Open Data : la France dans une « dynamique nouvelle », selon Henri Verdier (DINSIC)

La vallée de Data 11
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Crédits : mucahiddin/iStock/ThinkStock
Loi
Xavier Berne

Alors qu’Emmanuel Macron a promis le mois dernier que la France allait « méthodiquement mais résolument procéder à une ouverture pro-active » de ses données publiques, Henri Verdier, le numéro un de la Direction interministérielle au numérique (DINSIC), nous confirme au travers d’une interview que l’État s'engage dans une  « dynamique nouvelle ».

Ces dernières semaines ont été particulièrement riches en matière d’annonces. Le chef de l’État a tout d’abord profité de son discours sur l’intelligence artificielle, le 29 mars, pour préciser ses ambitions en matière d’ouverture des données publiques (et parfois même privées).

La semaine suivante, le gouvernement présentait, dans le cadre de sa participation à l’Open Government Partnership, son plan d’action 2018-2020. Au programme : publication des « données essentielles » relatives aux marchés publics, accompagnement des administrations dans l’ouverture de leurs codes sources, entrée de nouveaux jeux de données dans le « service public de la donnée », etc.

Le 10 avril, Henri Verdier a enfin dévoilé la nouvelle feuille de route de l’Administrateur général des données (sa double casquette), avec pour ambition de mettre les administrations « en ordre de marche ».

Au regard des annonces de ces dernières semaines, estimez-vous que l'on assiste à un tournant ?

Je dirais plutôt qu’il s’agit d’une relance. Le gouvernement présente un nouvel agenda, avec sa propre vision et ses propres valeurs, organisées autour de l'ouverture des données, la défense du modèle de démocratie libérale, la modernisation numérique de l’État, l’efficacité de l’action publique, etc.

Ce n'est peut-être pas un tournant, mais il y a bien une dynamique nouvelle, des thèmes nouveaux, une volonté accrue.

Si on lit de près le plan OGP, on voit aussi que l’ambition de gouvernement ouvert se marie plus intimément avec la stratégie d'État plateforme – parce que maintenant la DINSIC est plus clairement rattachée au secrétaire d'État au Numérique. Il y a une continuité, c’est-à-dire que pour construire un État ouvert, agile, attentif aux citoyens, permettant l'engagement citoyen, etc. Il faut une informatique solide, qui a su devenir plateforme, qui sait travailler avec les écosystèmes, qui est réutilisable.

L'étage nouveau qui arrive avec beaucoup de vigueur, c'est la question de l'intelligence artificielle. Elle touche à nos sujets de plusieurs manières. Par exemple, l'accès aux données n'est pas seulement là pour créer des externalités économiques, c'est aussi pour être sûr que les IA auront été éduquées avec les bonnes données, celles qui décrivent un point de vue européen sur le monde.

Les engagements pris par le gouvernement constituent-ils un gage de mise en œuvre du principe d’Open Data « par défaut » posé par la loi Numérique ?

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