Edge en preview sur iOS, notre prise en main

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Vincent Hermann

Semaine importante pour l’éditeur de Redmond sur sa stratégie mobile : après le renommage d’Arrow en Microsoft Launcher, voilà qu’Edge se prépare à débarquer sur Android et iOS. Il ne s’agit pour l’instant que d’une phase de test, mais l'évolution semble fort logique.

En dépit de performances élevées, Edge souffre de plusieurs défauts. L'un des principaux est sans doute son manque d’extensions : il n’en possède que 70 en tout et pour tout. Mais dans un monde toujours plus connecté, l’autre remarque revenant souvent est son absence des autres plateformes.

La question est tout à fait légitime : pourquoi utiliser Edge et y enregistrer de nombreuses informations si elles sont inexploitables ailleurs ? Les concurrents – surtout Chrome et Firefox – n’ont pas ce problème. Ainsi, si vous avez des favoris, mots de passe, historiques et autres, les comptes associés se chargent de les rapatrier dans les versions mobiles. L’inverse fonctionne également.

Après des années de silence sur le sujet, voilà que Microsoft décide tout à coup de répondre à cette demande. Dans un billet de blog publié hier soir, l’éditeur annonce la disponibilité prochaine de son navigateur sur Android et iOS. Pour l’instant, il s’agit d’une simple phase bêta, et clairement pas simple d’accès.

Sur iOS, il faut en effet envoyer une demande sur TestFlight, l’infrastructure permettant de tester des préversions sur iOS. Sur Android, on peut simplement s’inscrire sur une liste d’attente.

edge ios

Peu de surprises, bonne surprise ?

Nous avons obtenu l’accès à la bêta sur iOS et avons donc pu tester un peu ce nouveau venu sur la plateforme d’Apple. Au passage, l’étrangeté de voir le fameux « e bleu » sur l’écran d’accueil est palpable.

Mais le navigateur réserve en fait très peu de surprises. D’abord parce qu’il n’embarque pas son moteur de rendu EdgeHTML : iOS oblige, il doit utiliser Webkit. Conséquence directe, le rendu et les performances sont les mêmes que dans Safari ou n'importe quel autre navigateur sur cette plateforme.

Ensuite parce que les fonctionnalités mises à disposition et l’interface sont finalement très classiques. Cette dernière semblera immédiatement familière tant le maniement ressemblera globalement à Safari, Chrome ou Firefox. On retrouve une page d’accueil affichant des sites recommandés ou déjà visités et une barre de recherche (vers Bing évidemment). En-dessous, une section dédiée aux actualités permet d’afficher le même flux que sur Edge dans Windows 10.

En bas, la barre de navigation donne accès aux fonctions Précédent/Suivant, à la liste complète des onglets ouverts, à quelques fonctions supplémentaires ainsi qu’à une icône spécifique pour le renvoi vers un autre appareil. Lorsque l’on appuie dessus, Edge cherche les autres appareils actifs reliés par le même compte Microsoft.

Ils sont détectés que le smartphone soit en 4G ou en Wi-Fi. Une fois le destinataire sélectionné (obligatoirement une machine en Windows 10 Insider), Edge s’ouvre automatiquement sur ce dernier (si ce n’est pas déjà fait) pour afficher la page web dans un nouvel onglet. L’ensemble est beaucoup plus rapide que lors de nos tests sur la liaison Android fournie par la Fall Creators Update.

Notez que depuis la liste des onglets ou le menu « ... », on accède au mode InPrivate. Celui-ci est pour rappel le nom que donne Microsoft à sa navigation privée, qui ne retient donc aucune trace locale des sites visités.

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De la recherche, des favoris et de l'export vers d'autres appareils

La barre de recherche de l’écran d’accueil sert aussi de barre d’adresses. D’ailleurs, en cas de défilement de la page, elle vient s’ancrer en haut de l’écran. On peut y écrire ou dicter des mots clés et questions, Edge s’appuyant sur la reconnaissance vocale de la plateforme utilisée (ici iOS).

En haut à droite, on trouve une icône donnant accès aux données synchronisées. On peut y sélectionner ses favoris évidemment, mais également la liste de lecture propre à Edge (articles mis de côté pour plus tard), l’historique ainsi qu’une liste pour l’instant désactivée « Read on the go ».

Cette dernière est liée à l’arrivée de la FCU, puisque le Windows Store sera modifié pour l’occasion afin de vendre des ebooks. Dans Edge, ils seront ainsi référencés pour pouvoir les reprendre où on s’était arrêté.

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L'empire des informations synchronisées

L’ensemble fonctionne finalement comme on peut s’y attendre. On retrouve tout un ensemble de fonctions familières comme le mode paysage, la possibilité de supprimer des éléments dans l’historique ou encore le geste tactile de glissement depuis le bord gauche de l’écran pour revenir à la page précédente. On peut d'ailleurs considérer l'ensemble comme un avantage : l'utilisateur se retrouve en terrain quasi conquis et n'a donc pas d'efforts particuliers à faire.

Au centre du dispositif, on trouve bien sûr le compte Microsoft. Si vous vous vous êtes déjà connecté un autre produit de l’éditeur sur votre iPhone, il sera proposé par défaut au premier lancement du navigateur. Il n’est toutefois pas obligatoire, l’utilisateur pouvant en choisir un autre.

La route sera longue

L’arrivée d’Edge sur Android et iOS est une étape importante pour Microsoft. Sa stratégie mobile consiste depuis l’arrivée de Satya Nadella au poste de PDG à proposer tous les services sur les plateformes concurrentes. Que vous utilisiez Office 365, OneDrive, OneNote ou autre, l’idée est bien de pouvoir continuer à le faire même si vous n’êtes plus sous Windows.

Dans un tel contexte, il était difficile d’imaginer qu’Edge pouvait rester bêtement cantonné à Windows 10, comme un vase clos d’informations inexploitables ailleurs. Les défis n’en restent pas moins importants.

Le navigateur ne manque pas de qualités, mais il ne remporte pas une forte adhésion sous Windows 10. Rien que dans notre lectorat, il est toujours sous la barre des 3 %. Beaucoup lui préfèrent Chrome, Firefox, Opera ou Vivaldi, pour leurs nombreuses fonctionnalités supplémentaires. La disponibilité d’un très grand nombre d’extensions joue également pour beaucoup dans leur succès.

Surtout, Microsoft devra faire face à l’ennemi public n°1 en informatique : l’inertie des habitudes. Un utilisateur de Chrome ou Firefox aura-t-il envie de basculer sur Edge simplement parce qu’il est disponible sur Android et iOS ? Rien n’en est moins sûr, mais Microsoft n’en est qu’au début et promet un flot continu d’améliorations.

Rappelons également qu’il ne s’agit que d’une phase de test. Sur iOS, TestFlight ne permet qu’à quelques milliers de personnes de s’inscrire et le nombre sera très vite atteint (Microsoft opère un tri dans les demandes). Sur Android, le Play Store autorise les bêtas, mais la préversion n’est pas encore disponible. Nous suivrons donc de prêt les évolutions d’Edge sur ces plateformes, ne serait-ce que pour mesurer la motivation de Microsoft.


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