Ubuntu 17.10 disponible en version finale : la grande bascule vers GNOME Shell

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le jeudi 19 octobre 2017 à 16:45
Vincent Hermann

Vous pouvez désormais télécharger la version finale d'Ubuntu 17.10. De son nom de code Artful Aardvark, elle constitue un changement majeur dans l’avancée du système, puisque Canonical y signe son grand retour vers GNOME. Les nouveautés sont par ailleurs nombreuses, comme nous allons le voir.

En avril dernier, Canonical annonçait une nouvelle fracassante : l’abandon de plusieurs projets pour se recentrer sur des solutions existantes. Exit donc Unity, Ubuntu n’utilisera plus désormais que GNOME. Le projet Mir visant à fournir à la distribution un nouveau serveur d’affichage est également écarté : le futur d’Ubuntu passe par Wayland.

Autant dire que la version 17.10 était attendue, car elle marque la mise en pratique de ces décisions. La version finale peut être récupérée comme d’habitude depuis le site officiel sous différents formats, mais avant de se précipiter, il faudra bien prendre en compte certains changements, car des réflexes acquis depuis longtemps seront à revoir.

De plus, signalons que Canonical ne fournit plus d’images ISO 32 bits pour Ubuntu (sauf pour l'édition Server). Ceux ayant déjà un système 32 bits pourront par contre déclencher la mise à jour. Une nouvelle étape sur la route du 64 bits roi.

Adieu Unity, bonjour GNOME

Le changement que tout le monde attend de jauger est bien le passage de Unity vers GNOME Shell. Ce sont toutes deux des interfaces graphiques reposant sur GNOME, l’environnement servant de socle applicatif à Ubuntu. Mais Canonical, plutôt que d’utiliser Shell, avait choisi de développer sa propre interface, donnant naissance à Unity.

Dans la pratique, les utilisateurs ne devraient pas être trop surpris. Les éléments de base sont toujours là : une grille en bas à gauche pour faire apparaître les applications, le dock de gauche pour épingler ses logiciels (une option permet de le masquer quand il n'est pas utilisé) et voir ceux déjà ouverts, et enfin une barre en haut pour les menus, le réglage du son, le réseau, les notifications et bien sûr les fonctions liées à la session (verrouillage, redémarrage, arrêt…) :

Ubuntu 17.10Ubuntu 17.10

Mais sortis de ces éléments, le reste disparaît et il faudra prendre quelques nouvelles habitudes. Pour les notifications par exemple, le centre unifié de GNOME intègre directement les contrôles de lecture pour les médias. La touche Windows (ou CMD sur un Mac) lance un mode Exposé affichant toutes les fenêtres. Les contrôles sont toujours là : déplacement, fermeture, envoi vers un autre écran ou espace de travail, etc.

Si des éléments comme le Dash ou la barre de menu globale disparaissent, leurs fonctionnalités sont en fait réparties d’une autre manière. Bien que l’on passe par une phase d’ajustement, on ne se retrouve pas démuni, même si certains risquent de pester un peu contre ces multiples modifications dans l’expérience utilisateur. Les grands principes, eux, ne changent presque pas. En clair, un Shell mâtiné de Unity qui ne devrait pas décontenancer les utilisateurs.

Dans l’ensemble, le résultat se révèle agréable. L’interface est réactive et les petites animations discrètes ne sont pas pour déplaire. On notera également quelques raffinements, comme le passage des fenêtres sous le dock s’affichant par transparence. Et, surprise, les boutons de contrôle des fenêtres sont repassés à droite. Ceux qui n'apprécient pas ce changement pourront bien entendu l'inverser dans les options d'interface.

L’utilisation de Wayland par défaut n’a provoqué sur notre machine de test aucun problème particulier. Cependant, ceux qui ont des cartes NVIDIA risquent de rencontrer des problèmes avec le pilote binaire classique. Si Ubuntu détecte la moindre incompatibilité, il rebasculera sur X.org. Un comportement prévisible, les autres distributions ayant fait de même, du moins pour celles poussant Wayland (Fedora avait dégainé la première).

Notez enfin que ceux qui tiennent absolument à Unity pourront y revenir. Il suffira d'installer le paquet correspondant pour retrouver la version 7 de l'environnement.

Ubuntu 17.10Ubuntu 17.10

GNOME 3.26 et mise à jour générale des applications

Ubuntu 17.10 intègre GNOME 3.26 et toutes les nouveautés qu’il embarque. Pour ceux qui étaient sur une ancienne version de l’environnement, il faudra donc prendre en compte des changements supplémentaires. Par exemple, un panneau de paramètres entièrement révisé avec une barre latérale pour classer les réglages par catégories

Parmi les autres nouveautés de GNOME 3.26, on signalera l’arrivée d’un panneau de gestion des emojis et la prise en charge des couleurs dans ces derniers, des résultats de recherche améliorés (plus lisibles et plus nombreux), des paramètres d’affichage plus évidents, ou encore différentes petites retouches graphiques, comme une barre supérieure translucide quand aucune application n’est en plein écran, ou de nouvelles fenêtres de signalements d’erreurs quand une application ne répond pas.

Notez que la session par défaut dans Ubuntu utilise une version modifiée du Shell. Les utilisateurs qui souhaiteraient retrouver un « vrai » GNOME Shell peuvent installer le paquet gnome-session présent dans Logiciels.

Évidemment, et comme toujours avec une nouvelle version de distribution, tous les logiciels et composants ont été mis à jour. Ubuntu 17.10 est centrée sur un noyau Linux 4.13, qui devrait améliorer grandement la gestion de l’énergie sur une partie des ordinateurs portables. Le système de fichiers Ext4 est utilisé par défaut et, pour rester dans les composants principaux, on note Mesa 17.2.2, X.org 1.19 ou encore GCC 7.2.0.

Le système reste donc sur son idée de toujours récupérer les dernières versions stables, contrairement à d'autres distributions qui préfèrent tabler sur des versions éprouvées par le temps (comme Debian, qu'Ubuntu reprend). À côté de ces composants, on retrouvera donc les dernières révisions stables de LibreOffice, Firefox, Thunderbird et autres. On notera que le lecteur multimédia Rythmbox se dote d’une nouvelle interface rappelant VLC, et que Xterm disparaît purement et simplement.

Une version clairement importante

On pouvait penser initialement que cette mouture 17.10 ne serait qu'un maillon menant vers la version majeure 18.04. Pourtant, Artful Aardvark est bien un changement majeur, ne serait-ce que pour sa bascule vers GNOME Shell. Que Canonical y ait apporté assez de changements pour fournir une vraie sensation de retrouver Unity n'y changera rien : les utilisateurs faisant la mise à jour ont tout intérêt à savoir que des réflexes seront à changer.

Malgré l'ampleur de cette évolution, on se surprend à trouver très rapidement ses repères, Canonical ayant manifestement très bien travaillé sa copie. La qualité de l'ensemble est évidente. Bien sûr – et comme toujours – certains aimeront, et d'autres pas. Mais l'éditeur a maîtrisé sa bascule, à tel point en fait que le travail avait probablement commencé avant les annonces fracassantes de Canonical au printemps dernier.

On formulera quand même une critique à l'encontre d'Ubuntu 17.10. Malgré ces changements au message fort (certains diraient que la distribution revient dans le rang), Canonical a laissé en place l'application d'Amazon. Elle ne dépend pas d'une éventuelle case à cocher pendant l'installation, et elle est même toujours épinglée dans le dock. Quoi qu'en dise Canonical, cet élément cadre toujours aussi mal avec un système propulsé par du logiciel libre.

Comme toujours, le téléchargement se fera en fonction des goûts de chacun, car Ubuntu est accompagné de multiples dérivés. Notez d'ailleurs que selon les cas, on peut récupérer une image 32 bits, car la création de ces ISO reste à la discrétion des équipes dédiées :


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