VTC : Allocab distribue ses bons et mauvais points au rapport Thévenoud

Bonus et malus 11
Marc Rees

Sauf contretemps, le rapport du député Thomas Thévenoud est désormais dans les mains du premier ministre. Ce rapport censé éteindre la guerre concurrentielle avec les taxis propose dans une de ses trente mesures de priver tout simplement les véhicules de tourisme avec chauffeur des possibilités de géolocalisation. Contacté, Yanis Kiansky CEO d'Allocab réagit à ces mesures.

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Côté pile, le dirigeant et fondateur d'Allocab voit d’un bon œil certaines parties du rapport Thévenoud : « le point positif pour les utilisateurs sera l’obligation pour tous les taxis d’avoir un terminal de carte bleue dans la voiture et d’accepter les paiements à partir d’un euro. Je trouve cela très bien tout comme la suppression des frais d’approches.»

Haro sur la prise à la volée dans la rue

Côté face, la partie VTC du rapport fait crisser les pneus d’Allocab : « on va un peu montrer les dents concernant la géolocalisation des chauffeurs par les applis smartphones qui nous sera interdite ! ». Avec une telle interdiction, prévient Yanis Kiansky, les VTC n’auront en effet plus la capacité de répondre aussi promptement aux demandes des utilisateurs. Toutefois, une nuance : « Il ne s’agit pas d’interdire les applications aux chauffeurs VTC, mais la prise à la volée dans la rue, ce qu’on appelle la réservation dès que possible. Pour être précis, on pourra toujours faire des réservations à l’avance, mais pour les réservations dès que possible, le rapport veut prohiber la géolocalisation des chauffeurs. »

Et concrètement, que représentent pour Allocab ces réservations bientôt contrariées ? « Aujourd’hui, c’est un tiers de nos réservations ». Mais chez d’autres VTC, la mesure pourrait être plus douloureuse encore, notamment chez ceux qui misent sur le marché des particuliers. « L’avantage que l’on a, et c’est ce qui nous différencie de nos confrères VTC, est qu’on n’attaque pas le marché des particuliers en premier, mais celui des entreprises. Or le voyage d’affaires est prévu à l’avance ».

Cependant, même dans ce cadre-là, les préconisations du rapport pourraient jouer le frein à main : « quand un chauffeur est bloqué dans un bouchon, a crevé un pneu ou qu’un avion a du retard, si on réattribue la course, on devra bien évidemment se servir de la géolocalisation pour savoir quel est le chauffeur le plus proche ! »

Le gel après le gel

Deuxième point néfaste du document, la prolongation du gel des immatriculations des chauffeurs VTC. « Depuis le 15 février, les immatriculations étaient stoppées pendant toute la durée de la concertation préalable à ce rapport. Oralement, on nous avait dit que ce gel devait être levé lors de sa remise. Maintenant, il s’avère qu’il va se prolonger pendant trois mois, durée correspondant au temps que le député va mettre pour rendre une proposition de loi. C’est purement et simplement un frein à notre développement ! Les chauffeurs qui ont obtenu leur licence VTC ne peuvent s’immatriculer. De même, les entrepreneurs qui voulaient devenir chauffeurs, hésitent et reculent puisqu’ils savent qu’ils ne pourront lancer leur activité immédiatement. Nous avons vraiment une sorte de numerus clausus de fait ».


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