Internet par satellite : feu vert de l’Arcep pour Starlink de SpaceX

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Internet par satellite : feu vert de l’Arcep pour Starlink de SpaceX

SpaceX dispose désormais de quatre autorisations de l’Arcep, lui permettant de déployer son offre en France. Elles concernent l’exploitation des fréquences sur trois stations de base au sol ainsi que pour les « terminaux utilisateurs (type paraboles) », qui permettent aux clients d’accéder à Internet.

Cela fait maintenant des mois que SpaceX envoie des satellites par paquets de plusieurs dizaines sur des orbites basses pour construire son réseau mondial Starlink. La constellation grossit rapidement puisqu’il y en a désormais plus de 1 000 en orbite, selon SpaceNews.

Le but de Starlink est de proposer un accès à Internet partout dans le monde, avec une latence raisonnable, surtout comparée à celle des autres offres par satellites (géostationnaires). Pendant la bêta, « les utilisateurs peuvent s'attendre à voir des vitesses variant entre 50 et 150 Mb/s et une latence de 20 à 40 ms ».

Avec des offres traditionnelles, la latence est de plusieurs centaines de millisecondes au minimum, à cause de la distance à parcourir (36 000 km entre le satellite et la Terre). Le lancement de nouveaux satellites permet certes d’augmenter les capacités et donc les débits des clients, mais ne change rien à la latence tant qu’ils sont géostationnaires.

Des stations au sol dans le Nord, la Gironde et la Manche

La bêta a débuté l’année dernière pour certains clients triés sur le volet, avec l’interdiction de parler des performances… même si des fuites sont rapidement arrivées. La procédure s’est accélérée sur la fin de l’année pour des clients sur liste d’attente. On apprenait au passage que l’abonnement est à 99 dollars par mois, et qu’il faut acheter un kit de réception (parabole) à 499 dollars.

Les précommandes ont officiellement ouvert il y a quelques jours, avec un lancement prévu pour la seconde moitié de l’année en France. « La disponibilité est limitée. Les commandes seront traitées sur la base du premier arrivé, premier servi », précise la société.

Au cours de l’année dernière, l’Arcep a délivré trois « autorisations d’exploitation de fréquences liées aux stations passerelles (Gateway), essentielles au fonctionnement du réseau (ces fréquences sont utilisées pour permettre au satellite de se connecter au réseau terrestre) ». Pour rappel, Internet par satellite a un fonctionnement particulier : le client envoi une demande au satellite, qui la transmet à une station de base au sol, qui renvoie le résultat au satellite, qui la transmet à l’utilisateur.

La première autorisation remonte à début juillet, au nom de la société Tibro (orbit à l’envers) et porte sur « la station terrienne Gravelines Starlink ». La seconde est arrivée quelques semaines plus tard, en aout. Elle concerne de nouveau la société Tibro (qui sert visiblement à cacher le nom de SpaceX), mais pour une station au sol à Villenave-d’Ornon, en Gironde cette fois.

La troisième date de début décembre, mais est un peu différente : SpaceX ne se cache plus derrière Tibro ; l’autorisation est à son nom propre. Elle concerne la ville de Saint-Senier-sur-Beuvron (non loin du Mont-Saint-Michel) dans la Manche. Cette autorisation avait soulevé quelques inquiétudes chez certains habitants.

Dans les trois cas, les autorisations de l’Arcep permettent à SpaceX d’exploiter des fréquences radioélectriques « dans les bandes 18 GHz et 28 GHz ». La première sert à la liaison descendante (espace vers Terre), la seconde pour les liaisons montantes (Terre vers espace). Il est indiqué que les autorisations sont valables pour « une durée de dix ans », et qu’elles sont renouvelables sous certaines conditions.

Bref, les satellites se mettent en place dans le ciel et les stations au sol ont leurs autorisations dans trois points stratégiques en France (et dans d’autres pays dans le monde), mais cela n’est toujours pas suffisant pour lancer un réseau commercial : il faut encore que les clients puissent se connecter aux satellites.

Paraboles pour Starlink : SpaceX obtient le feu vert de l’Arcep

C’est l’objet de la dernière autorisation qui vient d’être rendue publique par le régulateur des télécoms.

Elle est valable « sur l’ensemble du territoire sur lequel l’Arcep est affectataire » et permet à SpaceX l’« exploitation de fréquences liées aux terminaux utilisateurs (type paraboles), nécessaire pour fournir un service d’accès à Internet par satellite aux utilisateurs finaux ».

D’un point de vue technique, cela correspond aux bandes de 10,95 à 12,70 GHz pour le sens espace vers Terre et de 14 à 14,5 GHz dans le sens inverse. 

Cette autorisation s’inscrit dans le cadre de la décision ECC/DEC/(17)04 de la Conférence européenne des administrations des postes et télécommunications (CEPT). Elle précise « un certain nombre de critères relatifs à l’utilisation de fréquences radioélectriques de ces bandes afin d’effectuer des communications entre des systèmes à satellites non-géostationnaires et des stations terriennes fixes ».

SpaceX devra « interrompre immédiatement » en cas de brouillage

Le but est de « prévenir des brouillages qui pourraient être causés par les terminaux utilisateurs », une étape importante puisque les clients ne sont soumis à aucune déclaration individuelle pour l’installation des paraboles. Cette autorisation ne donne par contre aucune « garantie de non-brouillage » et oblige à une « non-interférence vis-à-vis d’autres systèmes et services utilisant ces bandes de fréquences ou présents en bandes adjacentes ».

Dans l’article 4 il est précisé que « la société Starlink Internet Services Limited devra interrompre immédiatement toute activité liée à l’utilisation de ces fréquences si des brouillages étaient constatés ». Cette autorisation est également valable dix ans.

Enfin, l’Arcep rappelle qu’il ne s’agit là que des autorisations nécessaires à l’exploitation des fréquences. Cela « ne dispense pas de la délivrance d’autres autorisations requises pour l’implantation de stations radioélectriques (déclarations auprès de l’Agence nationale des fréquences, autorisations d’urbanisme) ».

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