Changements en vue à la Dinsic

Le changement, c'est maintenu ? 17
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Crédits : Assemblée nationale
Loi
Xavier Berne

Alors que les rumeurs concernant la Direction interministérielle au numérique (Dinsic) et son numéro un, Henri Verdier, vont bon train depuis plusieurs mois, le secrétaire d’État au Numérique nous a laissé entendre la semaine dernière qu’il y aurait effectivement du changement d’ici « quelques semaines ».

« Dinsic : Henri Verdier dans le viseur de Mounir Mahjoubi », titrait « La Lettre A » le 13 juillet dernier. Ambiance.

Plusieurs sources nous ont depuis confirmé que les relations entre les deux hommes étaient effectivement tendues.

Relations tendues entre deux hommes forts du numérique

Au détour d’un article du Monde, on apprend d’ailleurs qu’en 2012, Mounir Mahjoubi souhaitait occuper le poste finalement dévolu à Henri Verdier – directeur de la mission Etalab, l’institution en charge d’accompagner les administrations dans leur marche vers l’Open Data.

En septembre 2015, Henri Verdier est promu numéro un de la Direction interministérielle du numérique et du système d'information et de communication de l'État (Dinsic), dont fait partie la mission Etalab.

De son côté, Mounir Mahjoubi devient président du Conseil national du numérique en février 2016, avant de démissionner moins d’un an plus tard, afin de participer à la campagne d’Emmanuel Macron.

Désormais secrétaire d’État au Numérique, l’intéressé a officiellement « autorité » sur différentes administrations, dont la Dinsic. Et pour cause : cette dernière travaille sur la plupart de ses dossiers : dématérialisation des démarches administratives, identité numérique (FranceConnect), Open Data, etc.

Projet de réorganisation de la Dinsic

Selon nos informations, un projet de décret visant à restructurer la Dinsic a été préparé ces derniers mois, dans l’objectif notamment de scinder l’institution en plusieurs entités distinctes. C’est dans ce contexte que le départ d’Henri Verdier aurait alors été évoqué.

Jeudi 13 septembre, alors que nous suivions Mounir Mahjoubi suite à la présentation du plan national pour l’inclusion numérique, nous avons tenté de l’interroger sur ce dossier. Bien mal nous en a pris.

« Xavier Berne, vous êtes à une conférence de presse sur l'inclusion numérique, le jour du plan pauvreté, et vous parlez de l'organisation de la Dinsic ? » nous a sèchement lancé le secrétaire d’État au Numérique.

Nous avons eu beau expliquer que la Dinsic s’occupait également des questions d’inclusion numérique (il est par exemple prévu qu’un bouton « FranceConnect Aidants » soit expérimenté), Mounir Mahjoubi s’est montré passablement agacé de notre question. « Monsieur, je ne sais pas ce que vous êtes venu faire ici, mais ce n'est pas l'objet de la journée » a-t-il évacué, refusant de répondre à notre question.

Mounir Mahjoubi confirme qu'il y aura une « suite »

Une fois que toutes les questions de tous les autres journalistes furent posées, Mounir Mahjoubi a néanmoins fini par revenir sur notre interpellation :

« Henri Verdier est un des plus grands innovateurs publics de ces dernières années. Il a beaucoup travaillé sur les sujets de start-ups d'État, de développement agile, s'est souvent engagé sur les questions d'Open Data... J'ai mené de nombreux combats avec lui. »

« Son talent est très nécessaire à l'État. Nous discutons ensemble aujourd'hui », a poursuivi le secrétaire d’État au Numérique. Avant de conclure de manière plutôt énigmatique : « Dans quelques semaines, je suis sûr qu'il sera lui-même très heureux de vous parler de la suite. »

Tout en confirmant implicitement qu’il y aurait donc bien une « suite », Mounir Mahjoubi s’est bien gardé de dire de quoi celle-ci serait faite.

Contacté, Henri Verdier s'est refusé à tout commentaire.


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