Le scan 3D du Penseur de Rodin est un document administratif communicable

Rodin des bois 60
image dediée
Crédits : davidf/iStock
Justice
Marc Rees

En mars 2019, la justice a estimé que l’interdiction de photographier les expositions temporaires au Louvre était aussi légale que justifiée. Un nouveau bras de fer concerne cette fois les données 3D issues des sculptures du musée Rodin. La commission d’accès aux documents administratifs considère ces informations parfaitement communicables.

Depuis des années, l’artiste multimédia et entrepreneur Cosmo Wenman mène une bataille : libérer les œuvres numérisées en 3D par les musées, pour les rendre accessibles au public, avec au loin, une multitude d’applications à envisager : support de recherche, adaptations, copies, accessibilité pour les personnes non voyantes, etc. Il a ouvert pour sa part une boutique Etsy où il vend les reproductions nées de ces nuages tridimensionnels.  

En juin 2014, une annonce du Baltimore Museum of Art (BMA) titille son intérêt. L’établissement promet non sans fierté la mise à disposition prochaine de leur scan du Penseur de Rodin. « Ce sera la première fois que nous mettons à disposition un scan 3D d’un œuvre du BMA et sommes impatients de voir comment cela pourrait être utilisé par les chercheurs et le public du monde entier » s’enorgueillit le BAM.

Mais les mois et même les années passent, sans que ce nuage de points 3D ne soit disséminé. En juin 2017, Cosmo Wenman réclame au musée une copie de ces fichiers. S’en suit un long échange de courriers où l’établissement l’invite au bout du compte à se retourner vers le musée Rodin.

Pour comprendre pourquoi, il suffit de lire la page juridique du musée français consacrée à cette collection. « Par trois donations des 1er avril, 13 septembre et 25 octobre 1916, acceptées par la loi du 22 décembre 1916, Auguste Rodin a fait donation à l’État français de l’ensemble de son œuvre ainsi que des droits de propriété artistique y afférents ».

Le musée a été ensuite investi « de la qualité d’ayant droit de Rodin au sens des dispositions légales sur la propriété littéraire et artistique ». Et en vertu d’un décret du 2 février 1993, il s’est vu confier la noble mission de « faire connaître l’œuvre de Rodin et de faire respecter le droit moral qui y est attaché ».

De marbre, le musée Rodin refuse la transmission des données 3D

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