Fedora 34 : d'importantes améliorations techniques, GNOME 40 en version finale

De gauche à droite
Logiciel 10 min
Fedora 34 : d'importantes améliorations techniques, GNOME 40 en version finale

La nouvelle Fedora, riche en nouveautés, arrivera fin avril. L’équipe de développement en propose déjà une bêta publique. Comme souvent avec cette distribution, les apports sous le capot sont importants. Cette fois cependant, d’importantes modifications ergonomiques sont de la partie, grâce à GNOME 40.

Pour celles et ceux qui ne connaitraient pas Fedora, résumons la situation : il s’agit du laboratoire de Red Hat. L’éditeur y teste des technologies et composants bien avant leur éventuelle intégration dans RHEL (Red Hat Enterprise Linux). Fedora est donc une distribution Linux connue pour embarquer les dernières technologies.

L’un des cas les plus emblématiques est l’utilisation par défaut du serveur d’affichage Wayland dès Fedora 25, sortie en novembre 2016, alors que d’autres – comme Ubuntu – n’y sont toujours pas passées.

C’est également cette orientation particulière qui la rend « impropre » à l’utilisation pour une partie des utilisateurs, qui chercheront d’avantage un système beaucoup plus axé sur les versions LTS et la maturation des technologies, à l’instar de Debian. Reste que Fedora est un bon indicateur des vents soufflant sur le monde de l’open source.

Fedora 34 ne fera pas exception. L’intégration de GNOME 40 est bien sûr sa nouveauté la plus visible, mais la distribution cache également d’importantes modifications et améliorations sous son interface.

Installation et accueil

L’installation du système ne réserve aucune surprise : rien n’a changé. On retrouve le bon vieil Anaconda, que certains aiment et d’autres détestent. Pour notre part, nous lui reprochons toujours certaines incohérences ergonomiques, notamment dans la partie formatage et préparation du disque, où les contrôles n’ont rien d’intuitif, avec par exemple une validation en haut à gauche de la fenêtre.

Une fois arrivé, on est accueilli par l’assistant classique permettant d’activer ou non certaines capacités comme la géolocalisation. Vient ensuite la configuration des comptes pour synchroniser les contacts, agendas et autres.

  • Fedora 34 assistant GNOME 40
  • Fedora 34 assistant GNOME 40
  • Fedora 34 assistant GNOME 40
  • Fedora 34 assistant GNOME 40
  • Fedora 34 assistant GNOME 40
  • Fedora 34 assistant GNOME 40

Après cet assistant survient une nouvelle fenêtre pour présenter les principales nouveautés de GNOME 40. Ce n’est pas un luxe, car plusieurs aspects du nouvel environnement risquent d’en déstabiliser plus d’un, même si – ce n’est que notre avis – les changements sont relativement vite absorbés.

Les panneaux mettent l’accent sur les Activités, l’arrangement horizontal des espaces de travail ou la possibilité de ranger les icônes comme on le souhaite dans la grille des applications. On peut revenir à n’importe quel moment dans cette fenêtre en lançant Visite depuis la grille d’applications. On attend d’ailleurs une traduction française.

Au-delà de ces quelques informations, on peut commencer à utiliser Fedora 34 comme n’importe quelle version précédente. C’est seulement en cliquant sur Activités que l’on verra la différence.

GNOME 40 et la délicate question de l’horizontalité

C'est l’un des plus gros changements de GNOME 40 – si ce n’est le plus gros – notamment dans la manière dont l’environnement gère les espaces de travail. Les intéressés le savent sans doute, cette version est synonyme d’horizontalité. Depuis des mois, les testeurs s’interrogent : s’agit-il d’une modification dans le bon sens ?

Pour comprendre le cœur de ce qui est presque une polémique, regardons comment les bureaux virtuels fonctionnent sur une Fedora 33. Lorsque l’on clique sur Activités, on peut voir le bureau en cours d’utilisation au centre de l’écran. Le dock apparait à gauche, le champ de recherche en haut, la liste des autres bureaux à droite :

Fedora 33Fedora 33

Cette liste est verticale et se comporte comme telle. Avec la molette de la souris, on peut déplacer le sélecteur bleu, avec pour conséquence de parcourir les bureaux avec des animations montrant bien l’enchainement.

Ce comportement a toujours soulevé des questions. D’un côté, les personnes trouvant que ce fonctionnement semble naturel, puisque la molette de la souris agit le plus souvent en verticalité. D’autres, en revanche, soulignent que les écrans sont en mode portrait et que les informations se lisent – la plupart du temps – de gauche à droite.

Se pose en outre la question des écrans multiples, puisque là aussi le défilement se fait verticalement. Or, pour le second groupe d’utilisateurs, ce comportement semble beaucoup moins naturel dans le cas de plusieurs écrans disposés les uns à côté des autres. Ils renvoient, encore une fois, au caractère horizontal de l’information.

Avec GNOME 40, changement de décor : tout est maintenant horizontal :

  • Fedora 34
  • Fedora 34
  • Fedora 34
  • Fedora 34

Les captures sont issues d’une Fedora 34, dont la bêta vient tout juste de sortir et intègre la nouvelle version de l’environnement. On peut voir très nettement la manière dont l’interface est organisée, avec les espaces de travail organisés horizontalement, tout comme la vue réduite au-dessus. Globalement, les manipulations restent les mêmes, avec possibilité bien sûr de déplacer les fenêtres d’un espace à un autre.

Conséquence immédiate, utiliser la roulette fonctionne toujours mais déclenche un mouvement horizontal lui aussi. Pour les habitués du vertical, la nouvelle interface va demander un temps d’adaptation. Certains s’y feront, d’autres risquent de continuer à râler. On peut voir sur Reddit notamment ce long commentaire sur la question.

Pour l’équipe de développement, il s’agit d’un mouvement naturel, pour suivre notamment les configurations à écrans multiples. S'exprimant fin février sur la question, elle indiquait que « les espaces de travail horizontaux sont une fonction [commune à] tous les autres environnements desktop ».

Elle ajoutait que « non seulement tous les autres le font, mais c’était également comme ça que GNOME le faisait avant la version 3.0, et que le mode classique de GNOME le fait encore. Nous estimons donc que les espaces horizontaux et les écrans disposés horizontalement peuvent bien aller ensemble. Si quelqu’un s’inquiète de ça, nous lui suggérons d’essayer et de voir ce que ça donne ».

Cette nouvelle présentation influe également sur le positionnement du dock, maintenant en bas de l’écran. Si l’on clique sur la grille, les espaces de travail sont repoussés en haut de l’écran, et à moins d’en avoir un très grand nombre, ils sont tous présents. On peut bien sûr saisir l’icône d’une application et la déposer dans l’un des espaces pour y provoquer son ouverture, y compris dans l’espace vide à droite, en créant ainsi un nouveau.

À noter que les noms des applications dans la grille sont censés s'afficher entièrement, là où ils étaient jusqu’ici tronçonnés quand ils dépassaient une certaine taille. Dans la pratique, ce n'est pas encore ça, comme on peut le voir avec les icônes LibreOffice dans le capture.

Les applications et autres composants

L’arrivée de GNOME 40 signale également celle des applications intégrées dans la même version. En ce qui concerne leur statut d’ailleurs, le système a beau être en bêta, GNOME 40 est pour sa part en version finale depuis hier. Après installation du système, de nombreuses mises à jour sont donc signalées vers ces moutures finalisées.

Mais contrairement au reste de l’environnement, il n’y a pas vraiment beaucoup à en dire. Dans la grande majorité des cas, les applications sont peu ou prou les mêmes, mais on note parfois de petites évolutions d’interface ayant pour objectif d’harmoniser les interfaces.

Parmi les évolutions de paquets, particulièrement à l’intention des développeurs, on note l’arrivée de Binutils 2.35, gcc 11, glibc 2.33, Golang 1.16, IBus 1.5.24, LLVM 12, Ruby 3.0, uEFI for ARMv7, BINF 9.16, MariaDB 10.5, PostgreSQL 13, Ruby on Rails 6.1, Stratis 2.3.0 ou encore, du côté des environenments de bureau, LXQt 0.16.0 et Xfce 4.16.

Sous le capot, de nombreuses nouveautés

Le plus souvent, c’est dans les entrailles de Fedora qu’il faut chercher les plus grandes nouveautés, puisque Red Hat y teste à l’avance des technologies récentes en vue d’une intégration plus tard dans RHEL. Autour du noyau Linux 5.11, on trouve plusieurs apports technologies importants. D’abord le remplacement – attendu depuis longtemps – de PulseAudio par PipeWire. C’est peu dire que PulseAudio a mauvaise réputation, avec un entretien complexe.

Les avantages sont multiples : unification de JACK (destiné aux professionnels de l’audio avec en particulier une faible latence) et de PulseAudio (la partie grand public), plus grande fiabilité, meilleur support du Bluetooth audio, fonctionnement compatible avec les conteneurs (dont les flatpaks) et meilleure sécurité.

Avec l’impulsion donnée à PipeWire par Fedora, il n’est donc pas impossible que le projet prenne de l’ampleur et finisse par devenir l’unique solution d’un grand nombre de distributions, mettant fin à la fragmentation JACK/PulseAudio par la même occasion.

On peut néanmoins s'attendre à quelques pots cassés, car de l’aveu même de l’équipe de développement, l’annonce du passage à PipeWire avait réjoui la communauté, sans qu’elle s’implique réellement. Mais l’arrivée concrète a apparemment changé la donne, les participations étant nombreuses, de l’aide pour les tests aux patchs.

Compression transparente dans Btrfs et travaux dans Wayland

L’autre grand apport est la compression « transparente » du système de fichier Btrfs. Selon l’équipe de développement, cet apport « augmente la durée de vie des médias basés sur la mémoire flash en réduisant l’amplification des écritures pour les SSD. Cette compression améliore les performances en lecture et écriture pour les gros fichiers, avec des gains de temps potentiellement significatifs dans les flux de travail ».

Sur les trois algorithmes de compression pris en charge – ZLIB, LZO et ZSTD – c’est ce dernier qui a été retenu par l’équipe, qui évoque un meilleur ratio et de plus grandes performances de compression. Les nouvelles installations auront donc cette compression active, laissant /boot en ext4, pour des raisons de compatibilité avec GRUB.

Le support de Wayland continue de s’améliorer, mais de manière indirecte. Selon les développeurs de Fedora en effet, le serveur d’affichage est prêt depuis longtemps dans la distribution, mais plusieurs points restent à voir. Par exemple avec l’accélération graphique de XWayland quand le pilote binaire de NVIDIA est utilisé. Le problème est en cours de résolution et un nouveau pilote devrait régler la situation d'ici cet été.

Un autre travail important est en cours pour supporter « l’affichage sans » via Wayland, par exemple quand on souhaite se connecter à une machine distante via VNC ou RDP. L’effort devrait être terminé prochainement. L’équipe considèrera alors sa transition vers Wayland complète. Les développements continueront, mais viendront de l’évolution naturelle du serveur, et pas de la course pour rattraper les fonctions perdues de X11.

À noter d’ailleurs que le Spin KDE Plasma de Fedora utilise pour la première fois Wayland par défaut. Puisque l’on parle des variantes de Fedora, signalons que le même Spin existe maintenant pour aarch64. En outre, un Spin i3 est disponible pour la première fois, embarquant le gestionnaire de fenêtres du même nom.

De plus, toutes les variantes de Fedora activent désormais systemd-oomd par défaut. Ce mécanisme, apparu avec Fedora 32, définit un comportement plus agressif du système quand il vient à manquer de mémoire et risque le blocage. Les processus sont notés par un score et, quand il reste moins de 10 % de mémoire et de swap libres, un signal SIGTERM est envoyé au processus le plus consommateur pour lui demander de se terminer. En dessous de 5 %, c’est un SIGKILL qui est envoyé pour tuer le processus.

Vous n'avez pas encore de notification

Page d'accueil
Options d'affichage
Abonné
Actualités
Abonné
Des thèmes sont disponibles :
Thème de baseThème de baseThème sombreThème sombreThème yinyang clairThème yinyang clairThème yinyang sombreThème yinyang sombreThème orange mécanique clairThème orange mécanique clairThème orange mécanique sombreThème orange mécanique sombreThème rose clairThème rose clairThème rose sombreThème rose sombre

Vous n'êtes pas encore INpactien ?

Inscrivez-vous !