Le CSA encourage les plateformes françaises à concurrencer Netflix

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Crédits : Fabien de Chavannes/CSA
Loi
Marc Rees

Selon le président du CSA, l’arrivée de Netflix en France, c’est la « prise de conscience inquiète d’une évolution inévitable ». Il exhorte les plateformes françaises à concurrencer Netflix, appelant dans le même temps une évolution de la réglementation européenne.

Ce week-end, sur le plateau de Médias Le Mag, une émission de France 5, Olivier Schrameck considère qu’ « à la concurrence, il faut répondre par la concurrence et à la force de Netflix, il faut répondre par la coopération des acteurs français et européens ». Celui-ci a rappelé d’ailleurs avoir réuni en mars dernier l’ensemble des patrons des groupes audiovisuels. Objet de cette rencontre ? « Je les ai encouragés à développer fortement leur expansion » confie-t-il. Dans quel sens ? Par exemple en suivant le même niveau de technologies de recommandations développées par le géant américain.

Mettre à jour la réglementation européenne

L’autre cheval de bataille du CSA est aussi de « créer un cadre qui puisse harmoniser la réglementation ». Or, l’un des atouts de Netflix est bien « son installation dans un autre pays de l’Union qui le place dans une situation artificiellement privilégiée ». Alors que la plateforme de vidéo par abonnement prépare son lancement imminent en France, son siège européen aux Pays-Bas lui évitera d’avoir à souffrir des contraintes du décret sur les services de médias audiovisuels à la demande (SMàD). Et spécialement son versant contributif à la création française et européenne.

Pour corriger le tir, Olivier Schrameck, également à la tête du groupe des régulateurs européens des services de médias audiovisuels (ERGA), milite à Bruxelles pour des règles harmonisées. Des règles « qui assure a minima un soutien à la création, non pas unilatérale à l’occasion d’une série, mais générale afin d’en garantir sa pérennité. »

Schrameck plus ministre de la Culture que Pellerin ?

Les propos du président du CSA tranchent quelque peu avec ceux de la ministre de la Culture, laquelle a peut-être encore en mémoire son passé de ministre déléguée au numérique. Interrogée voilà peu sur cet état des lieux, Fleur Pellerin avait demandé que l’on cesse de critiquer Netflix. « D'une certaine façon, Netflix participe déjà au financement de la création en France » disait-elle, prenant référence à la série « Marseille », produite par la société en question.

Quant à son installation aux Pays-Bas, « c’est une situation qui ne doit pas se régler en vilipendant les sociétés qui font ce choix, puisque c’est un choix de rationalité économique ». La nouvelle ministre de la Culture appelait aussi de ses vœux « une réaction commerciale » des acteurs français pour développer une offre concurrente digne de ce nom.

L'Europe, le nouvel eldorado de Netflix ?

En attendant, l’Express révèle que Netflix a déjà réalisé 8 % de son chiffre d’affaires en Europe, avant même le prochain lancement dans six nouveaux pays : 294,8 millions d'euros engrangés, à comparer aux 217 millions d'euros de la VoD en France. Netflix a même réalisé un bénéfice de 6,7 millions d'euros. Cependant, la société rabote le vernis de ces résultats, expliquant ne pas avoir comptabilisé toutes ses dépenses au Luxembourg, son siège européen jusqu’à la fin 2014.


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