Éthique des voitures autonomes : « premières lignes directrices au monde » en Allemagne

L’attaque éthique du gendarme 37
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Crédits : chombosan/iStock
Nouvelle Techno
Par
le mardi 29 août 2017 à 17:07
Sébastien Gavois

La commission d'éthique du ministère des transports allemand a rendu son rapport sur les voitures autonomes. Il sacralise la vie humaine, sans aucune distinction (âge, sexe, santé, etc.) et propose 20 recommandations. Toutes les questions éthiques n'ont par contre pas trouvé de réponse, mais le sujet avance au moins.

Les voitures avec des systèmes de conduite automatisée sont déjà une réalité, mais dans certaines circonstances seulement. Leur développement avance à grands pas et n'est pas sans soulever certaines questions, notamment sur l'éthique. L'année dernière, des scientifiques ont publié les résultats d'une étude portant sur près de 2 000 résidents des États-Unis (via Amazon Mechanical Turk) : la délicate question du choix des victimes en cas d'accident mortel inévitable.

Sacrifier le conducteur pour sauver plus de vies : oui, mais...

Comme nous l'avions alors détaillé, une grande majorité des sondés estimait qu'il fallait sacrifier le conducteur pour sauver 10 piétons... mais seulement une minorité serait prête à acheter une voiture ne protégeant pas ses occupants en priorité. Un cas typique de dilemme social, concluaient les scientifiques, où « tout le monde cède à la tentation de l'autopréservation au lieu d'adopter un comportement de groupe qui conduirait à un meilleur résultat global ».

Une des solutions évoquées par les chercheurs était d'imposer un choix par la réglementation... au risque de voir les clients se détourner des voitures autonomes de peur qu'elle ne les protège pas coûte que coûte (passagers, familles). Un constructeur a d'ailleurs déjà tranché : en cas d'accident mortel, Mercedes-Benz préfère sauver le conducteur

Le ministère allemand des Transports se penche sur les questions éthiques

L'Allemagne a décidé de se pencher sérieusement sur cette question. Alexander Dobrindt, ministre fédéral des Transports et de la Construction, vient de présenter les conclusions sur rapport de la commission éthique sur la conduite autonome. Il s'intéresse particulièrement aux véhicules de niveau 4 ou 5, c'est-à-dire lorsqu'un conducteur n'est pas nécessaire durant tout ou partie du trajet (il peut enlever les mains du volant et se consacrer à d'autres tâches).

Il regroupe « les premières lignes directrices au monde pour la conduite automatisée » affirme Alexander Dobrindt. Le ministre annonce dans la foulée la mise en place d'un plan d'action pour les mettre en œuvre, sans plus de détails. Au total, 20 propositions ont été faites par 14 chercheurs, sous la présidence du professeur Udo Di Fabio, ancien juge de la cour constitutionnelle fédérale. 

Limiter les accidents, améliorer la mobilité des personnes

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