Retour sur le scandale Cambridge Analytica et la (molle) réponse de Facebook

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Crédits : Justin Sullivan/Getty Images News/Thinkstock
Securité DOSSIER
Guénaël Pépin

Depuis quelques jours, Facebook est dans la tourmente, après des révélations sur le partage massif d'informations avec une société de ciblage politique. Aux États-Unis et en Europe, les autorités se sont rapidement mobilisées pour enquêter. Pour sa part, le réseau social annonce une meilleure protection de la vie privée, en forme de cache-misère.

En juin 2014, une société a abusé du laxisme de Facebook sur les données de ses membres. Le réseau social en paie aujourd'hui le prix. Il y a quelques jours, The Guardian et le New York Times ont révélé que Cambridge Analytica, une société de profilage politique, a capté les données de 50 millions d'internautes, sans leur consentement.

Les informations ont été obtenues par l'application « thisisyourdigitallife », un test de personnalité monté par l'universitaire Aleksandr Kogan de Cambridge, via sa société Global Science Research (GSR). Par ce biais, les internautes autorisaient à la fois la captation de certaines de leurs données (comme la ville ou les contenus aimés), mais aussi certaines infos de leurs amis, si leurs paramètres le permettaient.

Sur les 50 millions de profils, 30 millions sont assez complets pour tirer une catégorisation précise. Jusqu'ici, tout colle avec les règles de Facebook, permissives à l'époque. C'est en revendant ensuite ces données à Cambridge Analytica, sans prévenir le réseau social ou les internautes, que le chercheur a violé les règles.

Prévenu en 2015 par des journalistes, Facebook avait exigé la suppression de l'ensemble des données par la société et ses intermédiaires, en les croyant sur parole. Or, selon les deux quotidiens, Cambridge Analytica ne les aurait pas supprimées. Ces informations auraient même servi en 2016, lors de la campagne présidentielle de Donald Trump et celle pour le Brexit.

Le 16 mars, face à ces allégations, Facebook a suspendu les comptes de Cambridge Analytica (et sa maison-mère Strategic Communication Laboratories), de la société d'Aleksandr Kogan et de Christopher Wylie, le lanceur d'alerte qui a révélé l'affaire. Il assure avoir orchestré la récupération des informations et l'architecture des outils politiques de Cambridge Analytica, au cœur du scandale. Retour sur une gigantesque « fuite » de données.

Notre dossier sur l'affaire Facebook / Cambridge Analytica :

Cambridge Analytica, « un service de propagande »

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