Installation de Windows 10 : comment gagner du temps ? Le test face à Ubuntu Budgie

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Crédits : GeorgeRudy/iStock/Thinkstock
OS TUTO
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le mardi 17 octobre 2017 à 17:30
David Legrand

Alors que la Fall Creators Update de Microsoft sort ce soir et qu'Ubuntu 17.10 arrive d'ici quelques jours, nous nous sommes posés trois questions : Windows 10 est-il encore long à installer ? Qu'en est-il face à Linux ? Comment améliorer les choses ?

« Windows, c'est vraiment long à installer, surtout avec ses mises à jour ». Une phrase que l'on entend encore assez souvent, même en 2017 et malgré l'arrivée de Windows 10. Ainsi, le système de Microsoft demanderait encore pas mal de patience avant d'arriver sur un bureau prêt à être utilisé, surtout face à des distributions Linux. 

Curieux, nous avons décidé de faire le test et de nous poser une question simple : comment s'assurer d'installer Windows 10 de manière efficace ?

1. Utiliser une clef USB performante

Oubliez tout de suite l'idée d'une installation à l'ancienne depuis un CD ou un lecteur DVD. Pour installer un OS en 2017, la clé USB sera votre meilleure alliée. Et plus elle sera performante, plus le début de la procédure – qui comporte surtout de la copie de fichiers – sera court.

La première chose à faire est donc de vous assurer que vous disposez d'un modèle rapide. Pour cela, préférez ceux exploitant la version 3.x de la norme USB, mais n'hésitez pas à vérifier ses performances dans la pratique, surtout si vous avez plusieurs exemplaires à votre disposition. Un modèle de 4 ou 8 Go sera suffisant selon les cas.

Car toutes les clés ne se valent pas, que ce soit pour la lecture de petits ou de gros fichiers. Pour le vérifier, vous pouvez utiliser un outil simple à mettre en œuvre comme CristalDiskMark.

2. Télécharger une ISO récente de Windows 10

La seconde astuce, c'est d'utiliser une image récente de Windows, qui nécessitera donc moins de mises à jour une fois la procédure terminée. Pour cela, pas besoin d'aller chercher sur des serveurs pirates et autres recoins sombres des internets puisque Microsoft met tout ce qu'il faut à votre disposition avec son Media Creation Tool.

Pour rappel, il est possible d'installer Windows sans disposer de numéro de série. Le système d'exploitation vous demandera néanmoins une activation au bout de quelques jours, affichant un message translucide en bas de l'écran et bloquant quelques fonctionnalités de personnalisation tant que ce ne sera pas fait.

L'outil de Microsoft vous permettra de récupérer l'édition de Windows de votre choix : Famille, Pro, x64 ou 32 bits. Vous pourrez la récupérer au format ISO afin de la transférer plus tard sur une clé USB, ou le faire dès la fin du processus. La première solution permet d'éviter d'avoir à tout retélécharger en cas de problème. 

Pour référence, voici la quantité de données téléchargées et la place prise sur une clé pour deux éditions Famille de Windows 10 Creators Update :

  • Windows 10 x64 : 3 Go - 3,4 Go
  • Windows 10 x32/x64 : 5,29 Go - 6,09 Go

Si vous installez souvent Windows sur vos machines ou chez des amis, pensez à récupérer régulièrement une ISO à jour, notamment lors de la publication d'une nouvelle version majeure de Windows. 

3. Utiliser un port USB 3.0 et une connexion internet rapide

La procédure d'installation d'un système d'exploitation se décompose en général en trois parties : la copie des fichiers, l'installation/configuration et les mises à jour. C'est bête à dire, mais le principal pour accélérer le processus ne se situe pas tellement dans les performances de la machine, plutôt dans certains éléments annexes.

Comme évoqué au départ, il est primordial de disposer d'une clé USB performante, mais aussi d'un port capable de l'accueillir. Du côté des mises à jour, il faudra avoir une connexion internet rapide sous la main. Plusieurs centaines de mégaoctets de données pouvant être à télécharger, cela peut demander du temps sur une simple connexion ADSL. 

4. Les différentes étapes de l'installation

Une fois votre clé USB prête, insérez-là et redémarrez votre ordinateur. Parfois il faudra demander à votre machine de booter systématiquement sur un périphérique USB en modifiant un paramètre dans son BIOS/UEFI. Vous pouvez aussi le faire seulement une fois en pressant la touche F8, F10 ou F12 (liste non exhaustive). Cela dépendra de la marque.

  • Préparation de l'installation (moins d'une minute)
  • Copie des fichiers, préparation et installation (4 minutes)

Cette partie est celle qui dépend des performances de votre clé USB (et de votre capacité à cliquer au bon endroit sans traîner), mais aussi du périphérique de stockage de votre machine où sera installé Windows. Elle pourra donc varier selon ces critères.

Une fois cette phase terminée, la machine redémarre. Vous pouvez alors retirer la clé USB qui ne vous sera plus utile. Windows est installé, vous entrez dans la phase de configuration.  

  • Détection des périphériques et configuration (4 minutes)

Au premier démarrage, Windows détectera vos périphériques et préparera le système, ce qui prendra une petite minute et vous mènera à un nouveau redémarrage. 

Vous serez alors invités à choisir la langue du système, la ou les dispositions du clavier et à configurer votre réseau. Une fois cette étape franchie, une éventuelle mise à jour de la procédure d'installation sera téléchargée. Non, il ne s'agit pas ici de commencer à récupérer les mises à jour du système. Dommage, d'autant que Microsoft entretient le flou sur ce point.

Viendra le moment de configurer votre mode de connexion à la machine. Ici Microsoft vous incite fortement à utiliser un compte en ligne maison, qui offre quelques facilités et une synchronisation des paramètres, mais vous n'y êtes pas obligé. Il faudra par contre lutter pour être sûr de rester sur un compte local en sélectionnant Compte hors-connexion, puis Plus tard, des options qui ne sont pas sélectionnées par défaut et peu mises en avant.

Une fois votre login/mot de passe entré, vous pourrez décocher toutes les options relatives à la vie privée afin de limiter les informations envoyées à Microsoft : position, reconnaissance vocale, diagnostic ou même « Publicités pertinentes ». Après une phase de finalisation vous arriverez sur le bureau de Windows. 

  • Mises à jour Windows Update (8 minutes)

Le système sera prêt à être utilisé, et vous pouvez décider d'installer vos premières applications dès cette étape. Mais nous vous conseillons tout de même d'aller faire un petit tour dans la section dédiée à Windows Update (Windows + i > Mise à jour et sécurité) afin de lancer directement la phase de mise à jour du système.

Dans notre cas il s'agissait de la dernière cumulative en date (KB4034674) et de la mise à jour 1703 (KB4022405). Cette phase-ci dépendra essentiellement des composants de votre machine (et des pilotes qui doivent être téléchargés), mais aussi de votre connexion internet. On regrettera tout de même de ne pas pouvoir précharger ces mises à jour lors de la récupération de l'ISO ou même qu'elles ne s'effectuent pas directement lors de l'installation.

Microsoft veut sans doute éviter que le processus apparaisse comme trop long. En effet, il faut compter pas moins de 5 minutes même sur notre connexion FTTH @ 200 Mb/s. Le gros du temps dans notre cas n'est d'ailleurs pas celui nécessaire au téléchargement (621 Mo tout de même), mais à l'installation des mises à jour. Une fois terminé, vous devrez à nouveau redémarrer. Comptez trois minutes de plus.

  • Mise à jour des applications du Windows Store

La dernière phase est la moins connue, mais sous Windows 10, certaines applications du système sont mises à jour à travers le Windows Store. Ici aussi, la rapidité dépendra principalement de la vitesse de votre connexion internet, d'autant que ce sont pas moins de 1 Go de données supplémentaires qui sont récupérées au passage.

Comme pour Windows Update, par défaut, tout se fera de manière transparente. Mais vous avez la possibilité de lancer manuellement la procédure, qui nous a demandé trois minutes lors de notre test. Cette étape sera d'autant plus longue que Microsoft croit malin d'installer des applications de certains de ses partenaires qui n'ont rien à voir avec le fonctionnement de base de Windows, ne sont nullement nécessaires, et que vous n'avez pas demandées.

On apprécierait ici de pouvoir indiquer notre volonté de ne pas les voir s'installer afin d'économiser du temps et de la bande passante. D'autant que la première chose à faire sera justement de supprimer tous ces éléments inutiles.

Durée totale de la procédure : 20 minutes environ

Au final, il nous aura fallu un peu plus de 20 minutes pour installer Windows 10 de manière complète une fois la clé USB créée, mises à jour comprises. Bien entendu, passer sur une ligne ADSL vingt fois moins rapide que notre ligne FTTH peut largement rallonger ce temps puisqu'il faudrait un peu plus de 20 minutes pour télécharger le 1,62 Go de données contre à peine 1 minute ici. 

Néanmoins, on ne peut pas trouver ça très long, surtout par rapport à ce que nous avions pu constater avec les précédentes moutures de Windows. On notera que ce temps dépendra également de la période qui sépare l'installation de la mise en ligne de l'ISO utilisée. S'il est court, peu de mises à jour seront à faire. Dans notre cas, il était presque maximal puisque notre test a eu lieu six mois après la mise en ligne de la version Creators Update (1703).

Microsoft pourrait néanmoins permettre aux utilisateurs de grapiller de précieuses minutes : tout d'abord en effectuant le téléchargement des mises à jour en tâche de fond et surtout plus tôt. Ensuite en arrêtant d'imposer des logiciels tiers inutiles à travers son Store, qui n'est déjà pas perçu comme d'une utilité folle.

Enfin, on note plusieurs redémarrages et pas mal de temps perdu pour demander à utiliser un compte local plutôt qu'un compte en ligne, pour désactiver les différents éléments relatifs à l'utilisation des données, etc. Microsoft gagnerait sans doute à nous épargner un peu sur de tels éléments. 

Et face à une distribution Linux ?

À titre de comparaison, nous avons cherché à voir ce qu'il en était du côté de Linux. Pour cela nous avons utilisé Ubuntu Budgie dans son édition 17.04. Cette version à l'avantage d'intégrer de nombreuses applications, dont certaines plutôt pratiques, en plus d'offrir un design plus accueillant pour qui n'aime pas les couleurs de base d'Ubuntu.

Et comme l'on pouvait s'y attendre, c'est tout à fait autre chose. En effet, la clé USB fait office de système « live » utilisable, comme souvent dans le monde Linux. L'installation elle-même demande assez peu de renseignements : le compte principal, chiffrement ou non du système, organisation des partions, langue, etc. 

Cette phase demande à peine plus de quatre minutes. Une fois le système démarré, une ligne de commande suffit pour demander la mise à jour du système ET des applications. Dans le cadre de notre test, à peine une centaine de megaoctets devaient être téléchargés. Le tout aura nécessité trois minutes environ. 

Au total, l'installation nous aura demandé un peu plus de huit minutes, soit presque le tiers du temps nécessaire à celle de Windows 10. Preuve qu'il y a tout de même des efforts à faire du côté de Redmond. 


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