Élection de Trump : Facebook fournit des publicités « russes » au Congrès et promet des mesures

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Reseaux Sociaux
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le lundi 25 septembre 2017 à 10:30
Guénaël Pépin

Facebook veut contribuer activement à l'enquête parlementaire sur l'ingérence russe dans l'élection de Donald Trump l'an dernier. La société fournit plus de 3 000 publicités au Congrès, tout en assurant renforcer le contrôle des réclames politiques sur sa plateforme.

Début septembre, Facebook affirmait que de fausses pages « probablement russes » avaient diffusé plus de 3 000 publicités, pour un montant de 100 000 dollars. Depuis 2015 et le début 2017, elles auraient mené une campagne sur des sujets clivants, avec des messages censés s'étendre sur l'ensemble du spectre politique.

Les publicités auraient été commandées par l'Internet Research Agency, un groupe soupçonné de contribuer à la propagande russe en ligne. Dans un nouveau billet de blog, l'entreprise désigne clairement les achats de publicités comme « russes ».

Elle affirme livrer l'ensemble des informations à la commission d'enquête du Congrès américain, officiellement après des mois de réflexion sur le sujet. Depuis janvier, la communauté américaine du renseignement déclare que la Russie a tenté de manipuler l'élection américaine de fin 2016, sur fond de recherches de liens entre l'équipe de campagne de Trump et le Kremlin.

Des données au Congrès, mais pas de publication

Selon le Washington Post, des informations auraient déjà été partagées avec les parlementaires. Le réseau social déclare, pour sa part, avoir contacté la commission d'enquête pour convenir d'une méthode de partage des publicités incriminées.

« Nous considérons qu'il est vital pour les autorités d'avoir toutes les informations nécessaires à l'information du public sur les élections de 2016 » écrit l'entreprise dans son billet de blog. La société insiste sur la difficulté morale de fournir des informations aux autorités, même sur un tel sujet, pour se dédouaner de toute publication trop facile de données d'internautes.

Dans un second billet, Elliot Schrage, vice-président en charge des affaires publiques de Facebook, affirme que l'enquête du Congrès est extraordinaire, en mettant en cause l'intégrité de la dernière élection présidentielle. Il n'est pas question de publier les informations en question, l'entreprise laissant cette (éventuelle) responsabilité au Congrès.

Plus de transparence sur la publicité politique

Comme à l'accoutumée, la nouvelle s'accompagne de promesses d'améliorations du réseau social.

Dans un message sur son profil, Mark Zuckerberg annonce en parallèle une série de mesures pour éviter qu'une telle manipulation de son système publicitaire ne se reproduise. Au-delà de la participation « active » à l'enquête parlementaire, l'entreprise compte, pour chaque publicité politique, lier la page la finançant et afficher l'ensemble des réclames mises en ligne par celle-ci.

Sans surprise, le réseau social compte renforcer son contrôle des publicités politiques et élargir son partage d'informations avec l'industrie de la sécurité. Le fondateur de Facebook déclare vouloir « renforcer le processus démocratique » avec de nouveaux services, et des actions contre « des milliers de faux comptes » il y a quelques jours, dans le cadre des élections parlementaires allemandes du week-end dernier.

Cette défense du processus électoral n'a rien d'innocent, surtout quand la responsabilité sociale de l'entreprise est pointée du doigt depuis plusieurs mois. Depuis le début d'année, elle s'affirme comme la future infrastructure de communication de l'Humanité, alors qu'une candidature de Zuckerberg à la prochaine élection présidentielle américaine fait l'objet de rumeurs insistantes.

Il reste tout de même à voir quelle importance auront les informations de Facebook dans le cadre de l'enquête du Congrès. Si le réseau social est sous les projecteurs, l'ampleur de la manipulation qu'elle aurait hébergée reste encore à déterminer.


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