Stéphane Richard : 30 000 clients pour Orange Bank et quelques tacles

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le lundi 13 novembre 2017 à 09:38
David Legrand

Un peu moins de deux semaines après son lancement, Stéphane Richard dresse un premier bilan plutôt positif de l'offensive Orange Bank, qui compte 30 000 clients. Le PDG en profite pour livrer son avis sur le secteur des télécoms en général, et sur le cas de SFR en particulier.

Stéphane Richard était ce dimanche l'invité du Grand Jury de RTL, l'occasion pour lui de dresser un premier bilan du lancement d'Orange Bank, mais aussi de parler plus largement de la situation dans le domaine des télécoms.

Pour lui, « Orange Bank est un grand succès populaire [...] on a en moyenne 3 000 personnes par jour qui sont venues ouvrir un compte [sur 10 jours]. C'est un beau résultat, je dirais assez supérieur à ce que l'on anticipait ». Pour rappel, le seul objectif affiché d'Orange pour son service bancaire est de 2 millions de clients en 10 ans, avec 500 millions d'euros d'investissement.

Stéphane Richard vante sa banque et mise sur la confiance dans la marque Orange

La clé du succès selon lui ? « Le produit que nous proposons correspond aux attentes aujourd'hui des françaises et des français. [Ce qu'ils] attendent d'une banque c'est plus de simplicité [et un usage] sur le téléphone mobile qui est devenu un peu la télécommande de nos vies. Et de la confiance ».

Aucun chiffre n'est donné sur l'usage de l'application ou le dépôt moyen, pas plus que sur le nombre de livrets d'épargne ouverts. Il est de toute façon encore un peu tôt pour tirer de premiers enseignements à ce niveau puisque les cartes bancaires arrivent seulement chez les premiers clients.

Sans vouloir citer directement de concurrent, Stéphane Richard évoquera (à nouveau) le fait que les utilisateurs ont besoin d'être rassurés concernant leurs fonds et n'iront donc pas les confier à des acteurs qui peuvent être perçus comme moins solides, comme une startup allemande.

N26, qui compte plus de 100 000 clients en France un an après son arrivée sur le marché, est donc ici clairement visée. Mais la remarque vaut aussi sans doute pour nombre de ses concurrents qui ne disposent en général que d'une petite structure et d'une licence bancaire leur permettant d'exercer en Europe, où le mécanisme European Deposit Protection Scheme (EDPS) s'applique.

SFR dans le viseur

N26 n'était d'ailleurs pas le seul à en prendre pour son grade. Le cas d'Altice ayant aussi été largement évoqué pendant l'interview. Le PDG d'Orange a ainsi rappelé que le modèle de convergence n'était pas le sien.

« Je préfère mettre un milliard chaque année pour faire la fibre optique en France, plutôt que pour acheter les droits du foot » précisant au passage qu'il était dubitatif sur le fait que des géants comme Amazon ou Facebook puissent chercher à se payer les droits du foot français.

« Nous avons une conviction très forte, c'est que l'utilisateur veut la liberté de choix [...] nos clients veulent avoir Netflix, ils veulent avoir Canal+, OCS bien entendu, toute sorte de contenus [...] ils n'ont pas du tout envie qu'on les mette dans une espèce de souricière dans laquelle on leur dit "Tu as pris un abonnement, tu vas aussi consommer nos contenus" » a-t-il ajouté.

Il préfère ainsi miser sur des partenaires auxquels il permet d'avoir une forte position sur le marché plutôt que de les intégrer au groupe. Il a notamment évoqué le cas du service de BD Izneo ajouté récemment à certains de ses forfaits, gratuitement pour les six premiers mois, qui compte 1 million de téléchargements.

La baisse des effectifs n'est pas un objectif

Sur le terrain de l'emploi, Stéphane Richard indique que le groupe cherche constamment à s'adapter aux transformations de l'entreprise et du besoin de ses clients plutôt qu'à réduire les effectifs. Ainsi, un départ à la retraite sur deux ne serait pas remplacé, mais le groupe recrute dans certains domaines précis, en CDI, chaque année.

Il a donné l'exemple des centres d'appel « que les français appellent de moins en moins ». Le nombre d'appels réduirait ainsi de 10 % chaque année. « On réduit progressivement les effectifs » a-t-il ajouté, le groupe ayant actuellement 20 000 salariés dans ce secteur, dont ceux intégrés à l'occasion du rachat de Groupama Banque.


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