Quand la BBC demande à Google de déréférencer la page d’accueil de Dailymotion

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Crédits : tucko019/iStock Editorial/Thinkstock
Justice
Xavier Berne

Google a reçu voilà plusieurs jours une demande de déréférencement de la page d’accueil de la version britannique de Dailymotion. Le géant de l’internet n’a pas donné de suite favorable à cette requête présentée au nom de la BBC, pas plus d’ailleurs qu’à trois autres demandes qui visaient des pages IMDb de films et séries.

Perçu par de nombreux ayants droit comme une porte dorée vers le piratage, Google croule depuis plusieurs années sous les demandes dites DMCA – du nom de la législation américaine applicable aux hébergeurs. En vertu de cette procédure, le célèbre moteur de recherche est prié de ne plus faire apparaître certaines pages au sein de ses résultats, au motif que celles-ci permettraient la diffusion illégale de films, ebooks, séries, etc. 

Une demande à côté des clous

Le problème est que les ayants droit envoient ces requêtes à tour de bras (345 millions de demandes en 2014), bien souvent à l’aide de programmes informatiques qui ont du mal à faire la différence, à partir de simples mots-clés, entre contenus licites ou illicites... Le dernier exemple de cet effet de bord notoire a une nouvelle fois été repéré par TorrentFreak. Le 2 mai, Google a reçu une demande transmise au nom du groupe BBC Worldwide, propriétaire de la célèbre chaîne britannique et des nombreuses séries et émissions que celle-ci produit.

Sur son Transparency Report, la firme de Mountain View indique ainsi qu’il lui a été demandé de déréférencer la page d’accueil de Dailymotion UK, « www.dailymotion.com/gb ». Une page qui permet certes de lire des vidéos pouvant être illicites, mais dont le contenu évolue très fréquemment... Google n’a d’ailleurs pas donné suite à cette requête.

dmca dailymotion imdb
Crédits : Google Transparency Report

Le moteur de recherche a d’autre part été prié de ne plus faire apparaître trois pages du site IMDb, le père spirituel anglophone d'Allociné. Là non plus, Google n’a procédé à aucun déréférencement puisque les pages signalées contenaient de simples descriptifs d’une série financée par la BBC, « The Game », ainsi que d’émissions « Top Gear ».

Des exemples de plus en plus nombreux

Si un géant tel que Google a les moyens d’éviter que des contenus illégitimement dénoncés ne soient retirés, ce n’est malheureusement pas le cas de tous les hébergeurs... La publication de nombreuses données par le géant de l’internet montre pourtant que les dérives peuvent parfois être très larges : page d’accueil de Gmail, fiches Wikipédia, vidéos sous licence Creative Commons, livres appartenant au domaine public, pages de téléchargement de logiciels gratuits (Skype, VLC, OpenOffice...), etc.  

En France, le fait, pour toute personne, de signaler « un contenu ou une activité comme étant illicite dans le but d'en obtenir le retrait ou d'en faire cesser la diffusion, alors qu'elle sait cette information inexacte, est puni d'une peine d'un an d'emprisonnement et de 15 000 euros d'amende » (article 6 de la loi pour la confiance dans l’économie numérique).


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