L’impact de la crise sanitaire sur les télécommunications fixes et mobiles

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Mobilité 7 min
L’impact de la crise sanitaire sur les télécommunications fixes et mobiles
Crédits : Patrick Daxenbichler/iStock

2020 est une année spéciale pour le marché des communications fixes et mobiles, où l'on constate un yoyo de la consommation et des portabilités. L’année se termine néanmoins sur une hausse des revenus des opérateurs, pour atteindre fin 2020 des niveaux semblables à fin 2019.

L’Arcep vient de mettre en ligne son observatoire du marché des communications électroniques en France pour le quatrième trimestre 2020. L’occasion d’avoir une vision globale de cette année si particulière sur fond de pandémie mondiale et de mesures plus ou moins strictes en France au fil des confinements.

Sans surprise, le régulateur explique que, sur les trois derniers mois de l’année, « la crise sanitaire continue d’impacter fortement les usages des télécommunications avec un effet accru lors des confinements ».

Premier fait marquant : la consommation vocale depuis les réseaux fixes et mobiles.

Appels depuis les fixes et mobiles : 63,6 milliards de minutes

Alors qu’elle était en baisse depuis trois ans, « sa croissance avait atteint un niveau record durant le premier confinement, jamais égalé en 20 ans : +21 % en un an au premier semestre 2020 ». Au troisième trimètre, la hausse continuait avec 7 % de plus, pour désormais atteindre 10 % sur le dernier trimestre à cause du deuxième confinement. Sur les trois derniers mois 2020, pas moins de 63,6 milliards de minutes ont été consommées.

Depuis le début de l’année, le mobile est le premier pôle de croissance concernant les appels vocaux, devant ceux émis via une ligne fixe (qui sont également en augmentation) : « Au total, les détenteurs de forfaits ont téléphoné 4h04 par mois depuis leur terminal mobile ce trimestre, une consommation moyenne qui progresse de 19 minutes en un an ». La hausse était respectivement de 33, 60 et 12 minutes sur les trois premiers trimestres 2020.

  • Arcep observatoire 2020
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  • Arcep observatoire 2020

1,8 exaoctet sur le trimestre, 10,5 Go par mois en 4G

La consommation de données sur réseaux mobiles atteint 1,838 exaoctet (1,771 exaoctet trois mois auparavant) et continue de croître avec 22 % en un an, après des hausses de 48 à 27 % sur les précédents trimestres. « Les utilisateurs des réseaux 4G, qui réalisent 95 % du trafic total de données sur réseaux mobiles, consomment, en moyenne, 10,5 Go par mois », soit un niveau stable sur trois mois et en hausse de 12 % en un an.

Les SMS continuent leur chute… qui n’avait pas attendu la pandémie pour commencer. Ils sont en effet remplacés par des applications mobiles depuis des années. Néanmoins, leur recul s’accentue « fortement depuis le deuxième trimestre 2020, avec un effet plus important durant les deux confinements » : -21 % ce quatrième trimestre, après -15 % au troisième et -23 % au deuxième trimestre. 

Arcep observatoire 2020

La chute constante du roaming (et des SMS)

Conséquence logique de la crise sanitaire, les appels en roaming out – c’est-à-dire lorsque des clients français se déplacent à l’étranger – sont en très forte baisse sur la quasi-totalité de l’année, avec un ralentissement de la tendance au fil des mois : 31 % de moins au deuxième trimestre, 25 % au troisième et 15 % au quatrième.

La data en roaming est aussi en baisse « pour le troisième trimestre consécutif (-21% en un an ce trimestre), alors qu’il était en croissance constante et élevée depuis 2017 (+44 % en 2019) ». On s’en doute, mais les SMS aussi sont en très forte baisse avec 10 %, 75 %, 62 % et 55 % de moins sur les quatre trimestres de 2020.

Concernant le roaming in, c’est-à-dire à l’usage de clients détenteurs d’un forfait étranger et l’utilisant en France, « l’ensemble des usages […] régressent plus rapidement ce trimestre par rapport au troisième trimestre 2020, néanmoins ils diminuent à un rythme inférieur au deuxième trimestre 2020 ». 

Les opérateurs ont ainsi facturé à leurs homologues étrangers 1,216 million de minutes vocales, 97 millions de SMS et 17 403 To de data. On est loin des chiffres du troisième trimètre avec 1,518 million de minutes, 189 millions de SMS et 35 391 To, mais au-dessus du second (1,079 million d’appels, 77 millions de SMS et 12 968 To).

78,1 millions de cartes SIM… et moi et moi et moi

Sur le nombre de forfaits mobiles souscrits, le régulateur note une augmentation « à un rythme soutenu, entre +1,9 et +2,0 millions en rythme annuel depuis un an ». La baisse du prépayé (qui se constate depuis des années) s’accentue fortement avec environ un million de cartes en moins fin 2020 par rapport à fin 2019.

C'est « deux à trois fois plus qu’il y a un an à la même période ». Au total, la France comptait 78,1 millions de cartes SIM en service au 31 décembre 2020, dont 70,3 millions de forfaits et 7,8 millions de prépayées. Fin 2019, le total était de 77,2 millions, avec respectivement 68,4 et 8,8 millions. Sur les 78,1 millions, 60,4 millions des cartes sont actives en 4G (5,5 millions de plus en un an), soit 77 % du parc, en hausse de 6 points sur un an.

La portabilité reprend des couleurs

Sur le fixe, les demandes de portabilité étaient en petite baisse depuis le quatrième trimestre 2019 (-4% en un an), puis très fortement durant le premier semestre 2020 (-24% en un an) « probablement en raison de l’arrêt des déménagements durant le confinement ».

La machine était repartie durant le troisième trimestre avec 20 % de hausse sur un an, et elle continue sur le quatrième trimestre avec 12 % de mieux, « confirmant ainsi la reprise de l’activité ». L’Arcep dénombre 787 000 demandes de portabilités, soit le second score le plus élevé depuis au moins cinq ans.

Le record est à 795 000 au premier trimestre 2019.

Arcep observatoire 2020Arcep observatoire 2020

Sur le mobile la situation est différente. Après une année record en 2018 marquée par des promotions à tout va, une baisse de la portabilité avait été enregistrée en 2019. Si le deuxième trimestre était particulièrement faible en 2020, on retrouve au quatrième trimestre le même niveau que l’année d’avant avec 1,7 million de demandes.

Il faut dire que les opérateurs multiplient les hausses ces dernières années, notamment sur les forfaits les moins chers (moins de 7/8 euros) à qui ils imposent parfois « un enrichissement » sous la forme de Go supplémentaires (même si vous n’en avez aucunement besoin) et d’une augmentation de la facture.

Revenus des opérateurs et facture moyenne mensuelle

Le dernier point de l’observatoire concerne les revenus des opérateurs sur l’année 2020. Sur le marché de détail, ils sont stables « pour le deuxième trimestre consécutif après un recul significatif au deuxième trimestre 2020 ». Comme nous l’avions expliqué, les opérateurs étaient néanmoins tous restés dans le vert sur le premier semestre.

Le total des revenus était ainsi de 8,664 milliards d’euros au premier trimestre, contre 8,563 milliards au second (101 millions de moins), 8,783 milliards au troisième et enfin 9,147 milliards sur le dernier trimestre 2020.

Côté client, la facture moyenne mensuelle des services voix et données sur le fixe était de 31,5 euros HT, quasiment stable sur un an, mais en baisse de 0,4 euro HT sur trois mois. Sur le mobile par contre, la moyenne était à 14,4 euros HT, stable cette fois-ci sur trois mois, mais en baisse de 0,3 euro HT sur un an. 

Le premier confinement a eu des effets importants sur le chiffre d’affaires des opérateurs avec la fermeture des boutiques. Depuis leur réouverture, « l’activité a repris à un rythme équivalent voire supérieur ». Au quatrième trimestre, les revenus de la vente de terminaux et des équipements mobiles ont augmenté de 4,1 % en un an, « soit un niveau trois fois plus important que celui du quatrième trimestre 2019 », pour atteindre 1,1 milliard d’euros.

L’Arcep note par contre un « fait qui n’avait pas été observé depuis trois ans » : la baisse de 0,8 % des revenus associés aux forfaits, soit 96 % de l’ensemble des services mobiles. « Cette contraction s’explique essentiellement par la baisse importante des usages en roaming out liée aux déplacements limités dus à la crise sanitaire ».

Arcep observatoire 2020

Il faudra attendre les prochains observatoires de l’Arcep pour mesurer les conséquences des règles de confinement sur la fin du premier trimestre dans certaines régions puis au niveau national sur le mois d’avril.

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