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Comment 4G, 5G, Wi-Fi et satellites viennent « au secours du très haut débit »

Sans se presser…
Internet 7 min
Comment 4G, 5G, Wi-Fi et satellites viennent « au secours du très haut débit »
Crédits : miakievy/iStock

Durant les Assises du Très Haut Débit, l’ANFR et le CNES sont revenus sur la 5G, l’ouverture aux 6 GHz du Wi-Fi et l’accès à Internet par satellite. Dans ce dernier cas, il faut néanmoins avoir conscience des limites, tant dans les offres actuelles que les constellations qui pourront avoir un intérêt, pour ceux pouvant se payer un tel accès.

La semaine dernière, les Assises du Très haut débit étaient l’occasion de parler du « plan de reprise » de la filière fibre, qui compte bien garder les mêmes objectifs qu’avant la crise sanitaire : « bon débit » à 8 Mb/s en 2020, très haut débit en 2022. 

Après les interventions d’InfraNum et du ministre Julien Denormandie, trois tables rondes et des interventions étaient organisées. Il a notamment été question de 5G et d’évolution du Wi-Fi avec Gilles Brégnant, directeur général de l’Agence nationale des fréquences (ANFR), mais aussi d’Internet par (constellation de) satellites avec Sandrine Lafond du CNES.

5G et Wi-Fi 6E s’invitent dans les débats

Durant une dizaine de minutes, Gilles Brégnant s’est exprimé sur le thème des « technologies radio au secours du très haut débit ? ». Il a commencé par rappeler que, pendant le confinement, « le déploiement des antennes-relais a continué. Les opérateurs ont notamment mis en service des sites 4G qui n’étaient pas encore activés, mais déjà autorisés ».

Il rappelle que les opérateurs disposent « d’un volant d’autorisations non activées qui varie entre 10 et 19 % ». Ce que les observatoires mensuels permettent d’attester. L’autre solution mise en place par les opérateurs est d’utiliser « les capacités dont ils sont détenteurs et qu’ils ont finalement activées sur des relais. Ils se trouvaient en sous-capacité par rapport à la répartition différente de la population ». Il cite un exemple : « la bande des 2,1 GHz, qui est initialement 3G, a souvent été activée sur des antennes relais existantes, car on pouvait les téléactiver très activement […] On a augmenté la capacité […] de manière très transparente et invisible, mais ça a très bien fonctionné », affirme-t-il.

Il en profite pour revenir sur la « peur » de la 5G : « ce qui a été étonnant, c’est qu’on a eu pendant le confinement un système qui a fonctionné avec du Wi-Fi, de la fibre, des réseaux 2G, 3G, 4G mais les gens en sont sortis avec une peur de la 5G, alors qu’elle n’est pas encore déployée en France […] C’est aussi parce qu’on a prévu des capacités de croissance liées à la 5G qu’on a pu maitriser la crise […] Cette peur doit avoir des réponses ».

Plusieurs pistes sont à l’étude à l’ANFR pour avoir toujours plus de bande passante pour les opérateurs. Comme « proposer des faisceaux hertziens qui vont monter en fréquences dans les 68/70 GHz […] avec plus de capacité et moins de portée ». 

Brégnant revient aussi brièvement sur une possible « extension des bandes Wi-Fi » en rappelant que « le Wi-Fi à 2,5 GHz à un peu atteint ses limites […] très saturé dans les espaces urbains ». Cela commence aussi à être le cas sur la bande des 5 GHz. Or, on l'a vu pendant le confinement, le réseau local sans fil est recommandé comme devant être utilisé en priorité pour délester les réseaux mobiles. Il faut donc anticiper d'éventuels problèmes. C'est là que le Wi-Fi 6E entre en scène.

Annoncé au début de l’année par la Wi-Fi Alliance, 1 200 MHz de fréquences ont déjà été mis à sa disposition aux États-Unis . Le président de l’ANFR indique de son côté être « en train de réfléchir au Wi-Fi 6 GHz. Il faut réfléchir aussi à accroitre cette capacité, car les derniers 30 mètres sont importants ». Il serait en effet temps que l’Agence se prononce sur le sujet.

ANFR Assises 2020ANFR Assises 2020

Le CNES vante l'accès Internet par satellite

Sandrine Lafond (experte en télécommunications par satellite - marchés, services et usages au CNES) revenait pour sa part sur l’accès à Internet par le satellite en commençant par dresser un portrait des forfaits qui, selon elle, représenterait « la réalité des offres actuelles » : « 30 Mb/s pour le grand public, 50 Mb/s pour les professionnels », avec un débit montant de « 6 Mb/s en standard et 2 Mb/s sur quelques offres SES ». Des valeurs... surtout théoriques et marketing.

Car elles ne sont valables que de manière très limitée sur nombres d'offres, soit par des quotas ou par un fair use parfois assez obscure. Sans parler de la latence, ici mise de côté alors que c'est l'un des gros points noirs du satellite. C’est le cas pour les géostationnaires utilisés actuellement et qui sont sur une orbite haute à 36 000 km d’altitude.

La latence est donc de 500 ms minimum le temps de faire les deux allers-retours nécessaires : modem de l’utilisateur > satellite > station de base qui réceptionne la demande et effectue la recherche sur Internet > satellite > modem de l’utilisateur. Sandrine Lafond ajoute que « dans le temps les offres ont toujours évolué, et elles évolueront toujours »… sauf pour la latence évidemment, puisqu’elle dépend d’une limite physique : la vitesse de la lumière.

Les débits vont par contre augmenter. Konnect passera à 100 Mb/s « fin 2020 sur l’ensemble des régions françaises », et 200 Mb/s sont attendus à partir de 2022 grâce à un nouveau satellite Konnect VHTS qui doit encore être envoyé dans l’espace (la fabrication a déjà commencé). Comme pour essayer de rassurer ou de se justifier, elle ajoute que le satellite serait utilisé par « deux millions d’utilisateurs aux États-Unis ».

Une technologie de « pays développés qui cherchent 100 % de couverture ». Mais elle lui trouve tout de même quelques limites. Tout d’abord la dispersion des offres en plusieurs petits acteurs, elle parle même « d’atomisation ». Ensuite, l’accès à Internet par satellite ne dépend pas « d’une politique locale : ce n’est pas une région qui va lancer un satellite ».

Enfin, elle regrette que la subvention pour un accès au bon haut débit ne dépasse pas 150 euros sur le satellite (autant qu’en 4G fixe et boucle locale radio), un montant qu’elle juge « insuffisant ». Elle rejoint les demandes de l’observatoire du très haut débit d’augmenter ce montant : les « 250 euros qu’ils ont identifiés parrai[ssent] vraiment un minimum ».

Les constellations de satellites limitées par le coût du terminal

Elle revient ensuite sur les constellations de OneWeb – en faillite, mais qui vient de se trouver un duo d'acquéreurs – et Starlink de SpaceX. Puisqu’ils se trouvent à quelques centaines de kilomètres (et jusqu’à un peu plus de 1 000 km) d’altitude, la latence est mathématiquement réduite. Dans le cas de Starlink, Elon Musk pense arriver à moins de 20 ms.

« Est-ce une solution pour une couverture résidentielle et PME des territoires ? » se demande-t-elle. « Non, car les terminaux sont très chers. On n’aura jamais des terminaux au prix d’une parabole », soit « 400 euros environ. Ça va descendre à 200 euros dans les mois/années qui viennent, hors installation ». Alors que « sur les constellations aujourd’hui, les terminaux sont des paraboles qui se pointent, les terminaux actifs sont encore plus chers et moins fiables […] je vous donne un ordre de grandeur : c’est 20 000 euros le terminal, en résidentiel ça n’a juste pas de sens ».

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Crédits : BlackJack3D/iStock

Pour Elon Musk « Starlink sera disponible pour les clients les plus difficiles à raccorder, que ce soit avec des lignes fixes ou mobiles […] Je veux être clair, ce n'est pas comme si Starlink était une grande menace pour les opérateurs télécoms ». Les constellations peuvent néanmoins apporter une solution pour servir de relai au déploiement réseau mobile (3G, 4G, 5G) afin de « desservir toute une zone, en accès collectif. Ça peut avoir du sens, mais ça ne rentre pas dans les cas actuels ». 

Même son de cloche chez Gilles Brégnant de l’ANFR : « Ces constellations peuvent jouer un rôle important demain dans ces couvertures des territoires, c’est bien ce qui va se passer dans les zones blanches en tout cas ». Bref, n’espérez pas profiter d’un accès à Internet partout dans le monde depuis votre smartphone en utilisant les satellites Starlink.

Elon Musk avait d'ailleurs indiqué que sa station de connexion ressemblerait « à un OVNI sur un bâton » (bref une parabole) avec des moteurs pour s’orienter automatiquement vers le bon azimut, mais sans donner le moindre détail sur le prix.

21 commentaires
Avatar de Inodemus Abonné
Avatar de InodemusInodemus- 06/07/20 à 16:41:27

Pour l'accès par satellite, pour avoir testé pendant 10 ans chez mes parents, le débit annoncé est bien respecté et stable tant qu'on ne dépasse pas le quota. La latence est mauvaise mais bon, on le sait dès le départ et c'est pas gênant en navigation.

Par contre, il n'y a quasiment aucune évolution dans le temps, et c'est ça le plus gros problème. Pendant ces 10 ans, mes parents n'ont changé qu'une seule fois d'offre, juste pour bénéficier du non décompte entre 1h et 6h la nuit et d'une augmentation de débit. Mais aucune offre ne leur a jamais proposé un meilleur quota que leurs 30 Go à un prix similaire, et mêmes les offres les plus chères peinaient à dépasser les 60 Go.

Ils ont switché sur la 3G il y a 3 ans, puis 4G maintenant, et là les quotas augmentent tous les ans, ils ont déjà changé une fois d'offre et ça va continuer. On verra si les constellations font mieux, mais je pense que même si l'offre pourrait être intéressante au départ, elle n'évoluera pas plus dans le temps et finira assez rapidement dépassée.

Après on reste d'accord que tout ça, c'est seulement pour les gens qui ne veulent rien héberger chez eux, et/ou souvent qui n'ont pas d'autre choix.

Avatar de Qruby Abonné
Avatar de QrubyQruby- 06/07/20 à 16:43:49

Il faut aussi penser d'une part à la résilience de ces systèmes, et d'autre part à l'empreinte énergétique requise pour déployer, maintenir et utiliser ces systèmes.

Avatar de Romaindu83 INpactien
Avatar de Romaindu83Romaindu83- 06/07/20 à 19:51:17

La 5G en France... vaste débat puisque son développement est contesté. Ce n'est pas le sujet et pourtant... la 5G comme solution alternative pour le très haut débit en France pourrait avoir du plomb dans l'aile. Elle est contestée par des élus et pas seulement écologistes. Vous avez des activistes radicaux qui brulent les antennes 5G. La Convention citoyenne demande un moratoire sur son développement, ce qui n'a pas empêché sa mise aux enchères. Très bien pour attiser la colère. Je ne sais pas si c'est ce qu'a cherché l'ancienne secrétaire d’État à l’Économie, Agnès Pannier-Runacher, devenue ministre déléguée à l'Industrie.

Je ne sais pas si c'est unique à la France mais les opérateurs télécoms font clairement face à une opposition assez virulente sur le déploiement de la 5G. Bref, la 5G pour le très haut débit, en théorie c'est intéressant, en pratique la mise en œuvre ne se fera pas sans heurts.

Édité par Romaindu83 le 06/07/2020 à 19:52
Avatar de Kazer2.0 Abonné
Avatar de Kazer2.0Kazer2.0- 06/07/20 à 20:05:17

Et aussi, bien que la plupart ne verront pas la différence, la 5G c'est du minitel 2.0, contrairement à un vrai accès internet, donc en fonction de l'usage ça peut ne pas être la meilleurs solution.

Avatar de guimoploup Abonné
Avatar de guimoploupguimoploup- 06/07/20 à 20:06:19

4g ou 5g les données n'arrivent pas aux stations de base grâce à des corbeaux. Ces réseaux on besoin d'une infrastructure fibre solide pour être déployés.

Avatar de Romaindu83 INpactien
Avatar de Romaindu83Romaindu83- 06/07/20 à 20:24:42

Kazer2.0 a écrit :

Et aussi, bien que la plupart ne verront pas la différence, la 5G c'est du minitel 2.0, contrairement à un vrai accès internet, donc en fonction de l'usage ça peut ne pas être la meilleurs solution.

Sauf qu'il faut être réaliste. Le hameau de 30 âmes isolée dans la montagne aura-t-il droit à de la fibre optique ? J'en doute fort. Il faudra bien proposer aux habitants des solutions alternatives à des prix abordables. Tous les Français doivent avoir le droit à du très haut débit, qu'ils soient isolés dans une petite commune ou qu'ils habitent une grande ville. Et, justement, c'est ce que prévoit le plan France Très Haut Débit.

Édité par Romaindu83 le 06/07/2020 à 20:26
Avatar de Nargas Abonné
Avatar de NargasNargas- 06/07/20 à 20:39:31

On reste bien loin des simples hameaux de montagne a raccorder. La fibre est inexistante en campagne. De plus par le passé la France a mis les moyen pour un réseau d'eau, d'électricité et de téléphone. Sur la durée ça devient extrement avantageux pour le développement du pays. C'est par contre probablement peu compatible avec l'objectif de rentabilité d'une entreprise à but lucratif.

Avatar de white_tentacle Abonné
Avatar de white_tentaclewhite_tentacle- 07/07/20 à 05:35:25

Je te rassure, ce seront quand même aussi les derniers servis aussi en 5G…

Avatar de hurd Abonné
Avatar de hurdhurd- 07/07/20 à 05:36:15

La 5g nécessite aussi une infrastructures importante alors je suis pas certain que la différence soit suffisante pour que le hameau soit concerné par la 5G sans l'être par la fibre.

Avatar de fofo9012 Abonné
Avatar de fofo9012fofo9012- 07/07/20 à 06:47:30

guimoploup a écrit :

4g ou 5g les données n'arrivent pas aux stations de base grâce à des corbeaux. Ces réseaux on besoin d'une infrastructure fibre solide pour être déployés.

Ah non toutes les antennes ne sont pas fibrées, loin de là, une grande partie (la majorité ?) est reliée en faisceau hertzien (une sorte de wifi très directionnel qui porte sur plusieurs dizaines de km)

https://carte-fh.lafibre.info/
Par ex: entre Reims et Noyon il y'a une liaison de 85km (à vol d'oiseaux) sur la bande des 6Ghz

Forcément ça devient bien plus simple d'installer un relais, il suffit d'avoir du courant et d'installer des antennes de compèt' pour monter le faisceau hertzien. (ce qui en coût est incomparable à tirer une fibre sur 85km)

Édité par fofo9012 le 07/07/2020 à 06:47
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