SoundCloud lève 170 millions de dollars pour se maintenir à flot, son PDG démissionne

La levée de la dernière chance 16
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Société
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le lundi 14 août 2017 à 11:00
Kevin Hottot

Un mois après avoir licencié près de la moitié de ses employés, SoundCloud a trouvé le moyen de ne pas passer tout de suite par la case faillite. La plateforme de streaming musical a trouvé un financement qui lui permet in extremis de poursuivre ses activités.

Le 6 juillet dernier, Alex Ljung, le fondateur et PDG de SoundCloud, publiait un billet de blog annonçant de mauvaises nouvelles. Prise à la gorge financièrement, la société devait se séparer de 173 de ses employés, soit un peu plus de 40 % de ses effectifs de l'époque. Une décision difficile à prendre, mais nécessaire pour donner à la société le temps de se retourner et de trouver de nouveaux plans pour assurer sa survie à plus long terme.

Pourtant tout ne se passait pas mal pour SoundCloud. Sur les douze derniers mois, grâce au lancement de son offre premium, enrichie en mars avec un forfait d'entrée de gamme, la plateforme est parvenue à doubler ses revenus. Le point de départ ne devait toutefois pas être suffisamment élevé pour permettre de maintenir plus de 400 emplois, répartis entre Berlin et New York. En 2015, elle déclarait un chiffre d'affaires de 21,1 millions d'euros, pour... 51,2 millions de pertes nettes.

Un dernier tour de table pour sauver la mise

Des tours de table, SoundCloud en a connu quelques-uns depuis sa fondation il y a dix ans. L'entreprise s'était notamment illustrée en juin 2016 en acceptant un investissement de 70 millions de dollars provenant de Twitter, avec une valorisation de 700 millions de dollars. La même que celle calculée en 2014 lors que la jeune pousse levait 60 millions de dollars auprès de plusieurs fonds d'investissement. 

Depuis, SoundCloud a souscrit à deux emprunts. Un premier de 35 millions de dollars en janvier 2016, et un second neuf mois plus tard, en mars 2017, pour 70 millions de dollars Une succession rapide de dettes qui laisse entendre que la société était en grand mal de liquidités et cherchait des solutions pour résoudre ce problème à court terme. 

Vendredi dernier, un nouveau tour de table a pris place, avec deux investisseurs : Telasek Holdings (Alibaba, Didi Chunxing, Xiaomi...) et The Raine Group qui a notamment des parts dans Vice Media. À eux deux, ces nouveaux arrivants ont injecté 170 millions de dollars dans les caisses, avec une valorisation avant opération de 150 millions de dollars seulement. Ils s'offrent ainsi la majorité des parts de SoundCloud.

Alex Ljung s'efface

La première victime de cet afflux de fonds n'est autre qu'Alex Ljung qui a présenté sa démission en tant que PDG, mais reste tout de même à la tête du conseil d'administration de SoundCloud. Pourtant, les raisons de l'évincer ne manqueraient pas selon TechCrunch

Jusqu'à deux semaines de l'annonce des licenciements, SoundCloud continuait en effet de recruter de nouveaux employés, certains ayant même été renvoyés avant même d'avoir pu prendre leur poste. Une partie des effectifs allait même jusqu'à qualifier de « merdier » la stratégie de l'entreprise, fustigeant notamment le manque d'honnêteté de leur dirigeant vis-à-vis de la situation.

Qu'importent les errements du passé, SoundCloud est à nouveau sur pied pour le moment, avec un chiffre d'affaires annuel de l'ordre de 100 millions d'euros selon les chiffres rapportés par nos confrères. Un montant qui pourrait être suffisant à condition que les dépenses de la société restent contenues. Les récents licenciements devraient aider à tenir cet objectif, mais faut-il encore que la clientèle reste elle aussi.

SoundCloud aura fort à faire, face aux mastodontes Spotify et Apple Music, qui dominent le streaming musical avec 60 millions et 20 millions d'abonnés payants. Le leader peine lui-même à atteindre la rentabilité, en négociant dur les contrats avec les labels. L'entreprise allemande se différencie par l'hébergement de dizaines de millions de morceaux d'internautes, qui constituent une large part de son catalogue, en plus de celui des majors, obtenus au prix d'entrées dans le capital. Une disparition de SoundCloud signifierait plus que la perte d'un énième service de streaming, mais celle d'une mémoire de la musique d'Internet, comme l'IUMA au début des années 2000.


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