Pour ses derniers trimestriels en solo, Yahoo ne fait pas forte impression

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Finances
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le mercredi 19 avril 2017 à 12:20
Kevin Hottot

Cette nuit, Yahoo a présenté les derniers résultats trimestriels de son histoire. À l'image de tous ceux affichés ces dernières années par la société, ils ne sont guère reluisants, mais Verizon aura le mérite de mettre la main sur une activité redevenue rentable.

Depuis la finalisation du rachat de ses activités web par Verizon, Yahoo n'est plus. D'un côté les participations de l'entreprise dans Yahoo Japan et dans Alibaba sont parquées dans un fonds nommé Altaba, et de l'autre les activités historiques de l'ancienne gloire d'Internet seront fondues cet été avec celles de Verizon sous un nouveau nom : Oath.

Un dernier trimestre passable

En attendant de voir ce que Verizon fera de Yahoo, penchons-nous déjà sur les performances réalisées par l'entreprise lors du premier trimestre 2017. Elle revendique ainsi un chiffre d'affaires de 1,327 milliard de dollars, en nette progression (+22 % comme le note Reuters) par rapport à la même période l'an passé. Une hausse principalement due à une modification des méthodes comptables de la société, que nous détaillerons un peu plus loin.

Son EBITDA atteint quant à lui 188 millions de dollars, contre 147 millions un an plus tôt, soit une hausse de 28 %. Un score qui permet à Yahoo de dégager un bénéfice net de 99 millions de dollars au dernier trimestre, alors qu'il était question de pertes du même montant à la même époque en 2016, ce qui peut être un motif de satisfaction. 

Yahoo reste néanmoins en bonne santé, notamment grâce à son importante réserve de liquidités, passée de 7,130 milliards de dollars à 8,021 milliards en l'espace d'un an. Les effectifs sont quant à eux passés de 9 400 à 8 600 personnes sur le même laps de temps.

La TAC-tique comptable de Yahoo

Pour afficher une si belle hausse de ses revenus, Yahoo a un truc. Avant avril 2016, le géant du net déclarait un chiffre d'affaires duquel avait déjà été déduit ses coûts d'acquisition de trafic (TAC), ainsi que la commission de 7 % prélevée par Microsoft pour la fourniture de son moteur de recherche. Depuis cette date, les coûts d'acquisition ne sont plus déduits des revenus annoncés par l'entreprise.

Yahoo Q1 17

Prenons un exemple simple, résumé dans le tableau ci-dessus. Imaginons que Yahoo a généré 100 dollars de ventes en achetant 70 dollars d'espaces publicitaires. La société annonçait avant avril 2016 des revenus de 23 dollars (100 dollars, moins 7 dollars pour Microsoft et 70 dollars de TAC). Avec sa nouvelle formule, Yahoo affiche plutôt 93 dollars (100 dollars, moins 7 dollars pour Microsoft) et déclare séparément 70 dollars de coûts.

Si l'on applique la même base de calcul aux premiers trimestres de 2016 et de 2017 en excluant des revenus l'ensemble des coûts d'acquisition de trafic, on observe alors une certaine stabilité des activités de Yahoo. Son chiffre d'affaires « net » de tout artifice atteint alors 834 millions de dollars début 2017, contre 859 millions sur la même période en 2016. Ce qui correspond à un recul de 2,9 % sur un an, bien moins flatteur que la hausse de 22 % mise en avant par la société.

Yahoo Q1 17Yahoo Q1 17 

Stairway to Mavens

Pendant longtemps, la stratégie de Marissa Mayer chez Yahoo s'est reposée sur les « Mavens », une appellation maison qui regroupe plusieurs activités : le mobile, la vidéo, la publicité native et les aspects sociaux des services Yahoo. Ces secteurs se distinguaient du reste par leur potentiel de croissance plus important. Régulièrement, les revenus issus de ces piliers progressaient, compensant au moins en partie la chute des revenus issus de la recherche en ligne. Mais la fête semble bel et bien terminée.

Sur le premier trimestre 2017, les Mavens ont participé à hauteur de 391 millions de dollars au chiffre d'affaires (hors TAC) de Yahoo. Un an plus tôt, ces revenus s'établissaient à 390 millions de dollars, à méthode de calcul comparable. Les ventes hors Mavens atteignent quant à elles 576 millions de dollars (hors TAC), contre 644 millions début 2016, soit un recul de 10,5 %.

Yahoo Q1 17

On notera tout de même la progression enregistrée par les revenus issus du mobile. Ils se sont élevés à 274 millions de dollars au dernier trimestre, soit 5,4 % de mieux que l'an passé.

La publicité n'est pas au meilleur de sa forme

Terminons le tour du propriétaire avec un passage en revue des tendances notées par Yahoo autour de la publicité. Globalement, le marché traverse une période difficile. Du côté de la recherche en ligne, l'entreprise américaine a noté un recul de 12 % du nombre de « clics payants » sur ses publicités, partiellement compensé par une hausse de 10 % des prix.

Une situation qui provoque une érosion de 3 % de ses revenus liés à cette activité. Heureusement, cette tendance va en s'améliorant. Au trimestre précédent, dans le même contexte, le chiffre d'affaires avait reculé de 7 %. Au plus fort de la chute, lors du deuxième quart de 2016, la variation était de 18 %.

Du côté de la publicité en « display », il n'y a pas d'évolution franche. Le nombre de publicités vendues est en hausse de 2 %, avec des tarifs stables. Au trimestre précédent, les volumes avaient progressé de 4 % mais avec des tarifs qui se réduisaient de 10 %. 

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En bourse, la nouvelle n'a pas eu d'effet notable sur le cours de Yahoo, qui n'a progressé que marginalement en « after hours » (+0,32 %). Il sera par contre intéressant de voir comment ces chiffres affecteront le cours de Verizon, le nouveau propriétaire des activités concernées. Une réponse qui viendra d'ici quelques heures, quand la cloche retentira à Wall Street.


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