La France ouvre son « magasin des API des services publics »

Alors, API ? 15
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Crédits : mucahiddin/iStock/ThinkStock
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Poursuivant sa stratégie dite d’État-plateforme, la France a officiellement inauguré mardi 21 juin son « magasin des API des services publics ». L’objectif ? Rapprocher administration et développeurs, afin que de nouveaux outils soient proposés au public.

Pour l’instant, ce sont dix API (pour « application programming interface ») qui sont répertoriées sur le site « api.gouv.fr ». Elles s'avèrent pour la plupart liées à des services publics numériques d'ores et déjà bien connus des développeurs : FranceConnect, OpenFisca, Le.Taxi, Base Adresse Nationale... Pour chacune d’entre elles, on retrouve en deux clics une courte description, une documentation technique, les modalités d’accès (parfois restreintes à certains acteurs) ainsi que les services tiers qui l’utilisent d’ores et déjà.

Un outil pour faciliter la conception de services numériques « tout en un »

La Direction interministérielle du numérique (DINSIC), à l’origine de ce portail, estime que ce dernier constitue un « maillon simple » de l’État-plateforme. Il s’agit en ce sens d’un pont entre administrations (ministères, collectivités territoriales, établissements publics...) et développeurs – que ceux-ci travaillent ou non pour l’État. « Le magasin d’API permettra aux administrations de référencer leurs ressources et, dans le même temps, d’utiliser celles des autres, expliquent à cet égard les pouvoirs publics. Certaines de ces API pourront, en outre, être sollicitées par des acteurs n’appartenant pas à la sphère publique : associations, start-ups, éditeurs, entreprises, etc. »

Destiné aussi à favoriser l’interopérabilité et la mise à disposition d’API, cet espèce de catalogue devrait surtout « ouvrir la voie à la conception, par les réutilisateurs, de services numériques "tout en un" ». La DINSIC donne l’exemple d’une mairie qui pourra ainsi récupérer d’elle-même, auprès de la Direction générale des finances publiques (DGFIP), le revenu fiscal d’un usager désirant inscrire son enfant à la crèche via Internet. « De tels services restent à développer. Mais, pour maximiser le service rendu, ils doivent pouvoir être conçus sur les besoins des usagers, et non contraints par le découpage organisationnel des structures administratives », soutiennent les initiateurs du magasin d’API.

api sgmap dinsic

Côté administration, rien n’est obligatoire. Si ce n’est de respecter certaines conditions lors de la mise en ligne (proposer une description fonctionnelle claire et succincte de l'API, fournir une documentation technique, disposer d'une procédure en ligne pour demander l'accès à l'API si celle-ci n'est pas totalement
ouverte...). « Le critère d'acceptation principal est de pouvoir tester l'API en moins d'une journée et de l'intégrer en moins d'une semaine. » De fait, tout semble pensé pour rendre le travail des développeurs bien plus simple – quand bien même rien ne garantira que toutes les API publiques seront référencées sur ce site.

Une accélération en vue avec FranceConnect

Les exemples de services utilisant ces API commencent à devenir assez nombreux, même si beaucoup restent encore l’œuvre d’acteurs publics : simulateurs de coûts d’embauche, de bourses ou d’aides sociales (« Mes-aides »), consultation du solde de points du permis de conduire, « Marché public simplifié », outil d’aide à la recherche d’emploi « La bonne boîte », etc.

La DINSIC termine en expliquant que la stratégie d’État-plateforme devrait devenir bien plus prégnante avec le déploiement de FranceConnect – qui ne se fait pour l’instant qu’à titre expérimental. « Le module d’identification et d’authentification FranceConnect sera une pièce centrale de ce dispositif, en permettant la conception d’API d’échange d’informations à caractère personnel organisées autour du consentement express de l’utilisateur. En effet, certaines API ne renverront d’informations qu’à la condition de disposer de l’identité vérifiée de l’usager. »

La députée Colette Capdevielle expliquait la semaine dernière que FranceConnect pourrait par exemple servir à faciliter les démarches des citoyens désirant effectuer une demande de procuration sur Internet (ce qui est impossible aujourd’hui) ou une inscription sur les listes électorales.

Publiée le 22/06/2016 à 17:35
Xavier Berne

Journaliste, spécialisé dans les thématiques juridiques et politiques.

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