Windows 10 Fall Creators Update : grosse mise à jour ou évolution en douceur ?

Ça dépend, ça dépasse 76
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Crédits : Willowpix/iStock
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le lundi 18 septembre 2017 à 18:45
Vincent Hermann

Comme à chaque évolution majeure de Windows 10, nous vous proposons un point complet sur les nouveautés de la Fall Creators Update qui arrive dans un mois. La liste est (très) longue, mais les apports ne seront pas forcément visibles. Tout dépendra de l'utilisation que vous avez du système et de ses applications intégrées.

La Fall Creators Update (ou FCU) sera officiellement diffusée le 17 octobre. Comme toujours, la mise à jour majeure ne sera pas disponible partout en même temps. Le déploiement concernera d'abord les appareils les « plus compatibles », puis progressera vers des machines potentiellement plus problématiques. Une diffusion concentrique qui permet à Microsoft de résoudre progressivement les soucis.

Ceux qui ne souhaitent pas attendre cette date pourront procéder, comme à chaque fois, à une installation manuelle. Microsoft donne toujours accès de manière anticipée à un petit exécutable qui déclenche la mise à jour. Ce processus étant volontaire, il se destine aux connaisseurs et aux plus pressés.

La mise à jour est en quelque sorte une extension de la Creators Update sortie au début de l'année, dont elle reprend pratiquement le nom. Bien qu’elle puisse paraître mineure, elle renferme finalement une longue liste d’améliorations et de nouveautés, même si elles ne sautent pas immédiatement aux yeux. Elles vont des aménagements d’interface aux modifications sous le capot, en passant par des questions de sécurité.

Avant de lister les apports de la FCU, on rappellera que Microsoft avait présenté en mai dernier les premiers exemples de son Fluent Design System (FDS). Ce nouveau langage graphique était appelé à remplacer progressivement des composants d’interface dans Windows et les applications intégrées. Avec la Fall Creators Update, cette transition commence en douceur, comme nous le verrons en plusieurs endroits.

Menu Démarrer, centre de notifications et interface générale

Windows 10 a remis en place le menu Démarrer après un Windows 8 bien peu aimé. Cet élément d’interface que tout le monde connait évolue encore avec la Fall Creators Update. Pas de manière radicale, mais avec de petites améliorations de son apparence ou de son utilisation.

Déjà, le menu adopte un fond Acrylic du Fluent Design System (FDS). En clair, il donne la sensation d’un verre fortement givré. La transparence est présente mais reste très légère. L’éditeur ne semble pas vouloir revenir à celle de Vista, parfois si prononcée qu’elle nuisait à la lisibilité des éléments intérieurs. On l’en remercie.

Ensuite, on trouve çà et là de petites évolutions. Par exemple, le menu peut être redimensionné diagonalement. Jusqu’à présent, l’opération était soit verticale, soit horizontale. Quand l’utilisateur voulait changer les deux, il devait le faire en deux temps, une procédure assez anachronique. Le redimensionnement est aussi beaucoup plus fluide.

À noter que dans les zones affichant des ascenseurs, ceux-ci n’apparaissent que quand le curseur s’approche, pour une touche supplémentaire de clarté.

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À l’autre bord de l’écran, le centre de notifications profite lui aussi de quelques améliorations. Il change d’apparence en abordant le FDS, tant pour le fond pour que pour les cartes des notifications. L’ensemble est plus clair, avec des alignements de textes modifiés pour rendre l’information plus évidente.

Les notifications évoluent également avec une forme plus simple, au sein de cadres flottant en bas à droite de l’écran. Au passage, la petite croix de fermeture a été remplacée par une flèche, pour signaler à l'utilisateur que la notification ne disparaît pas, mais est renvoyée vers le centre de notification.

Entre le menu Démarrer et le centre de notifications s’étend la barre des tâches, qui présente elle aussi quelques avancées. La principale est en fait une fonctionnalité qui aurait dû arriver avec la Creators Update mais qui a finalement été repoussée : Mes Contacts.

Mes Contacts, une fonction en retard et au comportement curieux

Rappelez-vous : Microsoft faisait l’année dernière la démonstration d’un épinglage des contacts dans la barre des tâches. En fonction des applications et informations présentes, on pouvait alors ouvrir directement la fiche d’une personne et commencer à lui parler, par mail ou par Skype. Cette fonction avait finalement été repoussée et elle est donc logiquement présente dans la Fall Creators Update.

L’épinglage peut s'effectuer depuis différents endroits, notamment l’application Contacts. Puisque l’ensemble fonctionne via le compte Microsoft, on comprend vite que sans ce dernier, cet ajout va perdre beaucoup de son intérêt. Il a en effet besoin que des informations soient disponibles dans Contacts, Courrier, Skype et tout ce qui est lié, puisque le but est d’exploiter ces moyens de communication sans avoir à les ouvrir.

Le concept est simple, la pratique l’est moins. En théorie, il suffirait de cliquer sur un contact pour commencer à lui parler. Quand il répond, la case associée clignote. On doit pouvoir envoyer facilement des messages, des photos, lancer un appel, basculer en mode email, etc. Malheureusement, Mes Contacts présente une série de ratés qui rendent son utilisation complexe.

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Utilisateurs de la version classique de Skype, vous n’avez ainsi pas de chance. Il faut que Skype UWP règne en maître sur la machine, sinon la fonction ne sera pas déportée dans Mes Contacts. Par ailleurs, même quand la « bonne » application est utilisée, l’historique de conversation n’est pas toujours synchronisé.

Pour certains contacts, il n’est même pas possible de discuter, sans que l’on sache vraiment ce qui coince. Pour nos essais, nous utilisions la préversion 16281, quasi finale. En l’état, la fonction « semble » très commode, mais il y a encore clairement des soucis à régler. Espérons que de dernières évolutions viendront corriger tout cela d'ici la fin de l'année.

Edge fait encore un gros bond, mais...

Les précédentes versions majeures de Windows 10 ont été de vrais tremplins pour les fonctionnalités du navigateur Edge, ou même pour son moteur de rendu, à défaut d’avoir eu un impact significatif sur ses parts de marché. La Fall Creators Update vient elle aussi lui ajouter des améliorations bienvenues.

La gestion des PDF est ainsi largement étoffée. On peut écrire directement dedans avec le stylet, pour par exemple remplir des formulaires. Ces derniers sont d’ailleurs maintenant gérés correctement. Outre de meilleures performances pour leur ouverture et leur défilement, Edge gère également la table des matières dans les PDF, quand elle existe.

Autre gros chapitre : la lecture des ebooks, surtout centrée sur le format ePub. Les documents s’ouvrent là encore plus rapidement et l’expérience de lecture a été améliorée. L'affichage peut être mieux personnalisé (couleurs, polices, espacement…), on peut annoter les pages avec un stylet, la progression de lecture est synchronisée via le compte Microsoft entre tous les appareils, et un mode de lecture vocale permet de prononcer tout le livre ou certains passages.

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Edge, qui récupère au passage une barre d’onglets passée à la sauce Acrylic, présente une foule de petites améliorations qui, pour certaines, se faisaient clairement désirer. Mention spéciale pour les favoris que l’on peut enfin éditer pour modifier l’adresse. Outre un copier/coller plus simple à manipuler, signalons aussi un panneau de partage en haut à droite, ou encore des onglets qui deviennent semi-transparents quand ils se désactivent (ordinateur sur batterie).

La nouvelle version contient évidemment des changements internes. Le moteur EdgeHTML passe en version 16, avec toute une série d’améliorations de performances, particulièrement pour accélérer le rendu graphique. On est toutefois ici dans un domaine où Edge n’a jamais souffert. Depuis sa sortie, le navigateur de Microsoft a toujours été très rapide, la version 15 faisant sauter quelques problèmes de réactivité dans la gestion des évènements clavier et souris.

Signalons enfin, pour ceux qui appréciaient cette fonctionnalité, que l’on peut à nouveau épingler des sites dans la barre des tâches. Dommage, cliquer sur ces icones ne fait qu’ouvrir des onglets dans une fenêtre classique. Il ne s’agit donc pas de fenêtres dédiées. Pour des utilisateurs de Skype, Messenger ou WhatsApp, la fonction aurait été appréciable, avec clignotement de l’icône en cas d’évènements en attente (en plus des notifications existantes).

Pire, si Edge avait été fermé entre temps, cliquer sur une page épinglée ouvrira un nouvel onglet, même si la page avait déjà été ouverte dans la session précédente. Le fonctionnement est d’autant plus regrettable que Chrome permet ces actions depuis plusieurs années via Menu > Plus d’outils > Ajouter au bureau. Le navigateur propose de cocher une option pour affecter une fenêtre dédiée au site. Une fois ouvert, on peut alors l’épingler par un clic droit dans la barre des tâches.

Edge reste dans l’absolu un bon navigateur, mais il pâtit de plusieurs gros soucis. Le principal est qu’il n’est disponible que sous Windows 10. Un problème contre lequel Microsoft ne peut pas grand-chose à moins de revoir sérieusement sa stratégie. Autre point qui fâche, le nombre d’extensions disponibles.

On est en effet loin, très loin de ce que proposent Chrome et ses dérivés ainsi que Firefox dans ce domaine. L'éditeur doit dans les prochains mois basculer complètement dans les WebExtensions, ce qui lui permettrait d’avoir le même catalogue que la concurrence, mais le pas reste à faire.

Paramétrage : un panneau enfin à peu près complet

Restons dans les zones principales du système avec les paramètres. Encore une fois, beaucoup de changements ne sautent pas aux yeux. Microsoft ayant supprimé l’ancien panneau de configuration – au grand dam de certains – les améliorations continuent d’arriver dans cette fenêtre, qui concentrent un nombre croissant de réglages.

Plusieurs nouvelles icones apparaissent, notamment Téléphone. On peut renseigner un smartphone Android (iOS arrivera plus tard) et, après une confirmation par SMS et l’installation d’une application spécifique, continuer sur PC ce qu’on a commencé sur l’appareil mobile.

En pratique, cette fonctionnalité n’est disponible pour l’instant que pour la navigation web. Nous l’avons d’ailleurs testée : depuis Chrome, le menu Partager affiche une entrée « Continue on PC ». Après une recherche de périphérique et une attente de quelques secondes (la première fois), la page visitée s’ouvre dans un nouvel onglet d’Edge. Les fois suivantes, tout va beaucoup plus vite et la fonction tient sa promesse.

Microsoft devra par contre apprendre à tenir compte du choix de l’utilisateur : sur notre machine, Edge n’était pas le navigateur par défaut.

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Autre nouvelle icone : Cortana. Il était en fait temps : les réglages de l’assistant personnel étaient éclatés un peu partout et il était difficile pour l’utilisateur de comprendre comment tout ça fonctionnait. Les capacités et autorisations y sont donc réunies, et il ne reste plus qu’à cocher/décocher ce que l’on souhaite. C’est aussi là que l’on trouve les notifications émises par le smartphone… à condition qu’il ait lui-même l’application Cortana, essentiellement disponible aux États-Unis.

Plusieurs nouvelles entrées font leur apparition dans des catégories existantes. Dans Applications, on trouve par exemple Lecture de vidéos, qui permet notamment d’activer le mode HDR quand le matériel est compatible. L’Assistant Stockage prend maintenant en compte les fichiers du dossier Téléchargements et peut les effacer après 30 jours sans activité. Il peut aussi supprimer les installations Windows précédentes juste après l’installation d’une mise à jour majeure ou d’une préversion.

La Fall Creators Update sera également synonyme de contrôle plus précis des mises à jour. Dans la section Windows Update, on peut se rendre dans Options avancées > Optimisation de livraison > Options avancées pour découvrir les nouveaux réglages. On pourra y définir un pourcentage de bande passante allouée au téléchargement, idem pour le partage des données vers d’autres PC ainsi qu’une limite mensuelle (de 5 à 500 Go). Notez que l’installation des mises à jour dispose maintenant d’un indicateur visuel :

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Sécurité et vie privée : du neuf là aussi

Le chapitre sur la sécurité est copieux, avant tout pour les entreprises. La Fall Creators Update sera l’occasion pour Microsoft de rassembler sous une même bannière plusieurs techniques ou outils jusqu’à présent séparés. Par exemple, l'Enhanced Mitigation Experience Toolkit (EMET) voit la plupart de ses fonctions intégrées dans Windows, après l’annonce de son arrêt.

Cette inclusion passera par Windows Defender Exploit Guard, dont l’objectif est d’empêcher autant que possible l'exploitation de failles. EMET permettait en effet de verrouiller un certain nombre de points afin que mêmes des pirates en possession des détails d’une brèche ne puissent pas s’en servir, ou alors en limitant les dégâts. EMET était d’ailleurs un outil apprécié, et beaucoup ne comprenaient pas sa mise à la retraite.

Application Guard doit pour sa part permettre une isolation de la menace, qu’il s’agisse de l’exploitation d’une faille 0-day ou du téléchargement d’un malware via le navigateur, en bloquant l’accès à la mémoire, au stockage, aux applications installées et autres ressources.

Pour Edge, Application Guard signifiera également une protection supplémentaire (et initialement prévue dans la Creators Update). Dès qu’une ressource non sécurisée sera détectée, Windows créera une instance isolée du navigateur pour la lire. Elle contiendra une miniature du système, comprenant une copie du noyau et une version minimale du Windows Platform Service, afin qu’Edge puisse s’exécuter. Selon Microsoft, il est impossible dans ce mode de pénétrer le système.

Le troisième mousquetaire se nomme Device Guard. Il ne sera disponible que pour les entreprises ayant souscrit à l’offre Advanced Threat Protection. Objectif, offrir un meilleur contrôle sur les appareils (au sens large) présents sur les réseaux de la structure, et vérifier l’exécution de code.

Deux points qui, ensemble, permettent à une structure de contrôler qui se connecte et ce qu’une machine peut ou non exécuter. Device Guard en lui-même n’est pas nouveau mais est renforcé et fait désormais partie intégrante du système.

Application Guard, Device Guard et Exploit Guard sont des protections pour entreprises, très liées à l’Intelligent Security Graph. Finies en effet les protections uniquement locales : les logiciels communiquent avec des services faisant en permanence le point sur les menaces en cours. Le Graph sert également à recevoir un certain nombre de données télémétriques pour obtenir une vue d’ensemble du réseau de l’entreprise et du comportement global des systèmes.

Autant d’ajouts qui provoqueront l’apparition de nouvelles entrées dans le System Center Configuration Manager. Et qui risquent fort de déplaire à Kaspersky, qui a pour rappel déposé plainte contre Microsoft pour abus de position dominante. L’éditeur russe est fâché contre un Windows Defender intégré et renforcé à chaque mise à jour majeure du système.

Quant à la vie privée, Microsoft inclut un changement qui demandera sans doute quelques clics supplémentaires aux utilisateurs. Dès qu'une application nouvellement installée voudra en effet accéder à la webcam, au micro, aux contacts, à la géolocalisation ou encore au calendrier, une autorisation sera réclamée. Un comportement en fait identique à ce que l'on trouve dans les navigateurs ou encore sur iOS. 

Claviers, écriture manuscrite et… emojis !

La Fall Creators Update améliorera la reconnaissance de l’écriture manuscrite, en lui ajoutant quelques fonctionnalités. Par exemple, écrire dans le panneau dédié à cet usage convertira au fur et à mesure le texte en mots reconnus. L’utilisateur pourra également se servir de son stylet pour faire défiler la zone de saisie, un « check » bleu permettant de valider l’ensemble du texte. La sélection et la correction ont en outre été facilitées.

Dans la foulée, Microsoft a ajouté une petite option qui pourrait s’avérer fort pratique pour ceux qui manipulent souvent un stylet. Elle permet de bloquer toute reconnaissance digitale pendant la phase d’écriture, afin que seul le stylet soit pris en compte. Ceci afin d’éviter les « traces d’encre ». Une autre petite option sympathique peut afficher la dernière position GPS de l’utilisateur connue pendant une écriture manuscrite, pour le cas où il se demanderait où est son stylet (qui par lui-même n’a aucun système GPS). Enfin, faire défiler une page avec l’accessoire est nettement plus simple.

Avec la nouvelle mise à jour, Windows 10 se dote enfin d’un panneau dédié aux emojis. On peut l’appeler avec la combinaison Windows + « . » ou « ; » selon le clavier. Il ne reste alors plus qu’à sélectionner celui qui vous intéresse pour l’inclure dans un texte. Le panneau permet en outre de sélectionner une couleur de peau qui pourra s’appliquer à tous les emojis correspondants avant insertion. Malheureusement, ce raccourci ne peut pour l'instant s'utiliser qu'avec un clavier configuré en anglais. Espérons que Microsoft élargira sa disponibilité avant le 17 octobre.

Le clavier virtuel s’enrichit lui aussi. La prédiction des mots est améliorée, notamment via l’ajout de nombreuses phrases que les utilisateurs ont l’habitude d’écrire. Le clavier voit les premiers mots et propose automatiquement le reste (que l’utilisateur peut refuser évidemment).

Architecture, performances et améliorations générales

L’architecture générale de Windows 10 reste la même, avec une série de petites améliorations là encore. Le système devient capable de détecter les programmes inactifs, afin d’en court-circuiter la consommation de ressources. Un système équivalent à ce qu’on trouve dans Edge pour les onglets quand l’ordinateur est sur batterie, à ceci près que le fonctionnement est ici général. Plus globalement, la Fall Creators Update promet une meilleure préservation de la batterie, ce que l’on attendra de vérifier en pratique.

La Fall Creators Update marquera également les débuts officiels de Windows 10 sur plateforme ARM64 et de l'initiative « Always connected PC ». Nous nous sommes amplement penchés sur les questions techniques, mais Microsoft devra clarifier sa vision. Windows 10 pour ARM64 aura en effet globalement les mêmes capacités que l’édition classique (avec quelques limitations sur les outils système), alors que l’édition S, pourtant vendue sur des machines beaucoup plus puissantes, sera comme estropiée (voir notre analyse).

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Citons aussi la possibilité de modifier l’échelle (DPI) des logiciels Win32 sans que l’utilisateur ait besoin de déconnecter sa session pour y revenir. Un bon point, qui montre d’ailleurs que Microsoft n’oublie pas les applications classiques, tout en poussant vers UWP (qui a bien du mal à prendre). Avec la Creators Update, l’éditeur avait par exemple amélioré les performances des opérations GDI+ (Graphics Device Interface) pour les déplacements et redimensionnements de fenêtres.

Certains aspects liés à la gestion du compte Microsoft ont été modifiés, pour arrondir certains angles. Après l’installation d’une mise à jour majeure, il ne sera plus nécessaire de redonner son mot de passe. En outre, Windows 10 s’occupe de l’installation des nouvelles applications intégrées avant que l’utilisateur ne déverrouille sa session.

En cas d’installation d’une mise à jour majeure pendant la nuit et donc du redémarrage automatique, l’utilisateur n’a plus aucune attente après l'ouverture de sa session. Enfin, on peut lancer une récupération du compte depuis l’écran verrouillé. Signalons également que la Fall Creators Update permet dans de nombreux cas de rouvrir les applications actives lors de l’extinction ou du redémarrage de l’ordinateur, pour gagner du temps.

Ceux qui aiment suivre l’évolution de la consommation des ressources seront heureux d’apprendre que le gestionnaire des tâches propose maintenant une section spécifique au GPU. Dans l’onglet Performance, la nouvelle section permet de vérifier en temps réel la manière dont la puissance graphique est utilisée, que ce soit pour la 3D classique ou des opérations diverses. Le taux de remplissage de la mémoire vidéo dédiée est également affiché.

Enfin, on note une petite amélioration du mode Jeux, apparu avec la Creators Update. Son fonctionnement a été affiné et il devrait donc se montrer plus efficace. Pour rappel, ce mode court-circuite tout ce qui devrait provoquer une chute de performances dans les jeux.

Comme nous l’avions déjà indiqué, il ne faut pas attendre de miracle, mais la fonction peut se révéler utile quand on tient à n’avoir aucune interruption de quoi que ce soit. Elle s’active toujours via le raccourci Windows + G, qui appelle la barre Xbox (la même qui permet d’enregistrer une vidéo du jeu en cours).

Cortana ajoute plusieurs capacités élémentaires

L’assistant personnel Cortana continue inlassablement son renforcement, version après version. La Fall Creators Update lui ajoute certaines fonctionnalités réclamées depuis longtemps, tout du moins par ceux qui l’utilisent. Cortana peut ainsi verrouiller la session à la demande, mais aussi se déconnecter, redémarrer ou arrêter l’ordinateur. Il faudra donc se méfier des petits rigolos dans votre entourage, ou de l'effet boule de neige en open space.

Par ailleurs, l’utilisateur peut affecter des enceintes spécifiques à l’assistant, pour que la synthèse vocale s’effectue toujours de la même manière. Par exemple, une sortie son connectée dans la pièce principale alors que le PC est ailleurs et qu’un casque est branché.

OneDrive : bienvenue aux fichiers à la demande

Il ne s’agit pas à proprement parler d’une nouveauté de la FCU. En fait, il faut passer par l’installation d’un client actuellement en bêta pour activer le nouveau moteur de synchronisation de OneDrive et une fonctionnalité attendue de longue date : les fichiers à la demande.

Cette fonction reprend le thème des « placeholders » de Windows 8. En clair, le dossier OneDrive affichait bien les fichiers, mais ils n’étaient pas vraiment sur le disque. Il s’agissait simplement d’empreintes pour « simuler » leur présence, sans que l’espace disque soit consommé. Windows les récupérait alors en cas de besoin.

Évidemment, cette étape nécessitait plus ou moins de temps selon la connexion et la taille du fichier. Sans explication affichée clairement, beaucoup avaient l’impression que tout était plus lent. Microsoft avait supprimé la fonction avec Windows 10, au grand dam de ceux qui appréciaient le principe.

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La FCU la réinstitue, avec les Files-On-Demand. Le concept est le même, mais la réalisation en est très différente. D’abord, l’ensemble est nettement plus réactif que l’ancienne fonction. Ensuite, elle est beaucoup plus souple. L’utilisateur peut ainsi choisir pour chaque fichier ou dossier s’il doit rester « vide » ou s’il doit être toujours présent sur le disque.

Les icônes possèdent des statuts clairs pour indiquer l’état du fichier ou dossier : un nuage pour des données distantes, deux flèches tournoyantes pour une synchronisation en cours, un « check » vert sur fond blanc pour un téléchargement ponctuel, un « check » blanc sur fond vert pour un fichier toujours synchronisé en local.

L’ensemble fonctionne de manière plutôt évidente. Par exemple, les images sont grisées pour montrer qu’elles n’ont pas été synchronisées sur le disque. Nous n’avons pas constaté de soucis de performances ou de fiabilité, contrairement à la première préversion en juin dernier.

Par ailleurs, Microsoft reste dans les clous et ne force rien. L’utilisateur est ainsi clairement averti de ces nouveautés via un panneau en bas à droite de l’écran. Ensuite – et c’est sans doute le plus important – les Files-On-Demand ne sont pas actifs par défaut. Il s’agit d’une fonction optionnelle, qui n’aura donc aucun impact sur les habitudes sans intervention de l’utilisateur. À la grande différence de Windows 8 en son temps.

Petite précision : cette fonctionnalité sera également répercutée sur macOS quand le client OneDrive aura été mis à jour.

Story Remix et 3D : parce que c'est aussi une Creators Update

Story Remix était l’un des points forts de la présentation de la Fall Creators Update durant la dernière conférence BUILD. Cette application n’en est pas vraiment une : il s’agit d’une fonction supplémentaire intégrée dans Photos. Actuellement, elle n’est disponible qu’au travers du programme Windows Insider selon un test A/B (50 % de chances de l’avoir).

L’idée centrale de Remix est de créer facilement des collections de photos et/ou vidéos en aidant l’utilisateur à choisir les meilleurs clichés. Corrections automatiques, applications rapides de filtres et de décors, récupération des éléments 3D, édition via Paint3D ou encore choix d’une musique spécifiquement adaptée sont ainsi au programme.

Durant sa conférence, Microsoft avait fait la démonstration d’une vidéo où une femme courait dans un décor volcanique pour échapper à un tyrannosaure. Il s’agissait d’une synthèse opérée par Remix : la femme avait été extraite d’une vidéo existante, le tyrannosaure avait été créé et animé dans Paint 3D, tandis que le fonds provenait d’une galerie fournie avec l’application. 

Notez que des applications mobiles doivent sortir pour Android, iOS et Windows 10 Mobile pour permettre la capture des moments qui seront ensuite repris dans Story Remix. Il est possible toutefois que ce dernier ne soit pas totalement terminé pour l'arrivée de la Fall Creators Update le 17 octobre. Actuellement, on ne sait pas si les éléments manquants (a priori une partie des effets spéciaux) seront distribués par une simple mise à jour plus tard ou s'il faudra attendre plus longtemps.

Une mise à jour en douceur

En dépit des apparences, la Fall Creators Update n'est pas une petite évolution, loin de là. Elle contient un très grand nombre de nouveautés, mais beaucoup de manière discrète, reprenant finalement une volonté affichée de ne pas provoquer de ruptures dans les habitudes ancrées par de nombreuses années de pratique.

Finalement, on sait gré à Microsoft de ne plus chercher à réinventer systématiquement la roue et de vouloir donner dans la révolution permanente. L'éditeur est passé par plusieurs années d'errance autour d'une stratégie mal définie, quand l'entreprise ne semblait pas savoir dans quelle direction aller. Windows 8 a représenté le meilleur exemple de cet égarement, laissant de très mauvais souvenirs chez un grand nombre d'utilisateurs.

En clair, la FCU améliore l'existant sans remettre en question les acquis. À tel point en fait que pour des personnes n’utilisant pas la 3D, Photos et son Story Remix, Edge ou certaines fonctions internes, la mise à jour risque de se montrer pauvre en nouveautés visibles. Si vous préférez une évolution en douceur, celle-ci est donc faite pour vous. Si vous en attendez de grandes avancées, elle risque de se montrer un peu décevante.


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