Le démantèlement des cabines téléphoniques avalisé par le Sénat

Le feu passe de l'Orange au vert 140
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Crédits : Frédéric BISSON (CC BY 2.0)
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le lundi 20 avril 2015 à 08:30
Xavier Berne

Au travers d’un amendement à la loi Macron, le gouvernement a fait supprimer la semaine dernière l’obligation qui incombait jusqu’ici à Orange d’installer et de maintenir des cabines téléphoniques sur l’ensemble du territoire. L’exécutif espère que délesté de cette charge, l’opérateur historique puisse investir davantage dans la couverture en téléphonie mobile.

Orange entretient encore près de 40 000 cabines téléphoniques

Trop coûteuses et obsolètes, les cabines téléphoniques ? Sur proposition du ministre de l’Économie, le Sénat a accepté jeudi d’abroger les dispositions de l’article L35-1 du Code des postes et des communications électroniques qui prévoient actuellement que l’opérateur en charge de ce qu’on appelle le « service universel » (France Télécom puis Orange) soit tenu de fournir à tous un « accès à des cabines téléphoniques publiques installées sur le domaine public ou à d'autres points d'accès au service téléphonique au public ».

Aujourd’hui encore, l’opérateur historique met ainsi à disposition du public au moins une cabine dans chaque commune, voire deux pour celles dont la population dépasse les 1 000 habitants. Selon un rapport parlementaire remis l’année dernière au gouvernement, Orange exploiterait de ce fait « un parc de près de 40 000 cabines au titre du service universel, pour un coût fixé par l’ARCEP à 13,6 millions d’euros ».

Sauf qu’avec le succès de la téléphonie mobile, ces « publiphones » – comme on les appelle dans le jargon – ne génèreraient qu’environ 12 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel... « À titre de comparaison en 2000, le trafic représentait un chiffre d’affaires de 516 millions d’euros, et en 2007 (...) 124 millions d’euros » notait ce même rapport. Pour le gouvernement, la fin de cette obligation correspond ainsi à « l’évolution des usages qui ont très majoritairement basculé vers la téléphonie mobile, les publiphones n’enregistrant plus qu’une utilisation résiduelle ».

Un démantèlement censé aller de pair avec le développement de la couverture mobile

Même si l’Assemblée nationale venait à confirmer ce vote, cela ne signifie pas pour autant que toutes les cabines téléphoniques seraient démantelées du jour au lendemain dans leur ensemble. « Cette suppression sera accompagnée, afin que le retrait des cabines s’inscrive dans un schéma concerté avec les collectivités territoriales » a ainsi promis l’exécutif. En l’occurrence, cette évolution va de pair avec l’obligation qui sera faite aux opérateurs de couvrir davantage de villes en 2G avant la fin 2016, et en 3G d’ici le 30 juin 2017 – et prévue par ce même amendement (voir notre article).

« L’extension de la couverture mobile en zone rurale va nécessiter un engagement financier très significatif de la part des opérateurs, que la suppression de cette composante du service universel viendra pour partie compenser » affirme le gouvernement dans son exposé des motifs. Celui-ci ne manque d’ailleurs pas de souligner qu’il suit ainsi les préconisations du rapport parlementaire de Pierre Camani et Fabrice Verdier.

Rappelons enfin que la secrétaire d’État au Numérique Axelle Lemaire avait soulevé l’idée que certaines cabines soient transformées en point d’accès au Wi-Fi, à l’image de ce qui a par exemple été imaginé par la ville de New York. 


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