Microsoft veut (encore) régler le problème des mises à jour sous Windows

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Vincent Hermann

Windows et ses mises à jour, tout un poème. Microsoft est consciente que des utilisateurs pestent depuis des années contre Windows Update et les redémarrages intempestifs. L’entreprise le promet : elle a trouvé une solution.

Depuis que Windows 10 est disponible, Microsoft le présente comme un système d’exploitation relevant plus du service que du logiciel classique. Un système constamment mis à jour, amélioré, enrichi et ainsi de suite. Un message alléchant sur le papier, mais qui dépend étroitement du mécanisme de mise à jour lui-même.

Pour qu’un système puisse s’améliorer de cette manière, il doit laisser tranquille l’utilisateur autant que possible. Dans la pratique, on sait que Windows ne peut pas modifier n’importe quel composant sans nécessiter parfois un redémarrage.

Puisque cette rupture dans l’utilisation est parfois requise, tout repose donc sur la question délicate : quand redémarrer ?

Une touche supplémentaire de machine learning

La question se pose à chaque évolution majeure, distribuée tous les six mois. Elles sont, qui plus est, vectrices de larges modifications et de problèmes de compatibilité, comme nous avons encore pu le voir avec l’April Update. Et même en mettant de côté les « mises à jour de qualité » parfois distribuées, les utilisateurs font obligatoirement face au Patch Tuesday mensuel et ses correctifs de sécurité, qui exigent toujours un redémarrage.

L’éditeur reconnait le problème, sans prendre de gants d’ailleurs. À l’occasion de deux nouvelles préversions, il annonce une amélioration : une nouvelle logique de redémarrage se voulant « plus adaptive et proactive » : « Nous avons entrainé un modèle qui peut prédire avec précision quand vient le bon moment de redémarrer l’appareil ».

Modèle prédictif ? Un nouveau cas de machine learning, Microsoft ayant la décence de ne pas évoquer d’IA. L’entreprise indique avoir testé son modèle en interne, avec « des résultats prometteurs ».

Plus concrètement, le modèle doit trouver le moment idéal pour redémarrer la machine. Il examine les habitudes de l’utilisateur, pour dégager les périodes d’inactivité les plus fréquentes. Il ne doit pas interrompre une activité en cours et ne pas confondre une pause avec un vrai départ. Par exemple, un utilisateur qui s’absenterait 5 minutes pour aller aux toilettes ou se chercher un café.

L’éditeur semble confiant dans son modèle, mais prévient tout de même qu’il doit passer par une phase de test. Les membres du programme Insider en canal rapide ou « Skip ahead » ont reçu hier soir des préversions contenant la nouvelle fonction. Microsoft demande de rapporter tout redémarrage intempestif.

Un vieux, très vieux problème

Si Microsoft réussit son pari – éliminer toute source de désagrément liée aux redémarrages – on pourra dire qu’il lui aura fallu du temps. L’éditeur s’est lui-même imposé une telle pression pour réduire au mieux la fragmentation de sa plateforme qu’une partie des utilisateurs continue de redouter cette étape.

Microsoft a tout fait pour imposer son roulement, au point que les possesseurs d’une licence familiale de Windows 10 n’ont aucun contrôle sur les mises à jour. Ils peuvent contrôler la bande passante depuis l’automne dernier (là encore, que de temps il aura fallu), mais pas les repousser si nécessaire. Il faut posséder au moins une édition Professionnelle.

N’en déplaise à la société de Redmond, les autres systèmes d’exploitation se montrent plus souples sur ce point. Que Microsoft souhaite gérer un parc homogène peut se comprendre : la maintenance en est facilitée, de même que le colmatage rapide des failles de sécurité. Mais Windows 10 s’est montré si strict dans sa politique de gestion des mises à jour que l’utilisateur peut en ressentir une érosion du contrôle de son PC.

L’ensemble se réduit à un problème de confiance, et Microsoft devrait pourtant être familière de la situation. Depuis que Windows Update existe et que les correctifs sont distribués de manière automatisée, des problèmes surgissent régulièrement. Ce qui recouvre certes la fiabilité du mécanisme, mais également son comportement. Si l’éditeur souhaite que les utilisateurs ne se posent pas de question, il doit rendre le mécanisme transparent et aussi discret que possible.  


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