Reconnaissance faciale : le solutionnisme asiatique, un modèle à suivre ?

La guerre c'est la paix
Economie 3 min
Reconnaissance faciale : le solutionnisme asiatique, un modèle à suivre ?
Crédits : Scharfsinn86/iStock

Un think tank parrainé par le ministère des Armées a tenté d'imaginer comment la reconnaissance faciale pourrait se banaliser, en allant notamment voir comment cela se passe d'ores et déjà en Asie, où la technologie est d'ores et déjà généralisée. Occasion de revenir sur les impensés de son rapport, façon Shadoks.

Fruit de plus d'un an de travail et de réflexions d'une « task force » de 23 membres des Jeunes IHEDN, le rapport « Reconnaissance faciale : 23 propositions pour ne pas avancer masqués ! » entend passer à l'offensive, pour ne pas laisser la France « rester spectatrice de la guerre technologique entre les États-Unis et la Chine qui va structurer le monde de demain », comme nous l'avons chroniqué dans un premier article

Cette seconde chronique revient sur les cas d'usage imaginés par la task force, mais aussi et surtout sur ceux d'ores et déjà expérimentés, et pour certains généralisés, dans plusieurs pays d'Asie. Au vu de la somme d'impensés dont fait par ailleurs montre ce rapport, nous nous sommes également permis de rappeler, en conclusion, quelques perspectives historiques.

Reconnu facialement du réveil...

En guise de hors-d'oeuvre, les auteurs du rapport s'essaient tout d'abord à la prospective, sous la forme du récit d'« un jour dans la vie d'Antonin Lereux » (sic), afin de « mieux comprendre les usages de la reconnaissance faciale pour les citoyens ».

Ses pantoufles ? « Directement connectées » à son radio-réveil, de sorte que ce dernier s'éteigne « tant qu'Antonin n'est pas debout et n'a pas réalisé 15 pas ». Son PC, bien évidemment « équipé d'une caméra de reconnaissance et d'analyse faciale », adresse de son côté « un message à sa machine à café pour ajouter une dose de caféine » après avoir constaté « des traits tirés sur son visage, signe d'une nuit agitée » :

« Une fois son petit déjeuner avalé, Antonin se dirige vers la salle de bain et se présente devant son miroir connecté. Après analyse, son miroir a détecté un début de conjonctivite. Le miroir lui conseille alors de mettre du sérum physiologique pour ne pas apparaître plus fatigué qu'il ne l'est déjà ! »

Le scénario précise que « ce miroir connecté ne fonctionne que sur ordre d'Antonin ou de sa femme », mais également que « l'ensemble de ces données sont exclusivement sous la responsabilité du ministère de la Santé et ne sont utilisables pour aucune autre application. »

Le franchissement des portiques du métro se fait, lui aussi grâce à la reconnaissance faciale, histoire de « passer sans contact et sans avoir à marquer un temps d'arrêt », mais également d'« éviter tout risque de contamination, son état de santé étant fragile en ce moment ».

Antonin profite en outre de la pause déjeuner pour aller faire du shopping où, là encore, « plusieurs magasins disposent d'un système de caméras couplé à un écran en vitrine pour reconnaître si une personne fait partie où non d'un programme fidélité » :

« Si la personne fait partie du programme de fidélité, l'écran proposera une réduction spéciale en fonction de sa fidélité ; si la personne n'en fait pas partie alors le système proposera une offre de bienvenue. Corrélé à ses dernières recherches sur internet, une boutique de bijoux propose à Antonin une réduction de 10 % sur l'un de leurs produits. »

Pile je gagne, face tu perds, avec dans les deux cas de figure, une traçabilité au carré puisqu'associant (sans que l'on sache comment) l'empreinte de son visage avec l'historique de ses navigations sur le web.

La task force imagine cela dit qu'Antonin, « pour des raisons personnelles, a préféré ne pas fournir la donnée biométrique de son visage, il paiera donc avec sa carte bleue (et) ne souhaite pas utiliser son visage pour payer ».

Et ce, quand bien même « les bases de données dans lesquelles sont stockées les identités des utilisateurs sont physiquement ségrégées entre tous les commerçants (ce qui rend impossible pour une autre entité d'utiliser ces données) ».

... au coucher, étrangement déconnecté

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