iOS 12 : les nouveautés d’un système en quête de réconciliation

Une vraie session de rattrapage 33
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OS TEST
Vincent Hermann

Dans quelques jours, iOS 12 sera disponible pour les appareils compatibles. Une mouture qui sort de l’ordinaire, avec moins de nouveautés fonctionnelles. Pour une fois, les priorités d’Apple semblent être ailleurs. Un problème ? Pas nécessairement.

À chaque année, sa version majeure d'iOS. Avec, comme tout système d’exploitation orienté grand public, le besoin constant de nouveauté pour entretenir la flamme. À la manière du nombre d’applications dans une boutique, l’important n’est plus tant que les utilisateurs se servent réellement de ces apports qu’ils aient le sentiment d’une avancée constante.

Le neuf fait irrémédiablement parler, surtout quand on est Apple : le monde entier regarde, comme si la Pomme était la boussole indiquant sans faille le nord de l’innovation. Au risque de se perdre en chemin, car si les fonctionnalités se sont bel et bien enchainées, il a fallu en payer le prix.

La société a ainsi dû à plusieurs reprises repousser des ajouts promis plus tôt, dont les Messages dans iCloud et AirPlay 2. Beaucoup plus dangereux, les mises à jour successives sont devenues synonymes d’appareils ralentis, de chute de la fiabilité et de problèmes en tous genres.

Pour une entreprise se targuant d’une très faible fragmentation, la planche est savonneuse. iOS 12 rompt donc avec la tradition : moins de changements, davantage de travail sur le fond. La différence se voit-elle ? Oui, sur les deux aspects.

Performances : iOS 12 est-il vraiment plus rapide ?

Lors de présentation d’iOS 12 en juin dernier, Apple a confirmé des rumeurs tenaces qui circulaient depuis plusieurs mois : une partie des nouveautés était reportée sur iOS 13, l’éditeur souhaitant se concentrer sur les bases techniques de son système, avec à la clé de meilleures performances.

Verdict ? Le travail effectué ne fait aucun doute, sans que le résultat soit exceptionnel. Les optimisations sont visibles sur la plupart des opérations. Le système démarre plus vite, les applications se lancent un peu plus rapidement et diverses zones – en particulier le centre de contrôle l'écran de partage et le clavier – sont bien plus réactives.

Cette hausse générale est déjà perceptible sur un iPhone 8 (et donc un iPhone X puisque le SoC est le même), mais elle se remarque plus aisément sur un appareil plus ancien.

iOS 12 reprend d'ailleurs la même liste de compatibilité que son prédécesseur :

  • iPhone 5s, SE, 6 (Plus), 6s (Plus), 7 (Plus), 8 (Plus) et X
  • iPad 5 et 6
  • iPad Air 1 et 2
  • iPad Pro
  • iPad mini 2,3 et 4
  • iPod Touch de 6e génération

On notera à ce propos que l’iPhone 5s, sorti en 2013, va recevoir sa cinquième version majeure d’iOS, un record de longévité… si tant est que les appareils concernés fonctionnent encore.

Sur un iPhone 6s, sorti il y a presque trois ans, l’arrivée d’iOS 12 a redonné un petit coup de fouet à l’appareil. Pour peu que la batterie usée soit remplacée dans la foulée, le gain est maximisé, d’autant qu’Apple facture toujours 29 euros ce changement jusqu’à la fin de l’année, pour tous les iPhone à partir du 6.

Il n’y pas de contrepartie à cette hausse de performances : tout le système affiche une légère accélération. Mais comme toujours avec ce type de bond, on se demande ce qui a retenu jusqu'ici l'éditeur. Cette « réactivité retrouvée » est en filigrane un aveu que l'optimisation a été jusqu’à présent bâclée, laissant bien des tares s'accumuler. Toutefois, la firme a exagéré pendant sa présentation, en parlant d’une ouverture d’appareil photo jusqu’à 70 % plus rapide. D’après nos constatations, ce chiffre ne repose sur rien.

Le choix d’Apple ressemble finalement à celui fait, il y a quelques années, pour Snow Leopard sur les Mac. En touchant cette fois l’appareil dont sa santé financière dépend tellement, l’entreprise veut probablement jauger la réaction du public : et si le rythme effréné des ajouts ralentissait, au profit d’optimisations plus fréquentes et d’un code plus fiable ?

La fiabilité, justement, est pour l’instant difficile à évaluer. La phase bêta d’iOS 12 a clairement été l’une des plus stables du système mobile, sans déclencher de problèmes majeurs. Certaines applications ont pu planter – un souci classique avec les préversions – mais tout est rentré dans l’ordre depuis. Les retours des utilisateurs après la diffusion de la version finale permettront de s'en assurer.

Un mot enfin au sujet de la batterie : nous n'avons pas observé de différence particulière par rapport à iOS 11.4. Apple avait expliqué qu'iOS 12 répartissait davantage la charge des calculs pour éviter les pics de pleine utilisation du SoC. Sur plusieurs mois de tests, un iPhone qui tenait environ une journée ne va pas plus loin. Le résultat sera peut-être différent pour ceux utilisant souvent des applications lourdes, comme des jeux 3D et la retouche photo/vidéo.

Notifications groupées : il était plus que temps

Si on ne devait retenir que deux points importants pour l’utilisation quotidienne d’iOS 12, ce seraient les meilleures performances et les notifications groupées. Ces dernières, réclamées depuis des années, sont enfin là.

Le principe est simple et connu des utilisateurs Android depuis longtemps. Une application, dès lors qu’elle envoie plus de trois notifications, voit ces dernières groupées sous forme d'une pile. Le résultat est autant visible sur l’écran verrouillé que dans le centre de notifications. Si plusieurs applications émettent des notifications, seules les plus récentes apparaissent déliées, les autres étant systématiquement rassemblées.

iOS 12 notificationsiOS 12 notificationsiOS 12 notifications

Aucune surprise dans le maniement. Pour voir toutes les notifications d’une seule application, on touche la pile, dépliant les vignettes. Chacune dispose de ses propres actions, dont l’effacement et la réponse directe en cas de messagerie. Pour replier les vignettes, on appuie sur le bouton « En afficher moins ». On peut également rejeter toute une pile par un glissement vers la gauche, puis en appuyant sur « Tout effacer ».

Le fonctionnement est si évident qu’on se demande, encore une fois, pourquoi il n’est pas arrivé plus tôt. C’est un ajout simple, mais qui fluidifie le maniement de l’appareil, en nettoyant le centre de notifications d’une longue liste qui pouvait finir par devenir inexploitable.

De nouveaux outils permettent également de gérer les notifications sans avoir à entrer loin dans les réglages, que ce soit des applications ou des Paramètres d’iOS. Par un glissement vers la gauche, on trouve maintenant le bouton Gérer, qui déverrouille l’accès à deux fonctions : bloquer les messages venant de l’application, ou lui imposer une arrivée silencieuse.

Cette dernière est nouvelle et correspond à un mode Ne pas déranger spécifique à l’application. Si vous l’activez par exemple sur Instagram, toutes les notifications émises par la suite seront bien reçues dans le centre, mais ne feront pas de bruit et n’allumeront pas l’écran. Une sorte de voie du milieu entre le tout et le rien.

Applications intégrées et améliorations diverses

Citons une autre amélioration que l’on aurait aimé voir arriver bien avant : la détection des codes de connexion par SMS. Jusqu'à présent, il fallait vite retenir le code depuis la notification ou, si on ratait le message, aller le consulter puis revenir dans l'application. Désormais, le clavier le détecte automatiquement et propose de le coller dans le champ idoine.

Cette fonction sera reprise – enfin ! – par les gestionnaires de mots de passe, qui pourront dès lors fonctionner comme les extensions classiques des navigateurs de bureau. Une nouvelle API a été mise à disposition des développeurs, en réponse à une demande commune de 1Password, Dashlane et LastPass. Les mises à jour des applications devraient arriver rapidement après la disponibilité d’iOS 12. Là encore, Android autorise ces échanges de données depuis un moment déjà.

Bourse, Dictaphone ou et Actualités reçoivent tous quelques améliorations, notamment pour le premier des graphiques se voulant plus clairs et une plus grande quantité d’informations. Surtout, ces applications sont désormais disponibles sur iPad, comblant l’un de ces retards incompréhensibles dont Apple a le secret.

Notez d’ailleurs qu’en examinant ces applications, on sera peut-être surpris de retrouver des interfaces pratiquement identiques dans macOS Mojave. Ce n’est pas un hasard : Apple travaille actuellement sur le projet Marzipan, qui doit permettre aux applications iOS de fonctionner sur macOS.

Comme nous l’indiquions en juin, il s’agit d’un travail au long cours, et seules des préversions des premières briques seront présentes dans Mojave. Une ou deux années de plus seront nécessaires pour voir des résultats plus concrets.

iOS 12 Bourse DictaphoneiOS 12 Bourse DictaphoneiOS 12 Bourse DictaphoneiOS 12 Bourse Dictaphone

Gestes tactiles : du mieux pour l’iPhone X, l’iPad s’aligne

L’actuel fleuron de la flotte Apple reçoit avec iOS 12 quelques modifications de très bon aloi. À commencer par la fermeture des applications depuis la vue multitâche.

Sans que l’on sache très bien pourquoi, Apple a imposé un appui prolongé sur une application ouverte pour déverrouiller une pastille rouge, qui permettait alors la fermeture. Un maniement lourd, loin de la simple glissade vers le haut des autres appareils. iOS 12 lui redonne donc ce comportement familier.

On note également la désactivation par défaut de la combinaison Volume haut + bouton latéral quand l’écran est éteint. Ce raccourci déclenche habituellement une capture d’écran, mais des utilisateurs se plaignaient de la réaliser trop souvent par inadvertance, Photos se retrouvant alors régulièrement rempli de captures impromptues. Il ne devrait donc plus y avoir de souci quand le téléphone est saisi.

Autre changement, plus important celui-là : l’alignement des gestes tactiles de l’iPad sur ceux de l’iPhone X. Bien que le bouton Accueil fonctionne toujours – et heureusement – revenir à l’écran principal peut se faire en « rejetant » l’application vers le haut, remplaçant ainsi le geste qui affiche traditionnellement le centre de contrôle. Ce dernier, comme pour l’iPhone X, s’appelle par un glissement vers le bas depuis le bord supérieur droit de l’écran.

Ceux qui possèdent à la fois un iPhone X et un iPad trouveront la démarche nettement plus cohérente. Les autres risquent d’avoir plus de mal à s’y faire.

Caméra et applications Photos : du mieux, mais en douceur

Sur la partie photo, iOS 12 ne provoque pas de révolution. Pour les appareils disposant du mode portrait – iPhone 7 Plus, 8 Plus et X – on note un léger mieux dans la détection du visage, avec une meilleure isolation des contours sur l’arrière-plan. Les développeurs pourront d’ailleurs employer une nouvelle API utilisant cette technologie pour leurs applications.

Quant à l’application Photos, elle renforce notablement sa partie recherche. Les suggestions de classement sont beaucoup plus nombreuses. L’analyse des clichés est toujours menée sur le terminal (pas sur un serveur), Photos ajoutant automatiquement des labels. Les utilisateurs ont alors plus de choix quand ils lancent des recherches, notamment via des évènements comme « 14 juillet » ou « fête des lumières ».

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Un nouvel onglet « Pour vous » apparaît aussi, réunissant les albums et autres thématiques prêts à partager. Le partage est d’ailleurs renforcé, avec par exemple une suggestion de contacts avec qui partager les images, surtout s’ils ont été repérés dans les clichés. La fonction se propose d’aider tout spécialement ceux ayant passé des moments en groupe, pour envoyer rapidement aux autres le résultat en images. En outre, les clichés partagés sont désormais en pleine résolution, alors que Photos allégeait avant le poids des fichiers en sacrifiant un peu la qualité.

Le partage autour des évènements peut en outre se faire dans les deux sens. Si deux appareils iOS 12 s’échangent des photos, l’appareil qui les reçoit peut suggérer à son détenteur d’envoyer ses propres clichés du moment, en particulier si son contact y apparaît. Cette fonctionnalité n’est toutefois active que pour iMessage. On aurait aimé qu’une API permette aux développeurs d’importer cette possibilité dans d’autres messageries, comme WhatsApp.

Siri traduit dans une quarantaine de langues

Si on devait trouver une thématique à iOS 12 – outre ses meilleures performances – on pourrait parler d’une série d’outils ayant de fortes chances d’être utilisées très régulièrement. Après les notifications groupées, voici donc les traductions intégrées.

Il suffit de demander à Siri comment dire tel mot dans une autre langue pour que l’assistant réponde à la fois à l’écrit et à l’oral, avec en prime la prononciation à adopter le cas échéant. Cette traduction fonctionne aussi pour des phrases complètes, pratique quand on se retrouve dans une ville étrangère et qu’on cherche un lieu particulier.

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Dans nos essais, Siri a compris sans grande difficulté les requêtes de type « traduis XXX en » pour que la requête soit prise en charge. Certains tests se sont soldés par des échecs, mais passaient une fois la phrase épelée plus distinctement. Parmi la quarantaine de langues prises en charges, toutes les plus courantes sont là, dont le français, l’anglais, l’allemand, l’espagnol, l’italien ou encore le mandarin.

Siri fournit en outre certains résultats sportifs, mais beaucoup sont affiliés aux pratiques anglosaxonnes : baseball, basket, cricket, football, football américain, golf et hockey. D’autres informations, notamment sur la Formule 1 et les courses de type Nascar, doivent arriver plus tard. En football, demander les derniers résultats a permis de sortir le 3-2 de Marseille face à Monaco du dimanche 2 septembre.

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Bien-être numérique : cette fois, c’est parti

Il faudra s’y faire, le bien-être numérique est le nouveau grand dada des grandes entreprises américaines. iOS 12 initie donc une série d’outils qui ambitionnent de guider l’utilisateur dans les méandres d’un piège tout à fait moderne : passer trop de temps sur son téléphone (et plus généralement devant les écrans).

On commence avec un mode Ne pas déranger dopé et plus radical la nuit. Ainsi, non seulement les notifications n’éveilleront pas l’écran et ne feront pas de bruit (ou de vibration) , mais on ne verra aucun message en attente si on consulte l’écran pendant la nuit pour voir l’heure. Le matin, à la coupure automatique ou non du mode, les notifications s’afficheront.

En juin, Apple avait ainsi longuement parlé du stress engendré par l’empilement des notifications pendant la nuit. La société tient à ce que le sommeil ne soit pas perturbé, un créneau où elle n’est bien sûr pas seule. Par ailleurs, l’utilisateur garde le contrôle et peut choisir de rester sur le Ne pas déranger classique. Il peut même ne pas utiliser ce mode du tout.

iOS 12 Temps d'écraniOS 12 Temps d'écraniOS 12 Temps d'écraniOS 12 Temps d'écran

Mais le cœur des fonctions de bien-être est la nouvelle section Temps d’écran, que l’on trouve dans les Réglages. Elle doit être activée volontairement. Elle va alors observer combien de temps l’utilisateur passe sur chaque application, ses habitudes (heures, fréquence…), quelles applications envoient le plus de notifications, etc.

La fonction émettra une fois par semaine un rapport qui doit servir à pointer les activités les plus chronophages. De là, on pourra tirer ses propres conclusions, Temps d’écran n’obligeant à rien.

S’il le souhaite, l’utilisateur pourra définir lui-même des limites. Par exemple, pas plus de 30 min par jour sur les réseaux sociaux et messageries (Facebook, Twitter, Instagram, WhatsApp, Telegram, Signal…). Une fois atteinte, un message avertit l’utilisateur que le temps est écoulé. Sur la grille d’applications, les icônes concernées sont alors grisées et un petit sablier apparaît devant les noms. Lancer Twitter ou Facebook affichera alors un message, tout en proposant de repousser la limite de 15 min, ou de plus en tenir compte pour le reste de la journée.

Plusieurs fonctions enrichissent ce mécanisme, dont un partage des paramètres personnalisés à tous les appareils reliés par le même compte. Surtout, iOS 12 permet d’étendre le parapluie du Temps d’écran à l’ensemble de la famille, en liant la fonction à celles du contrôles parental.

Deux grosses différences toutefois pour les enfants. D’une part, les temps définis par les parents ne pourront pas être repoussés par les enfants. Quand c’est fini, c’est fini. D’autre part, ces temps pourront être choisis par application, et non plus simplement par catégories, même si ces dernières restent disponibles.

Par exemple, on pourra limiter à une demi-heure le temps sur Facebook, sans toucher à WhatsApp si ce dernier sert de messagerie principale. On aurait aimé que cette granularité soit disponible pour les adultes.

Pas assez d’Animojis ? En voici d'autres, et des Memojis en prime

Les Animojis, ces têtes d’animaux que l’on peut animer grâce à la caméra avant de l’iPhone X, sont maintenant plus nombreux. Le fantôme, le koala, le tigre et le T-rex rejoignent ainsi le casting.

À ces nouveaux venus viennent s’ajouter les Memojis. Plus d’animaux cette fois : on crée un avatar virtuel, qui va s’animer de la même manière. La fonction rappelle largement les Miis de Nintendo, avec une épaisse galerie pour choisir les différents traits physiques, dont la forme et la couleur des yeux, la coupe et la couleur des cheveux, les accessoires, la couleur de peau, une éventuelle pilosité et ainsi de suite.

Les Animojis peuvent être envoyés pour de courts messages comme les Animojis, la durée des clips passant d’ailleurs de 10 à 30 secondes. Ils prendront aussi place dans le FaceTime de groupe… quand la fonction sera disponible, puisqu’elle est finalement repoussée. Elle devait permettre des sessions vidéo jusqu’à 32 personnes, chacune pouvant remplacer sa tête par un Animoji ou un Memoji. Apple en avait pourtant fait la démonstration en juin dernier, sans souci particulier.

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Raccourcis Siri : un potentiel difficile à tester pour l’instant

On peut déjà se servir de Siri pour effectuer des actions, mais uniquement via les fonctions internes d’iOS et quelques autres pour les messageries. Apple veut élargir ce système avec les Raccourcis. Objectif général : permettre de déclencher des actions plus complexes dans les applications tierces, via des phrases enregistrées.

La ressemblance avec IFTTT n'est pas fortuite.  Vous avez un porte-clé connecté capable de biper quand vous le cherchez ? Un « J’ai perdu mes clés » à Siri pourra l’activer. Idem pour obtenir des informations sur votre prochain vol, des confirmations de rendez-vous, le lancement d’une liste de lecture, l’envoi d’un message dans des conditions précises, etc.

Les capacités des Raccourcis dépendent des développeurs tiers, expliquant pourquoi il n’est pas possible pour l’instant de mettre la main dessus. Il faut être en effet développeur et s’inscrire via TestFlight pour s’essayer aux nouvelles API.

L’interface côté client est bien entendu déjà présente, mais elle se limite à ce que savait déjà faire Siri : envoyer un message classique ou via une application compatible, déclencher un minuteur, envoyer un email, afficher un itinéraire particulier, ouvrir un album Photos, déclencher un enregistrement vocal, etc.

La différence est que l’utilisateur définit l’action puis la phrase qui la déclenchera. Par exemple, énoncer son adresse pour ouvrir Waze et calculer l'itinéraire de retour chez soi, quel que soit l'endroit où l'on est. Il faudra donc attendre quelques semaines ou mois pour que les applications compatibles se multiplient. On pourra alors refaire le point sur les possibilités, surtout face à Android Pie proposant le même type de fonction, via Google Assistant.

Enfin, Siri est capable de faire quelques recommandations simples, basées sur l'activité de l'appareil. Vous avez manqué un appel mais ne vous en rappelez plus ? L'assistant va vous suggérer de rappeler, d'autant plus si c'est un contact fréquent.

De  même, Siri peut recommander une conversation semblant inachevée dans Messages, ou la consultation d'un album à partir des derniers clichés réalisés. D'autres suggestions peuvent apparaître quand on tire l'écran d'accueil vers le bas pour lancer une recherche. Les iPhone 5s et 6 (Plus) sont cependant exempts de cette fonctionnalité.

Réalité augmentée : ARKit passe la deuxième, une application pour les mesurer tous

iOS 12 inaugure ARKit 2. Comme toujours avec les infrastructures de réalité augmentée, la nouvelle mouture apporte notamment une plus grande précision dans les mesures effectuées par les caméras.

Mais la plus grosse nouveauté dépendra, une fois de plus, des éditeurs tiers. Le kit autorise en effet les expériences partagées, largement démontrées en juin. Un même jeu peut ainsi relier les réalités augmentées de plusieurs personnes, afin qu’elles puissent observer les mêmes évènements de manière synchronisées.

En clair, on attend des titres capables de rassembler plusieurs joueurs dans la même pièce, qui pourront alors interagir avec les mêmes objets virtuels. LEGO avait fait la démonstration d’un jeu prenant en charge jusqu’à quatre personnes et permettant de construire à plusieurs une ville sur une simple table.

iOS 12 fournit également une application qui aura un impact plus pratique au quotidien : Mesures. Elle prend à contrepied les applications tierces qui existaient depuis l’avènement d’ARKit en offrant un outil de mesure des surfaces et volumes.

Le principe d’utilisation est d’ailleurs commun : le viseur central peut s’accrocher à un angle, puis on le déplace le long d’une arrête. Mesures permet également de reconnaître automatiquement des surfaces, par exemple une table ou un carreau, puis d’en afficher les dimensions.

Les chiffres sont assez précis, mais des variations de quelques centimètres peuvent bien sûr apparaître. L’outil reste néanmoins assez fiable pour donner une bonne idée des dimensions d’un objet. Pratique par exemple dans le cas d’une photo que l’on veut faire encadrer pour savoir quoi acheter.

iOS 12 Mesures ARKitiOS 12 Mesures ARKitiOS 12 Mesures ARKitiOS 12 Mesures ARKit

Mesures repose sur ARKit 2 mais propose sa propre API, utilisable dans les applications tierces. Les développeurs vont donc pouvoir l'appeler, et exporter les données dans un format conçu pour l’occasion : USDZ. Créé en partenariat avec Pixar et supporté par Adobe, il doit permettre l’échange de données entre les applications compatibles : géométrie, ombres, déformation du squelette, séparation des opérations utilisateur, instanciation ou encore environnement sonore.

Aux yeux d’Apple et Pixar, le format doit mener à une explosion des usages de réalité augmentée. Un magasin de meubles pourra ainsi proposer ses références sous formes d’objets USDZ, l’application ou le navigateur autorisant alors l’ouverture de l’appareil photo pour les placer dans son salon. Le principe n’est pas neuf, mais la facilité à faire circuler les données pourrait changer la donne. À voir donc.

iOS 12, un bien meilleur cru que le précédent

Il est probable que le nouveau système plaise davantage que la version précédente, voire les versions. Apple ne réinvente certes pas la roue, mais un système qui ne ralentit pas les appareils aurait déjà été un bon point. Alors un bonus de performances sera d’autant plus appréciable.

La plupart des changements visibles n’ont par ailleurs rien de révolutionnaire. En fait, ils rattrapent même un retard d’iOS face à Android sur des fonctions comme les notifications groupées. Mais un utilisateur d’iPhone n’a en général que faire de ce type de considération et appréciera forcément ces apports, utiles au quotidien.

iOS 12 est donc un bon cru, apportant des fonctions utiles et présentant finalement un avantage sur ses prédécesseurs : il ne devrait pas faire peur. C’est l’un des plus gros dangers actuellement pour Apple, les versions d’iOS ayant acquis la réputation de ralentir petit à petit les smartphones. Si l’entreprise tient à garder une faible fragmentation (iOS 11.4 est actuellement sur 85 % des appareils compatibles), il vaut mieux que les utilisateurs ne craignent pas les mises à jour.

Deux questions se posent maintenant. D’une part, ce travail sur les performances sera-t-il désormais une constante pour les versions ultérieures ? On l’espère vivement, par respect de l’utilisateur. D’autre part, iOS 13 ira-t-il plus loin ? Il y a de grandes chances, les rumeurs évoquant notamment une révision – au moins partielle – de l’interface, surtout de l’écran d’accueil. Les applications Appareil photo et Mail feraient également partie du lot.

Notez qu’à l’heure où nous publions ces lignes, iOS 12 n’est pas encore disponible. Apple tiendra une conférence de présentation des nouveaux iPhone mercredi 12 septembre. Le plus souvent, la version finale est diffusée aux appareils compatibles une ou deux semaines après l'évènement, plus rarement le soir-même.


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