depuis la 1.0 et je ne l'ai jamais trouvé aussi bon.
J'installe Firefox un peu partout quand je le peux mais j'ai l'impression que les gens ne savent pas ce qu'est un navigateur internet.

Est ce que Chrome étant installé d'office sur les terminaux Android permet d'augmenter l'adhésion sur PC ?

Avatar de la_poigne Abonné
Avatar de la_poignela_poigne- 12/08/20 à 14:54:07

Vaark a écrit :

En tout cas, depuis l'apparition de Chrome, je vois les PDM de Firefox se réduire davantage chaque année et je ne comprends vraiment pas.

Firefox fonctionne "bien", n'est pas sensiblement plus lent qu'un autre, ne consomme pas sensiblement plus de ram, n'empêche l'accès à aucun type de contenu (pour peu qu'on ait autorisé cet accès), est bcp plus personnalisable, a une énorme userbase et une éthique rare et les gens... préfèrent Chrome ?

Chrome s'installe et se met en navigateur par défaut avec des installeurs pourris où il faut bien décocher les petites cases !
Du coup beaucoup de personnes l'utilisent sans même le savoir (ma femme par exemple).
Il y a la même chose avec Edge qui se met par défaut lors d'une mise à jours Windows.
Si on est pas technophile on subit le logiciel par défaut et ça fait beaucoup de parts de marché :(

Il n'est plus possible de commenter cette actualité.
Page 1 / 7
  • Introduction
  • La dépendance à Google : éternelle épée de Damoclès
  • Une réorganisation avec de nouveaux objectifs
  • Un avenir à risques
S'abonner à partir de 3,75 €