Rachat de Yahoo : Verizon obtient un rabais de 350 millions de dollars

Passage Altaba 16
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Crédits : Ximagination/iStock/Thinkstock
Finances
Kevin Hottot

C'est désormais officiel. L'opérateur américain Verizon est parvenu à conclure un nouvel accord concernant le rachat de Yahoo. Celui-ci prévoit un rabais de 350 millions de dollars pour l'opérateur sur le prix initialement fixé, tandis que Verizon ne pourra être tenu responsable que de 50 % du montant des amendes dont Yahoo pourra faire l'objet.

Le feuilleton du rachat de Yahoo par Verizon vient de connaître un développement plutôt intéressant. Aux dernières nouvelles, la clôture de l'opération avait été repoussée au deuxième trimestre 2017, en raison de quelques complications. Les fuites de données révélées par Yahoo ces derniers mois avaient en effet quelque peu refroidi Verizon.

Pour rappel, l'opérateur disposait d'une clause lui permettant de retirer son offre si les fuites de données subies par Yahoo avaient un « impact matériel » sur la valeur de l'entreprise, ce qui représentait une énorme épée de Damoclès sur la tête du portail web.

Un accord pour se mettre à l'abri

Finalement, Verizon ne se retire pas de la course. Au lieu de cela, l'opérateur a négocié à la baisse le prix de sa future acquisition. Yahoo a ainsi consenti un rabais de 350 millions de dollars, de quoi faire baisser la note à approximativement 4,48 milliards de dollars, peut-on lire dans ce communiqué

Il ne s'agit pas de la seule concession opérée par les actuels propriétaires de Yahoo. Des enquêtes ont ainsi été lancées par plusieurs organismes gouvernementaux un peu partout dans le monde. Le G29 (le regroupement de l'ensemble des CNIL européennes) se penche ainsi sur les conséquences des fuites de données, tandis que le régulateur irlandais mène également l'enquête de son côté. Aux États-Unis, la SEC sonde également l'entreprise afin d'établir son niveau de responsabilité dans ces affaires.

Verizon a donc logiquement voulu se protéger de l'impact de ces enquêtes, surtout des éventuelles pénalités financières qui pourraient en découler. L'opérateur a donc fait ajouter une clause dans le contrat, prévoyant qu'il ne peut être tenu responsable financièrement que de 50 % des amendes qui seront infligées par d'autres organismes que la SEC. Dans le reste des cas, y compris en cas de plaintes de la part des actionnaires, c'est Altaba qui devra mettre la main au portefeuille. 

Et ce n'est pas fini... 

En contrepartie de ces avancées, Verizon doit toutefois concéder du terrain sur un point. Désormais, l'opérateur n'a plus la possibilité de se rétracter en invoquant « l'impact matériel des fuites de données sur la valeur de la société ». Il lui reste néanmoins d'autres portes de sortie, notamment en cas d'opposition de la part des autorités de la concurrence. 

Marissa Mayer, toujours PDG de Yahoo, assure être toujours « enthousiaste à l'idée de joindre [ses] forces avec Verizon et AOL ». De son côté, Marni Walden, vice-président exécutif de Verizon, affirme que « les amendements à l'accord permettent une sortie juste et favorable aux actionnaires et fournit une protection aux deux parties ainsi qu'un chemin dégagé vers la clôture de la transaction au deuxième trimestre ». À moins d'une surprise de dernière minute, l'affaire devrait donc être bouclée d'ici la fin du mois de juin.


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