Lecture automatique des vidéos Flash/HTML5 et des GIF : comment s'en passer ?

La paix, enfin ? 88
Accès libre
image dediée
Crédits : BrianAJackson/iStock/Thinkstock
Navigateurs GUIDE
Par
le mercredi 07 juin 2017 à 16:30
David Legrand

Les vidéos et autres GIF qui se chargent automatiquement au sein des pages se multiplient et certains sites abusent de ces pratiques. Mais les internautes peuvent encore agir au sein de leur navigateur, souvent de manière assez simple. On vous explique comment faire.

Si pendant longtemps, les éditeurs de sites ont mis à mal les nerfs des internautes avec des éléments animés dans leurs publicités, cette tendance se répand désormais dans le contenu. En effet, on retrouve de plus en plus des GIF ou des vidéos qui se lancent de manière automatique alors qu'on lit un article, parfois même avec du son.

Autant dire que la multiplication de ces éléments n'est pas sans poser problème. Et ce, tant du côté de la concentration de l'internaute/lecteur, que de la quantité de données qui est téléchargée par nos appareils.

La vidéo se réinvente à l'heure du tout social

Comment expliquer cette tendance ? S'ils ne sont pas précurseurs en la matière, on peut en partie accuser les réseaux sociaux. Ce sont en effet eux qui ont popularisé le GIF et la vidéo en lecture automatique dans les flux de contenu ces dernières années. De quoi désinhiber les pratiques du secteur.

Notamment chez les éditeurs, qui voyaient dans la vidéo un potentiel de rémunération énorme grâce au « pre-roll ». Nombreux sont ceux qui se sont lancés dans le secteur ces dernières années. On a ainsi vu de grands groupes annoncer la mise en place de plateaux et d'équipes dédiées.

Ils imaginaient sans doute alors pouvoir tout maîtriser, de la production à la diffusion en passant par la monétisation. C'était sans compter sur le pouvoir des réseaux sociaux qui sont LE lieu où tout se joue à l'heure actuelle... et souvent sans publicité (mais cela change doucement).

Dans le même temps, on a vu un format de contenu monter en flèche, à l'inverse de ces productions reproduisant le modèle de la TV : les vidéos de moins de deux minutes avec un sous-titre en gros caractères. On les retrouve partout désormais, notamment sur des pages gérées de manière professionnelle.

Apprenez à partager, on s'occupe de sponsoriser

L'objectif est encore souvent de proposer du viral à peu de frais. Car ces vidéos ne reposent pas toujours sur de la production interne et misent plus sur le « LOL » que sur l'information précise pour vous convaincre de les partager.

On y retrouve souvent du contenu issu des marques ou mis en ligne par des tiers auxquels sont ajoutés des commentaires pour justifier de les republier. Et ce, sans que les droits d'utilisation/modification ne soient demandés ou acquis. Ces contenus, qui ne sont en général pas monétisés du fait de leur format court, doivent permettre à un éditeur de toucher un nouveau public, en espérant réussir à le fidéliser à terme.

Il sera alors possible pour ces pages de diffuser du contenu sponsorisé et d'assurer un financement par les marques. Un modèle déjà bien implanté outre-Atlantique, et qui débarque doucement en France. De nombreux sites se sont lancés dans ce créneau, mais la concurrence est forte, et certains industrialisent le concept avec une capacité de production interne plus importante.

Parfois ils se consacrent même à ce format sur le terrain de l'infotainement, comme Brut, ou de manière plus légère comme TF1 One qui est né du rachat de Minutebuzz. Dans tous les cas, il n'y aura pas de place pour tout le monde.

Minutebuzz Sponso Ghost in the shell

Attirer l'attention et faire gonfler les statistiques

Et la lecture automatique dans tout cela ? Elle n'est qu'un moyen, visant des buts précis. Le premier est de tenter de happer l'attention de l'internaute. Celui-ci passe en effet de plus en plus de temps sur son mobile, à faire défiler du contenu sans trop y prêter attention. Faire démarrer une vidéo peut être une manière de lui donner envie d'aller plus loin.

De manière moins avouable, il est aussi souvent question d'audience. Être une plateforme vidéo de référence est l'un des objectifs du moment, dans un secteur qui est toujours perçu comme l'avenir, notamment en termes de revenus. Revendiquer de gros chiffres est donc une bonne chose, et tous les moyens peuvent être bons pour y parvenir.

Ainsi, une vidéo est parfois considérée comme lue après seulement quelques secondes. Enchaînez-les, et le tour est joué... sans parler des « bugs » parfois rencontrés par les statistiques maison. Ces dernières années on a aussi vu certains sites ajouter des modules vidéo en lecture automatique de manière plus ou moins discrète au sein de leurs pages. Parfois même de manière presque cachée.

L'objectif ? Faire grimper leur compteur de vue de manière fictive. Quoi de plus déprimant, en effet, qu'une chaîne YouTube qui enchaine les contenus à 1 500 vues ? De plus, ces modules diffusent parfois de la publicité. Là, il s'agit donc de monétiser « de force » des pages à travers des formats vidéo en complément des espaces publicitaires classiques.

Bloc Digiteka Les Echos

L'internaute ? De la monétisation en puissance, rien de plus ?

Que l'internaute soit ennuyé par la méthode ou qu'il ne prête aucune attention au contenu importe peu. Il suffit que les statistiques soient au rendez-vous. Pour autant, nous ne sommes pas sans solution contre ces méthodes, et l'on peut encore heureusement décider des vidéos et autres animations qui sont lancées ou non sur notre machine.

C'est en tous cas vrai pour certains navigateurs, Firefox en tête. Mais il existe aussi des solutions, notamment pour Chrome et Opera. Outre notre précédent article visant à désactiver la lecture automatique sur Facebook ou Twitter qui, eux, laissent le choix à leurs utilisateurs, nous avons donc décidé de vous permettre de faire de même sur l'ensemble des sites.

Cela vous permettra de décider des éléments qui sont lus ou non dans les pages que vous visitez. Notez que ces méthodes n'empêcheront pas toujours le chargement des contenus, mais surtout leur lecture automatique. Nous viserons ici les vidéos au format Flash, GIF et HTML5. Pour vérifier le fonctionnement de nos méthodes, vous pouvez utiliser ces liens :

Firefox : des options natives

Pour lutter contre la lecture automatique, Firefox est le navigateur qui vous proposera le plus de solutions de manière simple. Cela passera en effet par des options directement accessibles depuis le panneau about:config. Pour y accéder, il suffit de taper ce texte dans la barre d'URL.

  • Bloquer les GIF :

Ici, vous devez utiliser le paramètre image.animation_mode. Celui-ci accepte trois valeurs : none, once ou normal (par défaut). Si vous voulez bloquer totalement les animations des GIF, la première est à utiliser. Si vous voulez seulement interdire qu'elles ne tournent en boucle, la seconde suffira.

Firefox About config GIF

  • Bloquer les vidéos Flash :

Si vous avez installé Flash afin de pouvoir l'utiliser au sein de Firefox, vous avez la possibilité de vous rendre dans les paramètres des plugins (about:addons dans la barre d'adresse). Vous pourrez alors utiliser le paramètre Demander pour activer afin d'imposer un fonctionnement Click-to-play

Vous avez aussi la possibilité de vous tourner vers des extensions dédiées comme Flashblock.

  • Bloquer les vidéos HTML5 :

Là encore, un paramètre suffit. Vous pouvez ainsi vous rendre dans about:config et chercher media.autoplay.enabled. Il vous suffit de passer la valeur à false et les vidéos HTML5 ne pourront plus se lancer automatiquement. 

Chrome : entre extensions et petites astuces

Passons à Chrome, où cela ne sera pas toujours si simple. En effet, le plus souvent il n'est pas possible d'assurer un blocage avec les options proposées par le navigateur. Il faudra donc se reposer sur des extensions pour éviter l'activation de lecture de manière automatisée. 

  • Bloquer les GIF :

La plupart des extensions dédiées au blocage des GIF ne sont plus mises à jour depuis un moment, et elles ne fonctionnent donc pas toujours. Nous avons néanmoins trouvé deux exceptions. 

La première, Animation Policy, vous permettra de sélectionner la conduite à suivre : bloquer, limiter la lecture à une fois ou ne rien faire. Vous pourrez aussi vous tourner vers Stop animations qui vous permettra de couper l'ensemble des animations d'une page simplement en utilisant la touche Échap de votre clavier (un second appui permet de les relancer).

  • Bloquer les vidéos Flash :

Ici Chrome propose une solution native. Il vous suffit de vous rendre dans la section dédiée à Flash des paramètres de contenu (chrome://settings/content) puis d'indiquer que vous voulez interdire ou demander avant d'autoriser la lecture d'un élément utilisant Flash.

Une liste d'exceptions pourra être utilisée. Notez que vous pouvez la gérer depuis chaque site en effectuant un clic sur le cadenas ou la lettre « i » à gauche de l'URL dans la barre d'adresse.

Blocage Flash Chrome

  • Bloquer les vidéos HTML5 :

Cette fois encore, rien n'est prévu par défaut par Google. Vous avez néanmoins la possibilité d'installer l'extension Disable HTML5 Autoplay. Celle-ci vous permettra d'activer un blocage par défaut dans ses paramètres.

Sinon vous pourrez rajouter des règles spécifiques. Vous pourrez aussi choisir de bloquer ou débloquer tel ou tel domaine lors de votre navigation, d'un simple clic sur l'icône de l'extension. 

Opera : merci les extensions Chrome

Dans sa précédente branche 12.x, Opera proposait une solution permettant de bloquer nativement les images animées. Désormais, ce n'est plus le cas. Ainsi, le plus simple est souvent d'utiliser une extension permettant d'installer les extensions Chrome et d'appliquer les recommandations données pour le navigateur de Google.

Nous avons aussi trouvé deux extensions qui peuvent vous aider et s'installent directement dans le navigateur : Disable HTML5 Autoplay pour éviter la lecture automatique des vidéos HTML5, et Policy Control pour retrouver une gestion domaine par domaine des éléments à autoriser ou non.

Notez que dans le cas de Flash, il est aussi possible d'utiliser une option native. Celle-ci se trouve dans la section Sites web des paramètres. Vous pourrez alors opter pour Cliquer pour lancer ou Empêcher, selon votre besoin. Il sera possible de gérer une liste d'exceptions.

Safari : une option arrive dans macOS High Sierra

Avec la prochaine version de macOS, Apple proposera à son tour une option permettant de bloquer la lecture des vidéos en lecture automatique, avec ou sans le son activé. Pour l'utiliser, vous devez disposer de Safari 11 et vous rendre dans les paramètres des sites web. 

Vous pourrez alors vous rendre dans l'onglet Lecture automatique et choisir l'action par défaut. Notez qu'une liste vous permettra de créer des exceptions avec un comportement au cas par cas selon les sites visités :

Safari macOS High Sierra Lecture automatique

Notez qu'il existe aussi une ancienne extension permettant de bloquer les GIF, Deanimator, ainsi qu'une procédure nécessitant la mise en place du mode Debug.

IE, Edge et le mobile

Les navigateurs natifs de Microsoft, ainsi que ceux pensés pour un usage depuis les appareils mobiles offrent malheureusement assez peu de contrôle sur la lecture automatisée des contenus. 

Ainsi, Internet Explorer vous permettra seulement de désactiver les animations sur les images dans la section Multimédia des Options internet avancées. Flash pourra seulement être entièrement désactivé dans la gestion des modules complémentaires de la section Programmes.

Animations Internet Explorer

Edge proposera aussi une telle option, mais aucune extension dédiée aux GIF, à la lecture automatique via HTML5 ou au blocage de Flash n'est encore proposée pour le moment.

Bien entendu, n'hésitez pas à proposer vos astuces via nos commentaires, nous mettrons ce guide à jour si nécessaire.


chargement
Chargement des commentaires...