Saturne : suivez en direct la descente fatale de la sonde Cassini

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Nouvelle Techno
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le vendredi 15 septembre 2017 à 10:30
Sébastien Gavois

Aujourd'hui, peu avant 14h, l'orbiteur Cassini va rentrer dans l'atmosphère de Saturne, une manœuvre qui lui sera fatale. Il enverra évidemment des données durant son plongeon et des émissions en direct sont organisées pour l'occasion.

Alors que les sondes Voyager viennent de fêter leur 40 ans dans l'espace, la mission Cassini-Huygens ne fêtera pas ses 20 ans (à un mois près). C'est en effet aujourd'hui qu'elle plongera dans l'atmosphère de Saturne, une planète qu'elle a côtoyée pendant plus de 13 ans. Le CNES rappelle que cette mission est le « fruit d’une coopération exemplaire entre l’Europe et les États-Unis ».

À cette occasion, plusieurs organisations proposent des directs afin de suivre cet événement. S'il met un point final à la mission, les données récoltées continueront sans aucun doute à alimenter les publications scientifiques pendant des mois, voire des années.

Détruire la sonde plutôt que risquer une contamination

Petit retour en arrière : le 15 octobre 1997 une fusée Titan IV de la NASA décollait avec le couple Cassini (orbiteur) et Huygens (sonde) à son bord. 7 ans et 3,5 milliards de kilomètres plus tard, la mission atteint sa cible. En décembre 2004 l'orbiteur de la NASA largue la sonde Huygens, fournie par l'Agence spatiale européenne (ESA). Après 3 semaines de voyage, elle s'enfonce dans l'atmosphère de Titan (un satellite naturel de Saturne) pour une mission de 2h30 seulement à cause de l'autonomie limitée de ses batteries.

Alors que la mission Cassini devait prendre fin en 2008, elle a été prolongée une première fois jusqu'en 2010 (Equinox) et une seconde fois jusqu'à aujourd'hui (Solstice). Faute de carburant, il n'était de toute façon pas envisageable de la prolonger de nouveau. Une fresque chronologique de la mission est disponible sur le site de la NASA.

Plutôt que laisser la sonde errer dans l'espace l'agence américaine a décidé de la détruire. Le but étant d'éviter le risque (certes minime) d'une collision – et donc d'une contamination – de Titan ou Encelade, deux des lunes de la planète susceptibles d'abriter la vie. Selon les dernières publications scientifiques, elles disposeraient en effet des « ingrédients nécessaires ».

Finir en beauté avec des passages entre Saturne et ses anneaux

Quitte à en finir, autant le faire en beauté avec un « grand final ». Ainsi, au cours des derniers mois, l'orbiteur Cassini est passé plus d'une vingtaine de fois entre Saturne et ses anneaux, une région de 2 000 km de large qu'« aucun vaisseau spatial n'a jamais traversé ». Le 11 septembre, il a réalisé un dernier passage à proximité de Titan pour un « kiss goodbye », qui n'est pas sans rappeler l'« ultime baiser » de Rosetta à la comète 67P.

Hier, Cassini a envoyé toutes les données qui étaient encore dans sa mémoire et le vaisseau envoie désormais ses données en temps réel. Les scientifiques pourront ainsi profiter au maximum de la descente vers Saturne. À environ 1 500 km au-dessus des nuages de la planète, le signal sera définitivement perdu.

Cassini fin de mission

La mission Cassini en chiffres

Quoi qu'il en soit, la NASA a déjà publié plusieurs chiffres sur la mission : la sonde a parcouru 7,9 milliards de kilomètres, est passée à proximité de 162 lunes de Saturne, a réalisé 294 orbites autour de la planète, récolté 635 Go de données et 453 048 images. Pour le moment, 3 948 publications scientifiques ont découlé des observations de Cassini. 

Nous aurons évidemment l'occasion de revenir sur le succès de cette mission, mais l'heure est aux adieux pour l'instant. À cette occasion, la Cité des sciences propose un live qui débutera à 11h. Plusieurs conseillers scientifiques de renom seront en direct de Paris et du Jet Propulsion Laboratory (JPL) Pasadena : Régis Courtin (CNRS et Observatoire de Paris), Marcello Fulchignoni (université Paris Diderot et Observatoire de Paris), Laurent Lamy (Observatoire de Paris), Jean-Pierre Lebreton (CNRS-Université d’Orléans) et Francis Rocard (responsable du programme système solaire au CNES).

La NASA proposera également des émissions, en direct du centre de contrôle des missions au JPL. 


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