Interdit en France, le Leagoo S8 résiste : ses jours « sont comptés », y compris en Europe

Vite, une QPC contre l'ANFR ! 24
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Crédits : Ismailciydem/iStock
Smartphones
Sébastien Gavois

Interdit de vente et faisant l'objet d'un retrait depuis deux mois, le Leagoo S8 est toujours disponible en France. Gilles Brégant, directeur de l'ANFR, nous explique pourquoi cette procédure prend plus de temps que prévu, affirme que ses jours « sont comptés » et annonce qu'une interdiction au niveau de l'Union européenne arrive.

L'ANFR a demandé et obtenu du ministre chargé des communications électroniques l'interdiction de « mise sur le marché et [de] mise en service » (article 1) des téléphones Leagoo S8 et Allview X4 Soul Mini S, mais aussi « le retrait du marché et du service en tous lieux où ils se trouvent » (article 2). Une première pour l'ANFR qui « est en train de régler » son dispositif, avec quelques retards au démarrage. 

Un des deux smartphones interdits en France fait de la résistance

En cause, un dépassement de la limite réglementaire du DAS (débit d’absorption spécifique) tronc. Elle est de 2 W/kg maximum,  alors que les smartphones ont respectivement été flashés à 2,49 et 4,6 W/kg. Ce ne sont pas les premiers à être épinglés de la sorte, d'autres sont déjà passés par là auparavant, et malheureusement certainement pas les derniers. 

Comme le veut la procédure, les deux fabricants ont d'abord été mis en demeure par l'Agence nationale des fréquences. Ils avaient alors une alternative : cesser la production, rappeler les stocks et demander aux clients de retourner leur smartphone, ou déployer une mise à jour afin de limiter la puissance du téléphone et donc diminuer le DAS. Dans le second cas, l'ANFR procède à de nouvelles analyses avant de donner son feu vert.

Les fabricants des Leagoo S8 et Allview ont tous les deux décidé de prendre une « troisième option » : jouer les autruches et ne pas répondre aux sollicitations de l'Agence. La suite, on la connaît : « En l’absence de réponse [...] l’ANFR a décidé de procéder aux retrait et rappel provisoire du marché des deux téléphones concernés ». C'est l'objet de l'arrêté publié au Journal officiel le 20 juillet.

L'histoire aurait pu en rester là, mais non : plusieurs revendeurs ont joué les prolongations en continuant de proposer à la vente les smartphones malgré l'interdiction. C'était notamment le cas d'Amazon et de Cdiscount dans les semaines suivant la décision et encore aujourd'hui lors de la publication de cette actualité pour le géant américain. D'autres marketplaces, comme celle de Fnac Darty, avaient par contre fait le ménage. 

Après de multiples demandes (la première date de fin juillet), l'Agence nationale des fréquences a fini par répondre à nos questions mi-septembre, par le biais de son directeur Gilles Brégant. Entre temps, la DGCCRF nous avait indiqué que « l’interdiction de la vente de ce produit est suivie par l’ANFR ».

L'ANFR contacte les revendeurs pour leur rappeler la loi

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