Quand la Hadopi cartographie « l'écosystème de la piraterie »

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Crédits : Hadopi
Hadopi
Kevin Hottot

La Hadopi a dévoilé une étude lui fournissant une cartographie à jour de ce qu'elle appelle « l'écosystème de la piraterie ». Elle met en avant de nouveaux acteurs et modes de consommation, tels que les boîtiers IPTV et esquisse les flux financiers faisant vivre ces activités opaques. 

Depuis la création de la Hadopi, les méthodes employées par les internautes pour se procurer des contenus culturels de manière illicite se sont diversifiées. Au début des années 2000 le peer-to-peer était roi, mais depuis quelques années le streaming, le téléchargement direct, et l'IPTV ont rapidement gagné du terrain. 

Cette évolution continue de ce que la Hadopi appelle « l'écosystème de la piraterie », méritait donc que la haute autorité s'y intéresse, ne serait-ce que pour faire le point sur l'utilité de son arsenal, mais aussi pour dessiner une cartographie des différents acteurs s'étant spécialisés à divers niveaux dans le partage illicite de biens culturels. 

Le film, fer de lance de l'offre illégale

Cette cartographie commence par l'utilisateur final, l'internaute. Ses habitudes en termes de consommation de biens culturels dématérialisées ont été scrutées par le biais d'un sondage réalisé en mars 2018, sur un échantillon de 2 001 personnes. 

Cette étude met en lumière que 55 % d'entre eux consomment ne serait-ce qu'occasionnellement des films obtenus de manière illégale. Les séries TV suivent de près (50 %) tandis que le livre complète le podium avec 36 % de pirates. Le sport, la musique et le jeu vidéo, ne sont cités que par une part inférieure à 30 % des sondés.

Selon la Hadopi, si 73 % des internautes ne consomment leur musique que de façon légale, c'est grâce « au développement d'offres attractives au sein de ce secteur au travers d'acteurs tels que Spotify, Deezer ou Apple Music ». Pour le jeu vidéo et ses 78 % de clients vertueux, ce score tient au fait que « les pratiques illicites sont plus difficiles sur ce segment », plutôt qu'à l'apparition d'offres par abonnement comme le Xbox Game Pass, Origin Access, ou PlayStation Now.

Parmi les méthodes employées par les internautes pour accéder à leurs contenus illicites, le visionnage en streaming se classe en tête, cité par 68 % d'entre eux. Le téléchargement direct vient en deuxième position (42 %), suivi par la « récupération de fichier via une personne tierce » a.k.a. « le bon copain qui sait où trouver les films » pour 36 % des français. Le peer-to-peer n'est cité que par 35 % d'entre eux, tandis que les newsgroups ferment la marche, avec 3 %. Fait notable, environ 3,6 % des internautes paient pour accéder à une offre illégale.

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