Voiture autonome : en cas d'accident mortel, Mercedes-Benz préfère sauver le conducteur

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Crédits : kurmyshov/iStock
Nouvelle Techno
Sébastien Gavois

Pour ses voitures autonomes, Mercedez-Benz préfère être sûr de sauver au moins une vie, celle qui se trouve dans la voiture, plutôt que d'essayer d'en sauver plusieurs autres. Un choix qui n'est finalement pas surprenant de la part d'un fabricant automobile.

Au mois de juin, une étude publiée dans le magazine Science pointait du doigt une situation à laquelle les voitures autonomes risquent d'être confrontées un jour : le choix des victimes en cas d'accident mortel inévitable (voir notre analyse). Une version moderne du dilemme du tramway en quelque sorte, et qui n'a pas de réponse pour le moment.

Mercedez-Benz a fait son choix : la « qualité » plutôt que la quantité

Mercedes-Benz semble avoir pris position, comme l'indiquent plusieurs de nos confrères tels que de Motoring et Car and Driver par exemple. Lors d'une interview, Christoph von Hugo, responsable du système d'assistance à la conduite et de la sécurité chez le constructeur, donne sa vision des choses : « Si vous savez que vous pouvez sauver au moins une personne, sauvez au moins celle-là. Sauvez celle qui est dans la voiture [...] Si ce dont vous êtes sûr c'est qu'un mort peut être évité, alors c'est votre première priorité ».

« Vous pourriez sacrifier la voiture » ajoute-t-il, « mais les gens que vous avez décidé de sauver, vous ne savez pas ce qui leur arrive par la suite dans ce genre de situations très complexes ». Pour le responsable, il faut donc mieux sauver les vies dont on est sûr, plutôt que de miser sur le nombre.

Comme cela avait été relevé dans l'étude publiée dans Science, les conducteurs sont, pour le moment, bien plus enclin à acheter une voiture autonome qui placerait leur sécurité (et celle des passagers) avant les autres. Il parait donc bien difficile pour un fabricant de voitures de tenir le discours inverse pour le moment.

Une question « pas aussi pertinente qu'on le croit »

Christoph von Hugo ajoute tout de même que, selon lui, « cette question éthique ne sera pas aussi pertinente qu'on le croit aujourd'hui », notamment car les voitures autonomes seront capables de bien mieux anticiper les choses et éviteront de se mettre dans une situation à risque... Mais la loi de Murphy nous rappellera certainement que ce n'est pas si simple dans la pratique. Dans tous les cas, le constructeur travaille sur cette problématique : « 99 % de notre travail d'ingénierie est d'empêcher que ces situations se produisent ».

Même si les voitures entièrement autonomes (en toute circonstance) ne sont pas encore pour tout de suite, leur arrivée n'est finalement pas si loin et plusieurs expérimentations sont déjà en cours. La position de Mercedez-Benz aura probablement pour conséquence d'ouvrir un peu plus le débat, ce qui ne peut aller que dans le bon sens.

Selon l'étude du MIT, trois groupes peuvent être en mesure de décider comment gérer les dilemmes éthiques des voitures autonomes : « les consommateurs qui les achètent, les fabricants qui les programment et le gouvernement qui peut réguler le type d'algorithmes que les fabricants peuvent proposer et que les consommateurs peuvent choisir ». Il faudra donc trouver une solution qui convienne à tout le monde. Pas simple.


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