Toshiba a choisi le repreneur de sa branche mémoire, Western Digital hausse le ton

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Crédits : Sergey Ryzhov/iStock
Société
Kevin Hottot

Toshiba a annoncé hier avoir choisi son candidat préféré pour le rachat de sa branche dédiée à la conception de puces mémoire. À la surprise générale, le consortium mené par Apple n'a pas été retenu, au profit d'un autre mené par des groupes japonais.

Le feuilleton de la cession de la branche mémoire de Toshiba n'est pas loin de connaître son dénouement. Le groupe nippon a publié un communiqué dans lequel il annonce avoir choisi le futur repreneur de cette filiale (TMC) qui s'est séparée du reste de Toshiba Corporation le 1er avril dernier. 

Apple ne tient plus la corde

Pour nombre d'observateurs, la position de favori était occupée par un consortium formé notamment d'Apple, Dell, Foxconn et Kingston, avec potentiellement le soutien d'autres entreprises telles qu'Amazon, Cisco, Google et Microsoft. Du beau monde qui partage un grand besoin : celui de disposer d'un fournisseur fiable pour les puces mémoire de leurs produits, dans un marché où l'offre a encore du mal à suivre la demande. 

Un autre consortium était également en piste, mené par Broadcom, appuyé par le fonds Silver Lake. Celui-ci avait fait une proposition à 2 200 milliards de yens, soit 17,75 milliards d'euros selon les informations de l'agence Reuters. Une somme conséquente, qui couvrait largement les pertes de 7,5 milliards d'euros attendues par Toshiba sur l'exercice 2016. 

And the winner is... 

C'est finalement un troisième consortium qui a raflé la mise, avec une offre à 2 000 milliards de yens seulement, soit 16,1 milliards d'euros. Celui-ci avait l'avantage d'être mené par le fonds Bain Capital, accompagné par des fonds japonais, dont certains dépendent directement du gouvernement.

Selon Reuters, Bain Capital apporte 850 milliards de yens, dont environ la moitié proviennent en fait du fabricant de puces sud-coréen SK Hynix. Le fonds « Innovation Network Corp of Japan » et la Banque de développement du Japon, tous deux soutenus par l'État, amènent quant à eux 300 milliards de yens chacun. Les 550 milliards restants proviennent quant à eux de la branche bancaire du groupe Mitsubishi. 

Pour justifier le choix de ce consortium, qui ne proposait pourtant pas la meilleure offre sur le plan financier, Toshiba avance d'autres arguments. « Toshiba a déterminé que ce consortium a présenté la meilleure proposition, non seulement en termes de valorisation, mais aussi au regard de la certitude de conclure l'affaire, du nombre d'employés conservés, et du maintien de technologies sensibles au Japon ».

L'affaire n'est pas encore signée, mais je groupe japonais pense tomber sur un accord définitif avant le 28 juin, date de son assemblée générale. La transaction devrait quant à elle être finalisée d'ici mars 2018, à condition que les autorités de la concurrence donnent leur feu vert. 

Le cas Western Digital

Avant de crier victoire, Toshiba doit également résoudre son conflit avec Western Digital. Ce dernier a racheté SanDisk en 2016, une société spécialisée dans la fabrication de mémoire, avec laquelle Toshiba avait monté plusieurs co-entreprises. Western Digital conteste la cession de ces co-entreprises, rappelant qu'il dispose d'une clause lui permettant de bloquer leur vente. De son côté, Toshiba les avait transférées dans la nouvelle filiale consacrée à la fabrication de puces mémoire, celle-là même qui doit être vendue. 

Le 2 juin, Toshiba a annoncé avoir racheté les parts détenues par sa filiale, ce afin de mettre fin aux attaques du fabricant de disques durs. « Ceci retire tout fondement aux plaintes de Western Digital », clamait alors le groupe nippon, certain de pouvoir mener la vente de sa filiale comme bon lui semble. Toshiba dénonçait également les agissements de WD, qui « contacte les enchérisseurs et les banques les soutenant, les menaçant de poursuites. Cela a mené Toshiba à un point où sa direction n'est plus capable ou ne souhaite plus ignorer ces interférences injustifiées ».

De son côté, Western Digital comprend que cette reculade n'est qu'une preuve que Toshiba était conscient que cette manœuvre était frauduleuse et que cela ne résout en rien le différend qui les oppose. WD estime que les co-entreprises en jeu ici forment « le cœur de la valeur des actifs que Toshiba a incorrectement transféré dans sa filiale TMC ».  Or Toshiba ne souhaiterait ne redistribuer que 5 % du produit de la vente de TMC dans ces co-entreprises. Un montant que WD juge clairement insuffisant.

Le 15 juin, Western Digital a donc lancé une nouvelle procédure dans laquelle il demande a ce que toute vente de TMC soit interdite, en plus de l'obtention de copieux dommages et intérêts. Les premières auditions doivent avoir lieu dès le 14 juillet.


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