La police britannique ferme un site de piratage, deux clones prennent le relai

Sex and the Immunicity 51
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Crédits : BrianAJackson/iStock/Thinkstock
Justice
Xavier Berne

Alors que les ayants droit réclament de plus en plus souvent le blocage de sites de piratage, un nouvel épisode survenu au Royaume-Uni vient souligner le caractère contre-productif que peut avoir ce type de mesure. La police a en effet fait fermer il y a quelques jours un proxy permettant de contourner le blocage de sites tels que The Pirate Bay. Mais deux clones ont d’ores et déjà ouvert leurs portes, prenant ainsi le relai après le buzz suscité par cette affaire...

La semaine dernière, la police britannique a annoncé avoir arrêté un homme de 20 ans, lequel est accusé d’être l’administrateur du portail « Immunicity.org ». Depuis un an environ, ce site permettait aux internautes de contourner le blocage de nombreux sites, tels qu’ordonnés par la justice du Royaume-Uni. The Pirate Bay, ExtraTorrent, FilesTube, Fenopy, H33t, Kickass Torrents, FirstRow, Torrentz... La liste des sites de téléchargement ou de streaming illicite est en effet très longue outre-Manche.

Interrogé par la PIPCU, l’unité de police spécialisée dans la lutte contre la contrefaçon en ligne, le mis en cause a finalement été relâché contre le versement d’une caution - en attendant un probable futur procès. Le site Internet litigieux est désormais inaccessible. Son nom de domaine a été suspendu par les autorités, et ceux qui tentent d’y accéder se voient opposer une bannière aux couleurs de la PIPCU (voir ci-dessous).

pipcu saisie

Mais la fermeture de ce site aura-t-elle vraiment été utile ? Quelques jours à peine après cette opération, ce n’est pas un, mais deux sites copiant très fidèlement Immunicity qui viennent d’ouvrir leurs portes. « Immunicity.co.uk » et « Immun.es » reprennent en effet la charte graphique et le principe du précédent proxy, tels deux clones. À nouveau, il est possible de paramétrer en quelques minutes son navigateur et d’accéder gratuitement à une trentaine de sites bloqués par les FAI du Royaume-Uni. À chaque fois, un mot d’ordre : contourner la censure, au nom de la liberté d’expression et d’information.

Comme pour IsoHunt, un passage de relai en l'espace d'une poignée de jours 

Un cas de figure similaire s’était d’ailleurs présenté l’année dernière. Au bout d’une bataille judiciaire de plusieurs années avec la MPAA, le puissant lobby de l’industrie américaine du film, le responsable du moteur de liens torrent IsoHunt avait accepté de mettre la clé sous la porte. Mais quelques jours après l’annonce de cette fermeture, un clone avait vu le jour, reprenant la quasi-totalité du contenu du site. Et ce au grand dam des ayants droit d’Hollywood, puisque IsoHunt.to fonctionne encore aujourd'hui.

Cette question de l’impact des fermetures de sites « pirates » intéresse d'ailleurs de près la Hadopi, puisque l’institution a commandé il y a quelques mois une étude « ayant pour objectif de comprendre les répercussions des décisions de justice (telles que le blocage ou la fermeture de plateformes) sur les usages des internautes ». Comme nous l’avons révélé, la Rue du Texel espérait sonder plus particulièrement les conséquences du blocage de la galaxie Allostreaming et de la fermeture de MegaUpload sur les Français. Les résultats de ces travaux confiés à un prestataire externe n'ont toujours pas été dévoilés.


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