Microsoft Ignite 2019 : Edge, Office Mobile, Outlook pour macOS et de l'IA pour Excel

Un Outlook rapide sur Mac ? Chiche 14
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Vincent Hermann

La semaine a été chargée pour l’actualité Microsoft, à travers surtout sa conférence Ignite, dédiée au monde professionnel. D’Edge à Azure, en passant Office 365 et les outils pour développeurs, les annonces ont été particulièrement nombreuses.

Cette année, la conférence Ignite contenait bon nombre de présentations qui, d’une manière ou d’une autre, concernent directement le grand public. On sait par exemple que le nouvel Edge sortira dans deux mois, qu’Outlook pour macOS va recevoir une importante (et très bienvenue) mise à jour, qu’une application Office unifiée est en préparation pour Android et iOS, ou encore que OneNote 2016 va faire son retour.

Microsoft oblige, on trouve également des annonces pour le cloud et l’IA. Pour cette dernière, pour une fois, essentiellement sous la forme de services prêts à l’emploi, par exemple pour la construction de graphes personnalisés dans une société ou l’autocomplétion de lignes entières de code dans Visual Studio.

Notre dossier sur la conférence Ignite 2019 de Microsoft :

Nouvel Edge le 15 janvier, après plus de deux mois de Release Candidate

Bien que nous ayons abordé le sujet dans notre Brief, il n’est pas inutile de faire un récapitulatif de ce que l’on sait au sujet du nouvel Edge, que beaucoup appellent « Edgium », pour rappeler que le nouveau navigateur reprend les bases de Chromium.

On sait donc désormais que ce nouvel Edge sera lancé le 15 janvier. Étonnamment, les testeurs du canal bêta viennent de recevoir la Release Candidate (pour Windows et macOS). Ce qui laisse plus de deux mois de finalisation pour peaufiner les derniers détails. On est loin des procédures de validation des mises à jour de Windows 10 en 2018, qui semblaient avoir été catapultées chez les utilisateurs sans que le processus qualité ait fini son travail. On se rappelle les problèmes qui en avaient résulté.

Cette prudence s’explique peut-être par l’ambition de Microsoft de commencer à distribuer automatiquement Edgium aux utilisateurs de Windows 10 dès qu’il sera prêt, via Windows Update. Comme indiqué par l’éditeur, cette diffusion se fera cependant à un rythme très progressif : d’abord un petit groupe, puis petit à petit vers une population plus importante.

Pour les concernés, la passation sera simple : l’ancien Edge sera remplacé par le nouveau. Ce qui risque de faire une drôle de surprise un beau jour, car les deux navigateurs ne sont pas tout à fait égaux en matière de fonctionnalités. Un exemple parmi d’autres : plus de bouton pour mettre de côté les onglets afin de les restaurer plus tard. De plus, certaines fonctions « basiques » ne seront pas prêtes pour la finale, notamment les synchronisations de l’historique et des extensions. Elles sont actives dans les canaux de test et devraient donc arriver dans la mouture suivante.

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Dans la foulée, Microsoft enverra les données aux constructeurs pour que les nouvelles installations de Windows 10 intègrent Edgium. Là encore, le temps que les processus soient mis à jour et répercutés sur les nouvelles machines, il faudra un peu de temps pour qu’on le retrouve dans les étalages.

Précisons en marge deux informations supplémentaires. D’une part, Microsoft a confirmé que le nouvel Edge sortira bien sur Linux, mais ne sera pas prêt pour le 15 janvier (tout comme celle pour ARM64). On peut s’attendre aux premières préversions avant la fin de l’année. D’autre part, le canal Dev vient de passer à Chromium 80. Tous les canaux ont d’ailleurs récupéré la nouvelle icône, présentée en début de semaine.

Une application Office unifiée pour Android et iOS

La nouvelle ne surprendra pas ceux qui avaient suivi les rumeurs, notamment après la courte démonstration cet été par Samsung de cette application pendant la démonstration du Galaxy Note10.

Office Mobile sera donc une application unique où les fonctions de base de Word, Excel et PowerPoint seront rassemblées. L’interface globale rappelle OneDrive, avec un accès à la lecture, modification et création de documents.

De quoi sans doute y voir plus clair pour les utilisateurs, qui n’auront plus à télécharger chaque application séparément s’ils veulent surtout une liseuse avec quelques fonctions d’éditions. D’autant que d’après les dires de Microsoft, les fonctions présentes seront un peu plus nombreuses que les éditions basiques des trois autres. Pour les modifications plus poussées, l’abonnement à Office 365 restera nécessaire, de même que la récupération de Word, Excel ou PowerPoint selon le contexte.

Le parallèle avec OneDrive se retrouve dans la possibilité de créer une note (qui sera enregistrée dans OneNote), de scanner un document, de prendre une photo et de l’éditer dans la foulée ou encore la connexion requise au compte Microsoft. Ce dernier, une fois actif, donnera accès aux documents stockés dans OneDrive.

Plusieurs fonctions liées aux PDF sont également présentes, comme l’export dans ce format depuis n’importe quel document, en créer un depuis une image, l’enregistrement en PDF depuis un document numérisé ou encore la gestion des signatures.

Microsoft a bien sûr ajouté que les applications existantes n’étaient pas remises en question, puisqu’Office Mobile ne s’adresse pas au même public. Il y a de bonnes chances qu’à terme, les constructeurs Android partenaires intègrent cette application plutôt que les autres, puisqu’elle simplifie l’accès aux fonctions, sans interdire l’installation des autres, plus spécifiques.

L’application est encore en développement. Il est aisé de la tester sur Android après inscription au groupe idoine, mais le nombre maximum d’inscriptions sur iOS a rapidement été atteint sur la plateforme dédiée aux tests d’Apple, TestFlight. Notez en outre pour l’instant qu’aucune version pour iPad n’est proposée. Autre limitation pour l’instant, le seul cloud pris en compte est OneDrive, contrairement aux autres applications Office, qui supportent par exemple Box et Dropbox.

Outlook Mobile renforcé par Cortana, la version macOS reçoit enfin de l’attention

Les utilisateurs n’y croyaient probablement plus, mais une importante mise à jour est en préparation pour Outlook sur macOS. Le logiciel, à l’interface passée et aux performances douteuses depuis ses débuts, reçoit actuellement l’attention de Microsoft.

Objectif global, le remplumer pour le rendre moins ridicule fonctionnellement par rapport à son cousin sur Windows. Il y a donc trois grands axes d’améliorations. Premièrement, une interface nettement modernisée, plus dans les canons actuels d’une interface macOS, avec notamment la fameuse zone de gauche rappelant le verre givré. Mais ici, elle fusionne avec la barre d’outils du haut, qui n’est plus une barre de rubans.

Outlook macOSOutlook macOS

Cette zone, à la manière d’Outlook pour Windows, est une version réduite et surtout entièrement personnalisable. On peut donc n’afficher que les fonctions qui nous intéressent, jusqu'à avoir un ensemble très léger si l’on effectue toujours les quelques mêmes actions. On remarque globalement une grande atténuation des lignes au profit d’une structure délimitée par le fond en verre givré.

Deuxièmement, une amélioration sensible des performances. D’abord dans le logiciel lui-même, ensuite dans sa synchronisation. Microsoft lui ajoute actuellement le même moteur que l’on retrouve déjà dans Outlook pour Windows, Android, iOS et Courrier. Le moteur de recherche est annoncé lui aussi comme plus rapide. Personne ne se plaindra d’un gain de réactivité, tant le logiciel en manque actuellement.

Troisièmement, l’ajout de plusieurs fonctionnalités, dont « Ma journée ». Cette vue peut être épinglée à droite et affiche une miniature du calendrier, avec en dessous l’agenda de la journée. Cliquer sur une autre date modifie bien sûr le contenu de l’agenda. Parmi les autres ajouts, signalons la vue à une seule ligne, une nouvelle fenêtre de composition, la possibilité d’ignorer des emails ou encore les panneaux repliables. Elles ne semblent pas en faire partie, mais on aurait aimé que les règles soient enfin ajoutées. Créées dans Outlook pour Windows, elles sont pourtant synchronisées par le compte, rien n’empêche en théorie leur reprise sur macOS.

Il est possible de se faire une idée de ce nouvel Outlook en activant le canal rapide dans l’outil de mise à jour fourni avec Office (on évitera de le faire sur une machine de production). Dans les commentaires laissés par les utilisateurs sur UserVoice, on se rend vite compte cependant que des fonctions sont absentes, dont certaines pourtant présentes dans la mouture en cours : la boite unifiée, la barre d’état, la composition intégrée plutôt que dans une nouvelle fenêtre, la création de sondages ou encore l’intégration avec To Do.

Une mise à jour est également en préparation pour Outlook Mobile. On y trouvera notamment une vue « À venir » en haut de l’écran, basée sur le calendrier. Y seront affichées les informations sur les évènements à venir pour la prochaine demi-heure. En cas de programme très chargé, priorité sera donnée aux réunions et rendez-vous dans des lieux particuliers. Cette vue peut être balayée de l’écran pour la masquer.

D’ici quelques jours également, les utilisateurs américains pourront s’inscrire à une bêta pour tester l’intégration de Cortana. L’assistant pourra alors lancer la lecture à haute voix des courriers, par exemple dans le cas où l’utilisateur est en train de conduire. Sont aussi en préparation une fonction Scheduler pour préparer des réunions via Cortana et une vue résumée quotidienne des évènements à venir.

Outlook Mobile

L’étrange retour de OneNote 2016

Voilà une annonce que l’on n’attendait pas : OneNote 2016 reprend du service. Techniquement, il était toujours là, mais Microsoft l’avait soigneusement mis de côté au profit de la version UWP. Cette dernière complétait alors Office 365, qui n’installait plus l’ancienne version.

Il faut croire cependant que les clients ne se sont pas laissé faire. Non seulement Office 365 l’installera à nouveau à partir de mars prochain, mais l’application recevra dans les jours qui viennent une mise à jour lui apportant quelques bonus, dont le mode sombre. La version UWP le propose pour rappel depuis quelques mois.

Dans le discours officiel de Microsoft, il s’agit seulement de permettre aux utilisateurs de récupérer la version qu’ils souhaitent. Ce serait donc uniquement une question de choix. En creux, on devine une résistance toujours forte aux applications UWP, en dépit d’un OneNote UWP ne manquant pas de qualités.

OneNote 2016 voit son support classique étendu jusqu’en octobre 2020. Après quoi il enchainera sur le support étendu, dans lequel seules les failles de sécurité sont corrigées. À moins que Microsoft n’ait à nouveau changé d’avis d’ici là.

Des requêtes en langage naturel pour Excel

Les membres du programme Office Insider auront très prochainement dans Excel plusieurs nouveautés importantes à tester. Du moins s’ils parlent anglais.

Le panneau Idées, qui permet à Excel de suggérer des modèles en basant sur le contenu du document, va en effet abriter un champ pour poser des questions sur ses données en langage naturel, du type « Quelle est la tendance des ventes pour le mois prochain ? ». Malheureusement, la fonction sera réservée aux utilisateurs parlant anglais. Microsoft a promis que d’autres langues seront prises en charge, sans s’avancer sur un calendrier.

XLOOKUP, dont nous avons déjà parlé, continue sa phase de maturation. Il doit toujours sortir dans plusieurs mois et Microsoft lui ajoute des capacités. Le futur remplaçant de VLOOKUP gagne ainsi l’argument [if_not_found], apparemment très réclamé par la communauté.

Excel XLOOKUP

La version web d’Excel recevra d’ici la fin de l’année une fonction dédiée au travail collaboratif : Sheet View. Ce petit menu prendra place à gauche des barres d’outils et permettra de n’afficher que pour soi les opérations de tri et de filtrage des données. Cette fonction devrait éviter aux autres membres d’un groupe de s’inquiéter de voir des données « disparaître », puisque les actions de filtrage étaient reflétées pour tous les participants.

Toujours dans la version web, un petit groupe d’utilisateurs va recevoir cette semaine la version finale des Dynamic Arrays (tableaux dynamiques), dont nous avions parlé également. Il s’agit pour rappel d’une capacité permettant aux formules (FILTER, SORT, UNIQUE, etc.) de renvoyer des valeurs multiples, plutôt que d’avoir à écrire plusieurs fois la formule pour n’obtenir qu’une unique valeur à chaque fois. Les valeurs ainsi renvoyées s’étalent automatiquement sur les cellules vides voisines si aucune zone n’a été spécifiée.

On continue sur le web avec une fonction attendue : Office Scripts. Disponible en préversion avant la fin de l’année, elle permettra à un utilisateur de déclencher un enregistrement, d’effectuer des actions dans ses feuilles de calcul, puis d’enregistrer le résultat. Les actions seront ainsi sauvegardées sous forme de script, stocké dans OneDrive for Business. Le script pourra être ensuite déclenché manuellement, automatiquement dans un flux préparé à l’avance ou conditionnellement, par l’action d’un déclencheur. Les développeurs pourront également écrire leurs propres scripts via les API Excel JavaScript.

Enfin, les utilisateurs d’Excel pour Windows et sur le web reçoivent actuellement une protection déjà disponible sur macOS et les moutures Android/iOS : la sensibilité du document. Au sein d’une organisation, des étiquettes permettront de définir le niveau de protection (droits d’accès et chiffrement) appliqué. Si par exemple le niveau est défini à « Interne », seuls les employés auront le droit de l’ouvrir. Des niveaux de sensibilité peuvent en outre être apposés à des données qui, si elles sont reprises dans un tableau, recommanderont automatiquement la sensibilité adaptée dans Excel.


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