Mission Rosetta : « il est temps de dire au revoir à Philae »

Tchao Pantin 38
En bref
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Crédits : ESA/ATG medialab; Comet image: ESA/Rosetta/NAVCAM – CC BY-SA IGO 3.0
Nouvelle Techno
Sébastien Gavois

Depuis plusieurs mois, Philae reste muet et ne donne plus aucun signe de vie. Pour les responsables de la mission, la chance d'établir de nouveau le contact est infime. Pendant ce temps-là, l'orbiteur Rosetta continue de tourner autour de la comète, espérant apercevoir le petit module.

Le 12 novembre 2014, le module Philae se posait sur une comète, une première. Il avait alors mené des expériences scientifiques et renvoyé les résultats à la Terre, via son orbiteur Rosetta. Durant l’été 2015, Philae s'était réveillé d’hibernation et avait établi quelques brefs contacts avec Rosetta, mais rien de plus. Depuis, plus rien. Le module reste muet et l’espoir de rétablir une communication s’éloigne de plus en plus. Pour les responsables de la mission, « il est temps de dire au revoir à Philae ».

Une probabilité de contact presque nulle

Pour Stephan Ulamec, de l’agence spatiale allemande, « la probabilité de rétablir le contact avec notre équipe au DLR Lander Control est malheureusement presque nulle. Nous n’enverrons plus de commande, et il serait très surprenant que nous recevions un signal ».

Actuellement, Rosetta est à environ 50 km de la surface de la comète de 67P (Tchoury). De son côté, l’orbiteur continue de se rapprocher doucement. « Plus cette distance diminue, plus les chances de rétablir le contact augmentent. En revanche, la comète s’éloignant rapidement du Soleil, l’énergie reçue sur les petits panneaux solaires de Philae diminue inexorablement » explique le CNES

Une ultime tentative pourrait avoir lieu si Rosetta se rapprochait davantage de la surface de la comète, mais cela risquerait de l'endommager à cause des débris envoyés par cette dernière. Bref, l’équation n’est pas simple et, pour le moment, l’intégrité de Rosetta est préservée au maximum afin de lui permettre de continuer à analyser la comète avec ses propres instruments. Quoi qu’il en soit, Philae a réussi à mener à bien 80 % des opérations scientifiques qu’il était censé mener, « un résultat exceptionnel » pour le CNES. 

Le travail sur les données continue

Philippe Gaudon, responsable du centre de contrôle de Philae au CNES de Toulouse (SONC) revient sur les données déjà recueillies. Il explique qu’elles sont toutes stockées au SONC (jusqu’à fin 2017) et qu’elles sont accessibles aux scientifiques impliquées dans cette mission. Il ajoute qu’elles seront ensuite disponibles dans le PSA (Planetary Science Archive) de l’ESA, puis dans le PDS (Planetary Data System) de la NASA, « une première pour une mission spatiale européenne. Les scientifiques du monde entier pourront donc y accéder durant des décennies ».

Au-delà des données brutes envoyées par les instruments, il est question d’éléments de contexte comme la configuration des instruments, leur orientation à la surface, etc. C’est d’ailleurs pour cela que les responsables de la mission espèrent arriver à « voir » Philae via la caméra de Rosetta, pour connaitre précisément sa position et son orientation. Rosetta devrait continuer à tourner autour de 67P jusqu’en septembre 2016, où il viendra se « poser » (s’écraser serait probablement plus juste) sur la comète.

Francis Rocard, responsable de la mission Rosetta/Philae au CNES, avance quelques pistes pour expliquer pourquoi la seconde partie de la mission Rosetta (celle qui devait se baser sur les panneaux solaires et non pas sur sa batterie interne) n'a pas fonctionné correctement :


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