Une vidéo contre la malnutrition des enfants bloquée un temps sur YouTube

Tu bloques, tu débloques 166
En bref
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Crédits : ONU - Programme Alimentaire contre la Faim
Justice
Marc Rees

Gros cafouillage ce week-end. La Ligue de Football Professionnel a obtenu la suppression d’une vidéo YouTube de Zlatan Ibrahimovic sur l’autel du droit d’auteur. Problème, elle était une brique d’un programme de l’ONU pour lutter contre la faim des enfants dans le monde. La LFP a depuis fait machine arrière, mais « à titre exceptionnel » seulement.

Samedi, à l'occasion du match PSG-Caen, le célèbre joueur de foot bravait les règlements en retirant son t-shirt afin d'arborer une série de tatouages temporaires. On apprenait par la suite qu'ils représentaient des prénoms d’enfants, histoire de symboliser sa solidarité avec les 805 millions de jeunes souffrant de malnutrition dans le monde. L’initiative était en effet un plan média du Programme Alimentaire Mondial (en anglais, WPF) de l'ONU qui, aussitôt le match terminé, exploita ces images symboliques dans une vidéo postée sur YouTube. Avec un message-choc : « Aujourd’hui, 805 millions de personnes souffrent de faim chronique dans le monde fort. Ne restez pas silencieux ».

Quand le droit d'auteur impose le silence

Problème, dimanche, la Ligue de Football Professionnel (LFP) a justement exigé le silence de cette vidéo. Au lieu et place du message de solidarité, les internautes débouchaient sur un écran vide au motif que « cette vidéo inclut du contenu de LFP, qui l'a bloquée pour des raisons de droits d'auteur. »

Évidemment sur Twitter les réactions ont été à la hauteur du coup de ciseaux :

Finalement, la Ligue a décidé de débloquer le contenu en question mais « à titre exceptionnel » seulement. Via le Figaro Sports 24, elle justifie cette sortie de route : elle n’avait été prévenue de cette opération ni par l’ONU ni par le PSG. Dans la vidéo litigieuse, on peut désormais voir plusieurs extraits de la rencontre, spécialement le but de Zlatan Ibrahimovic et l’instant d’après où il retire son t-shirt pour exposer les prénoms. Ce sont sans doute ces extraits officiels qui ont excité les mécanismes de détection et de retrait automatiques (ou robotcopyrights) qui ont font leur job dès qu'un tiers non autorisé repompe et diffuse en ligne des contenus protégés :

De nombreux exemples dans l’histoire récente

Ces mécanismes de nettoyage désormais industrialisés ont été l’occasion d’autres jolis couacs dans le passé. En 2014, Sony faisait retirer de la même plateforme un film d’animation sous licence Creative Commons. L’année d’avant, le documentaire « The Pirate Bay - Away From Keyboard » lui-aussi sous cette licence, était la cible de demandes de déréférencement dans Google, lequel a fait droit à au moins l’une d’entre elles. En 2013 encore, via la société LeakID, Microsoft réclamait le retrait d’une de ses propres pages… Autant de témoignages qui révèlent le manque de garde-fous chez les titulaires de droits noyés sous un déluge de contenus mis en ligne. Pour mémoire, pour la seule année 2014, Google a été prié de déréférencer 345 millions d'URL.


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