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Recherche de la vie sur Mars : ExoMars encore repoussée de deux ans

Mars a-t-elle fermé ses frontières ?
Tech 6 min
Recherche de la vie sur Mars : ExoMars encore repoussée de deux ans
Crédits : Thales/ESA

Les annulations et reports n’en finissent pas de tomber à cause du coronavirus (Covid-19). C’est aujourd’hui l’ESA qui évoque cet argument pour expliquer, au moins en partie, sa décision de reporter ExoMars de deux ans. Des tests doivent encore être réalisés, notamment sur les parachutes. Le directeur de l’ESA ne veut « aucune marge d’erreur ».

Il y a un peu plus de deux semaines, l’Agence spatiale européenne (ESA) annonçait une réunion entre certains de ses dirigeants et de l’entreprise spatiale publique russe Roskosmos. Les deux partenaires devaient se rencontrer aujourd'hui pour évoquer « l’état d’avancement du projet ExoMars et de sa préparation au lancement ».

Pour rappel, l’objectif principal de cette mission est de « déterminer la présence d’une vie sur Mars et mieux comprendre l’histoire de l’eau sur la planète ». C’est également celui de Mars 2020 mené par la NASA avec la collaboration du CNES.

Et voici ExoMars 2018, 2020 et enfin 2022 

Lors de la réunion d’aujourd’hui, les dirigeants des deux organisations devaient « convenir des prochaines étapes » de leur projet. Le couperet est finalement tombé : à quelques mois de son lancement, ExoMars est repoussée… encore une fois. 

Jan Wörner et Dmitri Rogozine (respectivement directeur général de l’ESA et de Roskosmos) parlent d’une « décision difficile, mais mûrement réfléchie ». Ce n’est pas forcément une surprise. Si l’Agence spatiale européenne pointe du doigt la pandémie de Covid-19, d‘autres grains de sable sont venus gripper les rouages.

Notamment les parachutes de l’atterrisseur qui posent toujours soucis. Et pour ne rien arranger, en raison des mouvements des planètes, les lancements vers Mars ne peuvent se faire dans de bonnes conditions que tous les deux ans, quand elle est suffisamment proche de la Terre. De 2020, on passe donc directement à 2022. 

Covid-19 n’est pas la seule cause

C’est dans l’air du temps. Les deux partenaires expliquent que ce retard est notamment dû à « des circonstances de force majeure liées à l’aggravation de la situation épidémiologique en Europe ». La pandémie de Covid-19 limite ainsi « considérablement les possibilités pour [les] experts de se rendre sur les sites de[s] partenaires » de l’ESA et de Roskosmos, ce qui a compromis la préparation de la « phase finale des activités ExoMars ».

Cette décision de report découle aussi de recommandations des inspecteurs généraux européens et russes : ils ont en effet « convenus de la nécessité d’un délai supplémentaire afin de mener à bien les essais destinés à vérifier que tous les éléments du véhicule spatial soient au point pour l’aventure martienne », sans donner plus de détails sur les points à vérifier.

Dmitri Rogozine, directeur général de Roskosmos, ajoute que cette décision est « principalement motivée par la nécessité d’optimiser la fiabilité de tous les systèmes d’ExoMars ». Il est notamment question de « soumettre le satellite à de nouveaux essais après intégration du matériel et des logiciels finaux ». Alors que la fenêtre de lancement approchait à grands pas – elle était prévue sur les mois de juillet et août – le délai était visiblement trop court pour terminer l’ensemble des opérations, d’autant plus avec les restrictions liées à la pandémie.

Pourtant, tout était bien engagé : « Le matériel de vol d’ExoMars a été intégré au satellite en vue de son lancement. L’ensemble de ses 13 instruments scientifiques ont été montés sur la plateforme d’atterrissage Kazatchok ; le robot mobile Rosalind Franklin et ses 9 instruments ont récemment passé avec succès les derniers essais thermiques et sous vide en France ».

Le souci avec les parachutes n’est toujours pas définitivement réglé

L’Agence spatiale européenne revient très brièvement sur le cas des parachutes, qui sont pourtant la cause de nombreux soucis pour les équipes de la mission.  En août 2019, l’ESA se retrouvait en effet dos au mur après deux échecs successifs sur les tests durant lesquels les voilures des deux parachutes principaux ont été endommagées.

En octobre, des avancées positives étaient annoncées par l’équipe en charge du projet, avec des modifications sur les sacs des parachutes. Les changements doivent par contre être validés par un test en haute altitude, qui doit se dérouler entre janvier et mars de cette année… et qui n’a toujours pas été effectué.

L’ESA affirme par contre que « les parachutes principaux sont prêts pour les deux derniers essais de chute à haute altitude, qui seront réalisés en mars, dans l’Oregon (États-Unis) ». Il y a dans tous les cas moins de pression sur le résultat des tests. En cas d’échec, il restera encore deux ans pour trouver une solution.

ExoMars 2020
Oui, il y a bien quatre parachutes différents pour ralentir la chute du rover

Jan Wörner ne veut « aucune marge d’erreur »…

Jan Wörner, directeur de l’ESA, résume ainsi la situation : « Nous voulons nous assurer que nous sommes parfaitement prêts à mener à bien cette mission et nous ne nous accordons aucune marge d’erreur. Ces activités de vérification supplémentaires garantiront le bon déroulement du voyage et, une fois sur Mars, les meilleurs résultats scientifiques possible ».

Après l’échec partiel d’ExoMars 2016, l’ESA n’a plus vraiment le droit de se tromper… Quoi qu’il en soit, la fenêtre de tir pour la seconde partie d’ExoMars se situe entre août et octobre 2022. 

Second report de deux ans, quatre ans de retard

Si l’ESA se garde bien d’en parler dans son communiqué, c’est tout de même le second report de cette mission, soit quatre ans de retard au total. En mai 2016, l’Agence expliquait que « les experts russes et européens ont travaillé sans relâche pour que cette mission puisse être lancée en 2018 comme le prévoyait le calendrier initial ».

Las, « Après avoir examiné tous les scénarios proposés pour assurer la réussite de la mission, le JESB [Comité directeur ExoMars conjoint, ndlr] a conclu que, compte tenu des retards pris par les activités industrielles européennes et russes, ainsi que par les livraisons relatives à la charge utile scientifique, la meilleure solution consiste à reporter le lancement à 2020 ». 

Quid du lanceur Proton ?

Pour rappel, certains scientifiques s’inquiète également du lanceur Proton qui se chargera d’envoyer tout ce petit monde dans l’espace : « ce qui nous fait un peu peur, c’est la partie russe qui doit poser le rover sur Mars », lâchait Francis Rocard, astrophysicien responsable des programmes d'exploration du Système solaire au CNES, lors d'une conférence de presse.

Ce, peu de temps après l'explosion du dernier étage du lanceur Proton en 2016. Pour le moment, rien n’indique qu’il y aura des modifications sur ce point. Quoi qu’il en soit, cela ne change pour le moment rien pour la mission Mars 2020 de la NASA qui doit toujours décoller en juillet/août avec le rover Perseverance (fraîchement baptisé par la NASA) à son bord.

Pour rappel, celui-ci partage une grosse base technique avec le rover Curiosity, mais il est équipé de l’instrument SuperCam, une version améliorée de ChemCam (sur Curiosity). Si ce sujet vous intéresse, nous avions consacré un dossier complet sur les différentes missions d’exploration et de recherche de la vie sur Mars : 

7 commentaires
Avatar de Vilainkrauko Abonné
Avatar de VilainkraukoVilainkrauko- 12/03/20 à 15:41:26

Ils ont peur du covid-19 ? Ils ont peur que le virus survive a un voyage spatial et contamine les martiens ? :transpi:

Avatar de spidermoon Abonné
Avatar de spidermoonspidermoon- 12/03/20 à 20:00:04

Un coup de barre, mars et ça repart...ou pas :transpi:

Avatar de Ami-Kuns INpactien
Avatar de Ami-KunsAmi-Kuns- 12/03/20 à 20:54:52

Ils doivent avoir lu terraformars.:transpi:

Avatar de xapon Abonné
Avatar de xaponxapon- 12/03/20 à 21:48:21

Pour le lancement, nous ferions mieux d'utiliser un autre lanceur que le Proton. Une Ariane 64 fera probablement l'affaire en 2022.
 

Avatar de Commentaire_supprime Abonné
Avatar de Commentaire_supprimeCommentaire_supprime- 12/03/20 à 22:08:05

xapon a écrit :

Pour le lancement, nous ferions mieux d'utiliser un autre lanceur que le Proton. Une Ariane 64 fera probablement l'affaire en 2022.

  1. Pas assez rodée à cette date pour des missions interplanétaires, il faut plusieurs tirs pour pouvoir juger de sa fiabilité. Or, aucune Ariane 6 n'a encore volé à ce jour.

  2. Il faudrait refaire à zéro l'intégration de la sonde en tant que charge utile avec une autre fusée, et probablement revoir une bonne partie de sa conception.

Avatar de alain_du_lac Abonné
Avatar de alain_du_lacalain_du_lac- 14/03/20 à 10:09:56

Comment dépenser de l'argent public en pure perte !!! (Quel intérêt à chercher des traces de vie sur une planète qui n'a jamais été habitée et ne le sera jamais ?)
C'est juste le lobby du spatial qui cherche des financements 😁

Avatar de Patch INpactien
Avatar de PatchPatch- 14/03/20 à 16:35:12

alain_du_lac a écrit :

Comment dépenser de l'argent public en pure perte !!! (Quel intérêt à chercher des traces de vie sur une planète qui n'a jamais été habitée et ne le sera jamais ?)
C'est juste le lobby du spatial qui cherche des financements 😁

Enormément de nouvelles technologies proviennent de la recherche spatiale (dont au hasard, la couverture de survie et le four à micro-ondes). Donc non c'est tout sauf en pure perte, surtout que ca permet aussi de mieux connaître notre univers.

Édité par Patch le 14/03/2020 à 16:35
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